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16 avril 2008

Pourquoi un  délégué interministériel à la communication ?

Hier,15 avril 2008 ,est paru au Journal Officiel de la République Française,un décret (N° 2008-335 du 14 avril 2008) signé du Premier ministre François Fillon instituant un « délégué interministériel à la communication » avec pour mission principale de « veiller à la coordination des actions d’information et de communication du gouvernement ».

Était-ce nécessaire de créer un tel poste ? Fallait-il attendre un an pour en arriver là? N’aurait il pas été plus judicieux de choisir des ministres non seulement compétents dans le domaine dont ils auraient la charge ,mais bien conscients et avisés qu’ils devraient travailler au sein d’une équipe, nantis de prérogatives bien définies excluant tout empiétement sur le territoire des collègues préjudiciable à l’action de ceux-ci par des bavardages intempestifs ?
Comme ce qui a pu être constaté pas plus tard encore que dimanche avec Martin Hirsch,non pas ministre mais Haut Commissaire aux solidarités actives ,préconisant ,sur Canal+ ,la création  d’une taxe sur les entreprises qui utilisent leurs profits pour "racheter leurs propres actions avec très peu d'impôts là-dessus" ,quand deux jours plus tôt , notre Premier ministre,en voyage au Japon venait de déclarer devant des patrons de ce pays que la France voulait « devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires »...Personne n’aura relevé en France,une fois de plus.

Autant dire tout de suite que cela ne servira à rien aussi longtemps que ministres et secrétaires d’Etat se comporteront comme s’ils s’imaginaient être le centre du monde ,comme si le soleil ne devait briller que pour eux,comme s’ils se voyaient un destin national,et dès lors que leur première préoccupation serait de connaître le type de voiture qu’ils auraient avec le nombre de motards qui les accompagneraient lors de leurs déplacements officiels,le mieux étant encore dans leur circonscription.

De ce coté là rien ne changera parce que ces gens sont trop faibles pour résister aux sollicitations des journalistes ,trop soucieux qu’on parle d’eux pour pouvoir,le moment venu ,c’est à dire lors de retrouvailles avec les électeurs,prouver qu’ils existent,dans le cadre d’un système électoral fort éloigné de l’idéal.

Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à ce nouveau venu dans la confrérie gouvernementale. Il pourrait en effet ,et très vite, se retrouver dans la posture de ce sous-officier que, lors de mon service militaire en Allemagne au début des années soixante,j’avais entendu avouer à son supérieur hiérarchique son incapacité à empêcher certaines recrues de trouer le grillage entourant la caserne pour sortir sans permission ou rentrer plus tardivement que prévu de permission de soirée! Il ne voyait d’autre solution que les attacher à leur lit!