28 janvier 2012

Quand François Hollande veut « remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de l’action publique »

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Après avoir écouté le discours de François Hollande prononcé devant ses « chers amis » dimanche dernier au Bourget, et à lire les soixante propositions annoncées jeudi matin 26 janvier lors d’une conférence de presse à la Maison des Métallos à Paris , plus précisément celles numérotées 36 à 40 ,nous devrions en déduire que la jeunesse française se trouve dans une situation désespérée, essayant de survivre dans un épouvantable dénuement et qu’elle manque de tout .

Pourtant, sur foi de publications récentes de reportages dans « Vu du Doubs » le magazine d’information du Conseil général du Doubs, présidé par un sénateur socialiste , et dans « Franche-Comté Mag » celui de la région de Franche-Comté , dont la présidente est également socialiste ,nous pourrions croire que tout est pour le mieux pour notre jeunesse.

Le lecteur ne découvre-t-il pas dans ces publications que des photos avec des visages radieux de collégiens ou de lycéens et des articles glorifiant les bienfaits des élus socialistes siégeant dans les conseils de ces deux collectivités?
Pour preuve quelques exemples extraits de ces publications distribuées gratuitement dans toutes les boîtes de la région Franche-Comté et du département du Doubs.

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Ci-dessous deux passages d'éditoriaux du président socialiste du Conseil Général du Doubs


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Nous lisons bien "les meilleures conditions d'épanouissement et de réussite",quand même !

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Là encore nous lisons "des conditions optimales d'éducation"! Que peut-on nous proposer de mieux?


Et au niveau des lycées c'est aussi bien !

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Je ne crois pas inutile d'insister sur le fait que toutes ces publications ont été réalisées au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy ,et je ne doute pas qu'on aura pu retrouver l'équivalent dans toutes les autres régions et tous les autres départements de France gérés par des majorités socialistes .
Je ne sais pas comment les présidents socialistes de conseils tant régionaux que généraux auront réagi en leur for intérieur lorsqu'ils ont entendu les promesses démagogiques de leur champion concernant la jeunesse,mais celles-ci pourraient bien leur revenir à la figure quand ils se représenteront devant les électeurs dans deux ans.
Et notre ami,grand favori des sondages, aurait été sans doute bien inspiré de se renseigner un peu sur l'état réel de la France ,d’aller écouter ou voir ce qui se passe dans nos tribunaux correctionnels avant de rédiger la liste et le contenu de ses soixante propositions où l’on ne trouve nulle part les mots « drogue » ,« racket » ,« agressions contre les professeurs » ,« absentéisme », »téléphone portable » …
Des propositions pas toujours très précises, sinon floues, comme celle portant N° 37 énoncée en ces termes et à sa première ligne: « Je ferai en sorte que les enfants de moins de trois ans puissent être accueillis en maternelle. »

"Moins de trois ans" cela veut dire quoi, ou laisse espérer quoi ?
Que les parents pourront envoyer à la maternelle leur enfant dès le jour ouvrable qui suivra sa date de naissance ?
Ou seulement lorsqu'il sera âgé de deux ans et onze mois ?

J’ajouterai que ,s'agissant des écoles maternelles et primaires,auxquelles ira sa "priorité" dans l'affectation des nouveaux personnels (les 60.000 postes supplémentaires, propositions N° 36 et N°38), la presse régionale est remplie d’articles tout aussi élogieux ,lors des rentrées scolaires,lors des arbres de Noël,de Carnaval,à l'occasion des départ en retraite de professeurs ou d'arrivée de nouveaux,articles avec photos à l'appui rédigés par des correspondants locaux , qui ne peuvent pas se permettre de sombrer dans l’antisarkozysme en racontant un peu trop n‘importe quoi, tout simplement parce que les faits peuvent être vérifiés par les lecteurs eux-mêmes.

A suivre.
 

25 janvier 2012

Avec François Hollande ,le changement ce serait maintenant comme c’était déjà hier ,avec François Mitterrand ?

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Comme beaucoup de Français qui essaient d'anticiper ce à quoi ils doivent s’ attendre dans les prochaines années et dans leur propre pays sur le plan de leur niveau de vie et de leur environnement ,j’ai regardé et écouté la prestation de François Hollande faite devant ses « chers amis » réunis dimanche dernier ,22 janvier 2012, au Bourget, dans la banlieue Nord de Paris.

Les commentaires faits de ci de là sont de même nature que ceux déjà faits lors des premiers grands discours tenus par les candidats du parti socialiste d’alors ,Lionel Jospin en 2002 et Ségolène Royal en 2007. Beaucoup de ces commentaires auraient même pu être prononcés ou écrits avant que François Hollande n’eut pris la parole.
Pour ma part, je voudrais revenir sur le passage du discours ,concernant la désindustrialisation de la France , et que je reproduis ci-dessous:

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Chers amis, je veux redonner confiance à la France dans l’Europe. Je veux maintenant vous dire ce que je veux pour le redressement de notre pays. Ce qui est en cause n’est plus la souveraineté d’hier, quand notre territoire était menacé. Ce qui est en cause, c’est la souveraineté de la République face aux marchés et à la mondialisation. Voilà pourquoi je veux redresser la France, la redresser financièrement, la redresser économiquement, la redresser industriellement. Notre pays a abandonné depuis trop longtemps son industrie, aveuglé par la chimère d’une économie sans usine, sans machine, comme si l’immatériel pouvait remplacer le travail de l’ouvrier, du contremaître, de l’ingénieur et de son savoir-faire. La réindustrialisation de la France sera ma priorité.

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Sur l'enseignement que j'ai tiré de tout ce que j’ai vécu au cours de ma vie professionnelle, de ce que j’ai vu et entendu lors de mes voyages de par le monde ,je me permettrai de corriger un tout petit peu la véracité de tels propos.

D’abord les cinq premières phrases de cet extrait ne veulent rien dire et sonnent creux ,parce que « redonner confiance » ou « redresser la France » dans quelque domaine que ce soit ,sont des formules réentendues cycliquement depuis que l’élection du président de la République se fait au suffrage universel et qu’on va les réentendre dans la plupart des discours ou professions de foi des autres candidats d’ici le 22 avril prochain.

Deuxième point : non, notre pays n’a pas été aveuglé par la « chimère d’une économie sans usine, sans machine » ,d’ailleurs, et soit dit en passant ,sous nos latitudes , une économie sans usine ,une usine sans machine , cela n’a aucun sens. Et ce serait un peu dommage qu'on s'en aperçoive seulement maintenant.

Je ne sais pas ce qu’ont été, durant sa jeunesse en Normandie , les lectures de notre bien aimé François-Egalité ,grand favori des sondages ,mais moi, un peu plus âgé que lui et ayant passé ma jeunesse en Franche-Comté jusqu‘à mon service militaire effectué en Allemagne ,pays nettement plus industrialisé que le notre , je puis assurer que je n’ai jamais entendu parler d’une telle ineptie ,même si on aurait pu m’en faire avaler beaucoup du même type comme cette idée qu’un fils de médecin tentait de faire croire à ses camarades ,dans l’ établissement ou je faisais mes études secondaires , que « dans vingt ans (nous étions alors en 1956) ,il n’y aurait plus de paysans attendu que ,selon certains scientifiques , les gens ne se nourriraient qu’avec des pilules! »

Alors une « économie sans usine » ! N’auraient pu être éblouis par une telle chimère que ceux à qui l’on aurait pu faire gober que les morceaux de sucre comme ceux que l’on met dans son café se ramassaient à la main dans les ruisseaux , que le fromage ou les plaques de chocolat poussaient sur les arbres ou que les vaches activant leurs mâchoires sans brouter d’herbe ne ruminaient pas mais qu’elles mâchaient du chewing-gum !

J’ai vécu trois ans, pour raisons professionnelles, dans une petite ville industrielle en plein cœur de la sidérurgie lorraine juste avant que celle-ci ne périclite puis disparaisse. Ce qui m’avait fait rencontrer beaucoup de gens de tous âges ,de toutes professions ,avec lesquels j’ ai maintes fois eu des conversations au sujet de leurs problèmes sur le moment et sur ce à quoi les plus perspicaces s’attendaient, sans pour cela que je fus obligé de les aimer, et de le leur dire, pas seulement parce que je n‘étais candidat à aucune élection, mais parce que cela aurait pu paraître hypocrite de ma part, tout autant que si je leur avais dit que je n’aimais pas l’argent et que je ne travaillais que pour la gloire dans le seul but de servir mon employeur .
C’est ainsi , sur le vif et non pas d’après des reportages de journalistes voulant refaire le monde à leur idée que j’ai réalisé ce qui se passait dans les petites entreprises comme dans les usines. Et en Lorraine à cette époque bon nombre d’ usines avaient cessé de se moderniser . Leurs responsables avaient décidé de faire l’impasse et de renoncer à se lancer dans des investissements qui leur auraient permis de rester dans la course et demeurer compétitifs.
Aussi n’ai-je jamais rencontré un seul responsable évoquant une telle chimère « d’économie sans usine  , sans machine » , mais une chose était sûre, des machines hautement performantes étaient appelées à brève échéance à remplacer l’homme dans certaines tâches pénibles ,et c’était un bien.
Ce n’est qu’ un peu plus tard que j’allais découvrir quelques bonnes raisons ,sans doute les plus décisives, entre autres, qui pouvaient faire prendre conscience aux propriétaires d’entreprise et à leur encadrement qu’ils devraient tôt ou tard envisager de se refaire ailleurs que dans notre pays .
Et là, j’ai toujours gardé le souvenir de cette dame âgée venue s’asseoir sur le siège voisin du mien dans un avion ,un Boeing 707, en partance pour Lima au Pérou dans la première moitié des années soixante-dix . Ayant remarqué que j’étais Français ,celle-ci , maîtrisant assez bien notre langue , m’avait expliqué le pourquoi de sa présence dans cet avion et raconté sa vie. Née en Ukraine comme son mari patron d’une petite entreprise de construction mécanique, elle avait suivi son mari qui avait décidé de quitter définitivement ce pays en 1926,un an après l’arrivée au pouvoir de Staline en URSS ,pour venir redémarrer à zéro en France ,en région parisienne, et y réussir dans le même secteur d’activité jusqu’en 1936,année de l’arrivée au pouvoir du Front Populaire , un évènement qui les conduisit à fixer leur dernier point de chute au Pérou ,un pays d'Amérique du Sud qui semblait offrir de meilleures perspectives à cette époque.
Au vu des seules dates citées ,je n’ai pas besoin de m’étendre plus qu’il n’en faut pour faire comprendre ce qui avait motivé les migrations successives de ce couple ukrainien , la simple reproduction d’extraits (écrits et dessins suggestifs) d’un tract distribué vers 1976 à l’occasion du plan Barre de redressement de notre économie (déjà ) à une entrée ou sortie de métro à Paris par des militants de la Fédération de Paris du Parti socialiste suffira amplement :

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Et encore...

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Autogestion : un mot complètement tombé aux oubliettes.


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Un patron qui doit sans doute réaliser n'a plus la parole dans sa propre entreprise?


 

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Et ici un autre qui se fait indiquer par ses salariés la direction à suivre pour aller investir en Asie ?

Voilà ,aussi simple que cela et je ne pense pas que les méthodes que François Hollande compte mettre en œuvre pour redonner confiance et réindustrialiser la France atteindront leur noble objectif ,parce que les mots « productivité » (à encourager ou améliorer ) et « gaspillages » ( à réduire ou à éviter ) ne figurent pas dans ce discours sur lequel je reviendrai tout prochainement.
A suivre.
 

16 janvier 2012

La perte du triple A est-elle vraiment catastrophique pour la France ?

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J’ai déjà écrit ce que je pensais des agences de notation sur ce blog le 21 décembre 2011 dans ma note intitulée « Le " Triple zéro " menacé de dégradation pour les agences de notation »,et j’ai de bonnes raisons de le confirmer aujourd‘hui , après l’annonce ,vendredi dernier le 13 janvier 2012, par Standard&Poor’s de l’abaissement de la note de la France, avec ,simultanément ,celles de huit autres pays de la zone euro ,alors qu'à peine soixante-douze heures plus tard, l'agence Moody's décidait de maintenir cette note triple A pour notre pays.

Assez curieusement la toute puissante Allemagne ne figure pas dans le lot des neuf pays dégradés , mais aucun observateur n’est allé jusqu’à suggérer que Standard&Poor's ait pu avoir la trouille de ce pays dont les dirigeants n’auraient pas manqué de lui faire remarquer sans ménagement ses erreurs et oublis passés, notamment, quand ses responsables avaient dû reconnaître ,avec des explications oiseuses ,une « erreur technique » qui les avait conduits à annoncer une première fois le 10 novembre 2011 le déclassement de la note de notre pays avant de se rétracter aussitôt.

Cela n’a pas empêché les critiques immédiates à l’encontre de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy de fuser de toutes parts et ,ce qui en restera comme le plus pitoyable, proférées par des politiciens pas plus doués que lui pour mettre fin aux dérives budgétaires de notre pays qui ont été le fait de tous les gouvernements successifs depuis plus de trente ans avec une acuité plus ou moins grande en fonction de la conjoncture de circonstance tant intérieure qu’extérieure.

Quand, pendant ce temps et pour la résolution du problème posé par ce déficit public, nous n’avons dû nous contenter assez tardivement que de promesses écrites superficielles, telles celles figurant, parmi d’autres ,et pas particulièrement aux premières places dans l’ordre des priorités des candidats , sur les  professions de foi  de seulement quatre de ceux-ci sur douze à l’élection présidentielle de 2007. Pour mémoire et pour ces quatre candidats ,tout ce qui avait rapport à la dette publique dans leur profession de foi adressée à chaque électeur peu de temps avant le 22 avril 2007 est reproduit ci-dessous :

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Je m’arrêterai seulement sur la proposition de Ségolène Royal de lutter contre les gaspillages et ,en écrivant qu’un « euro dépensé doit être un euro utile », de subordonner en fait toute dépense publique à l’utilité de ce qui l’a motivée, ce qui n’est pas hélas toujours le cas. Et si elle l’a écrit ,c’est qu’elle ou certains de ses conseillers ont pu le constater.
Je suis donc tout à fait d’accord avec elle sur le fait que les gaspillages contribuent à une aggravation de la dette,j'ajouterai que pour cette raison ils doivent être débusqués si minimes soient-ils et leurs causes analysées ,éventuellement sanctionnées.

Mais dans un pays comme le notre cela risque de ne pas être facile à entreprendre, parce que nos compatriotes, dans leur immense majorité ,ne sont pas imprégnés d’une culture de la bonne gestion et de l’économie des moyens, habitués qu’ils sont à obtenir tout ce qu’ils veulent en pressant sur le bouton d’une télécommande ,en ignorant tout ce qu‘il y a derrière cette télécommande. Je reviendrai sur ce sujet ultérieurement qui est la clé de la résolution du problème de notre dette.

Quiconque lit régulièrement les journaux régionaux ,et plus particulièrement les articles consacrés à la vie locale , les récits d’inauguration d’édifices publics, ceux rapportant les présentations des vœux à leurs administrés par les maires ,ou ceux rendant compte des délibérations prises lors des réunions de conseils municipaux, notamment celles concernant les subventions accordées aux associations de tout et n’importe quoi, peut avoir une idée assez juste des montants dépensés pour certains équipements collectifs ou de certaines dépenses ,dites de fonctionnement, qui ne sont pas suffisamment justifiés ou qui ne revêtent pas un caractère d’urgence .Il sera très vite convaincu qu’une France, avec des collectivités locales devenues raisonnables, a les moyens de s’en sortir sans avoir besoin d’augmenter les impôts de ses citoyens.

Il y faudra le temps ,en tout cas plus d’un quinquennat parce qu’il n’est pas possible de programmer sur plusieurs mois ou plusieurs années .des économies à réaliser en se fixant des chiffres exprimés en milliards dans l’absolu sur un laps de temps déterminé en fonction d’un calendrier électoral. L'important serait que la France retrouve déjà le bon chemin et ne s'en éloigne plus.
 

07 janvier 2012

L’euro, déjà treize ans mais jusqu’à quand?

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Lundi matin ,4 janvier 2012 ,à la constatation que l’euro avait toujours sa place dans la cotation des devises, aucun observateur pointilleux ne pouvait s’empêcher de penser à cette hasardeuse prédiction faite par Jacques Attali lors d’une interview pour « 20 minutes » le 25 novembre 2011 :
"il y a plus d’une chance sur deux pour que la monnaie unique disparaisse avant la fin de l’année, ou du moins qu’elle soit en train de se défaire" .
Raté !
L’euro est encore là et Jacques Attali aurait bien dû penser que cette devise utilisée par une population dépassant les 300 millions d’individus ne pouvait ni disparaître ni commencer à se défaire en seulement un mois et une semaine pour la bonne raison que les deux principaux pays , dont dépend désormais son existence et totalisant à eux deux pratiquement la moitié de ces 300 millions de consommateurs, sans même évoquer que c’est aussi la moitié la plus riche, sont en période pré-électorale avec en perspective des élections majeures et de même niveau , la France courant 2012,et l’Allemagne courant 2013.

C’est bien en considération de ces deux évènements à venir que, de mon coté et dix jours plus tôt, j’avais donné un délai beaucoup plus long ,au troisième paragraphe avant la fin de ma note du 15 novembre 2011 intitulée « Les sécheresses se suivent et ne se ressemblent pas forcément ,l’incurie des politiciens perdure », envisageant une désagrégation de l’Union Européenne mais pas avant deux ou trois ans , en ces termes:

« Ce qui nous ramène toujours à ce même constat à savoir que rien n’est jamais solutionné dans notre pays où la parade aux graves problèmes de toutes natures est toujours remise à plus tard, soit parce qu’il y a « l’Europe » ou « Bruxelles » mais bon là il n’y en a peut-être plus pour longtemps je veux dire deux ou trois ans , soit parce qu’il se créée toujours des associations contre tout mais qui n’ont rien d‘utile à proposer en remplacement,soit encore parce qu’il n’y a pas suffisamment de crédits ceux-ci étant gaspillés par ailleurs ou parce qu’il ne se trouve personne dans la classe politique qui veuille se « mouiller » , pour décider quoi que ce soit du fait que nous nous trouvons toujours en « période préélectorale » à un niveau ou à un autre dans une gamme d‘élections allant des municipales à la présidentielle, ce qui ne signifie pour les élus en place rien d’autre que bien veiller à sauvegarder leurs mandats nourriciers. »

En fait l’existence de l’euro et celle de l’eurozone ,zone euro,ou Euroland,comme chacun peut l’entendre, sont indissociables de celle de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 1999 quand cette nouvelle devise a été officiellement lancée ,puis trois jours après , le 4 janvier, quand ,introduite sur les marchés des changes ,elle a commencé à être cotée, tout en étant provisoirement utilisée facultativement dans les transactions scripturales seulement , paiements par chèques,par carte ou par virements, comme prévu pour raison de prise nécessaire d’habitudes vis-à-vis des prix des marchandises et services , jusqu’à la mise à disposition pour le 1er janvier 2002, des billets et pièces , parallèlement à la restitution des anciens billets libellés en « Francs » devant être effectuée dans les sept semaines qui suivraient .
Quand il nous est annoncé ces jours-ci que l’euro a dix ans, ce n’est donc pas tout à fait exact, parce qu’au 1er janvier 2002,il avait déjà trois ans d’âge ,et tout au long de ses deux premières années d’entrée en service -en 1999 et en 2000 - il avait été fort malmené sur le marché des changes ,accusant le 30 décembre 1999 une décote de près de 17% de sa valeur de lancement ne s’échangeant plus qu’ à 1,0025 contre US-dollar.
Ce qui n’empêchait pas Wim Duisenberg ,le premier président de la Banque Centrale Européenne ( BCE) , de clamer fin novembre 1999 :  « l’euro est une monnaie forte…au bout du compte, elle n’évoluera que dans un sens…vers le haut » , tandis que ,dans une interview à Reuters ,le 23 décembre 1999,Jean-Paul Fitoussi, le président de l’Observatoire français des conjonctures économiques ( OFCE) faisait remarquer quant à lui :«  Personne ne peut dire quelle est la parité d’équilibre de l’euro. Il n’y a pas l’expérience suffisante. Nous pouvons dire que l’euro est à sa bonne valeur dès le moment ou le chômage baisse et que n’apparaît pas d’inflation. ».
Cela encore n’était pas tout à fait exact et laissait beaucoup de place à l’incertitude parce que ni le taux de chômage ni celui de l’inflation n’avaient évolué ,jusqu’à cette date, uniformément et simultanément dans tous les pays de la zone euro, et il n’y avait aucune raison valable d’envisager que cela allait devenir une réalité.
La baisse continuelle de l’euro devait rendre sujettes à railleries ces déclarations ,puisque le 27 octobre 2000,soit onze mois plus tard ,sur le marché des change il ne fallait plus que 0,83 US dollar pour s’offrir un euro qui avait ainsi perdu un tiers de sa valeur en vingt-trois mois d’existence . Cette décote continue révélait, à postériori, quelque chose comme une erreur dans son évaluation initiale commise par ceux qui l’avaient conçu.

Sans interventions massives de la BCE et de certaines grandes banques centrales -Banque de France, Deutsche Bundesbank, entre autres- , opérations consistant à acheter plus cher que le cours où elle est offerte sur le marché des changes une devise pour l’empêcher de baisser ou à en vendre une autre moins cher pour l’empêcher de monter ,c’est-à-dire avec perte dans les deux cas, il ne serait sans doute jamais remonté insensiblement , toutefois péniblement , comme il l‘a fait par la suite.

Il fallait hier matin,6 janvier 2012, 1,2785 US dollar pour acheter un euro sur le marché des changes, un cours laissant apparaître une bonification d’environ 10% par rapport à son cours de lancement le 1 janvier 1999,mais seulement contre US dollar.
Il n’y avait donc pas là matière à pavoiser comme l’ont fait certains économistes ou journalistes à l’instar de l’actuel gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer par ailleurs et à ce titre membre du Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne basée à Francfort en Allemagne comme chacun doit le savoir, lequel , dans une tribune au Journal du Dimanche daté du 1 er janvier ,m’a paru singulièrement optimiste, pour y avoir écrit cette phrase :  « Si nous mettons en œuvre les décisions prises au sommet de Bruxelles nous sortirons renforcés. Et dans dix ans, l’euro sera peut-être la première monnaie mondiale ».
Nous ne demanderions qu’à croire Christian Noyer s’il n’y avait pas eu ,onze ans plus tôt, le 2 janvier 2001 ,à Europe 1 ,ces paroles prononcées par son prédécesseur en tant que Gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet : « l’euro va continuer à être de mieux en mieux reconnu comme une monnaie très solide .. » et encore « Les opérateurs et les investisseurs reconnaissent de plus en plus et de mieux en mieux le fait que l’économie européenne avait de bonnes données fondamentales… ».
Or, dire cela n’était jamais que ce que leur fonction leur commandait de faire, et cela continuera ainsi ,pour autant qu’un client potentiel n’ entendra jamais un vendeur de chaussettes lui dire qu’elles vont se rétrécir après deux passages dans la machine à laver ,sauf bien entendu s’il n’a plus que des grandes tailles à lui proposer! C’est comme cela la vie,et il vaut mieux le savoir.

Une chose est sûre aujourd’hui :ces « bonnes données fondamentales » ne sont plus que du passé . Nos dirigeants, ces gens aux responsabilités, vont devoir trouver les solutions pour l’avenir et ,ce qui sera plus difficile encore, les faire accepter par la majorité de nos concitoyens , à condition que ceux-ci sachent exactement ce qu’ils veulent.
Mais, pour l’instant ,ça ne paraît pas être le cas, tout au moins à en retenir les enseignements d’un sondage effectué les 29 et 30 décembre 2011 par l’IFOP pour le Journal du Dimanche et duquel il ressort que si 52% des sondés voient dans l’euro « un handicap » dans le contexte de la crise économique et financière des trois dernières années ,tandis que 26% y voient un « atout » et les 22% restant « ni l’un ni l’autre » ,ils sont tout de même 64% à se prononcer contre l’idée de son abandon au profit d’un retour du franc.
Onze ans plus tôt ,dans un sondage réalisé du 21 au 23 décembre 2000 par CSA pour L’Expansion, l’euro inquiétait 32% des personnes interrogées, rencontrait l’hostilité de 10%, l’indifférence de 31% ,inspirait la confiance de 23% et ne suscitait l’enthousiasme que de 4% !

Maintenant, s’il était enseigné aux Français que, depuis 1970 ,quelques monnaies communes ont été abandonnées sans regrets par des pays ayant recouvré leur indépendance ou y étant parvenus après désagrégation d’empires anciens comme l’ex-URSS en 1991 ,d'un commun accord et pacifiquement comme la Tchécoslovaquie en 1993, ou de pays créés initialement et artificiellement par des traités de paix après des conflits (1914/1918) comme la Yougoslavie en 1991 ou,bien antérieurement le Pakistan (1947) en 1971 , et que les nouveaux pays en question avaient abandonné la monnaie commune pour créer la leur propre, que répondraient ces mêmes sondés à la question de savoir s’ils se sentent aussi capables d’abandonner une monnaie commune que ne l’ont été les ressortissants de ces pays ?
Ainsi en aura-t-il été de ceux
-Du Bangladesh ,un des pays les plus pauvres du monde, quand il a remplacé la roupie pakistanaise par le taka en 1971,lors de sa scission d’avec le Pakistan ,
-De l’Ukraine quand ce pays a remplacé le rouble par la hrivnia en 1991,après la disparition de l’ex URSS
-Du Tadjikistan quand ce pays a remplacé le rouble par le somoni en 1991 dans les mêmes circonstances que l’Ukraine,
-De la Bielorussie quand ce pays a remplacé le rouble par le rouble bielorusse en 1991 toujours dans les mêmes circonstances,
-De la République tchèque quand ce pays a remplacé la couronne tchèque par la koruna en 1993
-De la Slovaquie ,séparée du pays précédant par scission de l’ex Tchécoslovaquie quand ce nouveau pays a remplacé la couronne tchèque par l’euro,monnaie commune pour monnaie commune, après son adhésion à l’Union Européenne,
-De la Slovénie ,issue de la désagrégation de l’ex Yougoslavie ,quand ce nouveau pays a remplacé le dinar yougoslave par l’euro , monnaie commune pour monnaie commune, après son adhésion à l’Union Européenne,
-De la Croatie ,issue comme le pays précédent ,de la désagrégation de l’ex Yougoslavie ,quand ce nouveau pays a remplacé le dinar yougoslave par la kuna ,
-Et de bien d’autres pays encore …

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03 janvier 2012

Bonne année 2012

Loin de Paris ,loin des emballements partisans, loin de ces polémiques idiotes et stériles se succédant les unes aux autres et ne durant pas plus d’une journée, comme celles ayant trait à l’inscription des jeunes sur les listes électorales les derniers jours de l’année écoulée ou le choix tout à fait sensé de Claude Guéant de se faire une légitimité électorale à Boulogne-Billancourt,pour ne donner que deux exemples récents...

Cette photo a été prise depuis le  Crêt Monniot ,1.142 m d'altitude,dans le Doubs et non depuis le Mont d'Or  (1.463 m) - Rectification du 4/01/2012.


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