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23 avril 2008

La rupture!Quitte ou double pour Nicolas Sarkozy

Contrairement à ce qu’a avancé Ségolène Royal hier lors d’un point de presse à Paris, l’année qui vient de s’écouler depuis l’élection de Nicolas Sarkozy n’est pas « une année perdue » ou « une année ratée » parce que cette année qui devait être la première année de « rupture » aura permis de faire découvrir noir sur blanc ou prendre conscience à un plus grand nombre de nos concitoyens que la France est redevenue depuis plus de trente ans un pays ingouvernable,incapable d’évoluer sereinement et harmonieusement .Parce que ,contrairement à ce qu’on dit , il ne faut pas prêter aux Français l’intelligence qu’on les flatte hypocritement de posséder.

La réalité,c’est que notre pays se trouve figé dans un immobilisme institutionnel ,économique et social dont il ne peut se sortir et qui, s’il se perpétue, va conduire inéluctablement et insensiblement à l’appauvrissement du plus grand nombre,un phénomène déjà bien engagé et nettement perceptible avec l’apparition de ce qu’on a appelé les « nouveaux pauvres » sous le premier septennat de François Mitterrand,placé sous le signe de la formule non écrite « gagner sans travailler ».

Et pourtant notre France regorge d’intellectuels,de gens sur-diplômés et d’organismes de toutes natures,de hautes autorités,de commissions nationales, de penseurs,de gourous .Il n’en est aucun pour réagir avec efficacité ,tant pour décrire le phénomène,que pour en situer les origines et les causes,encore moins pour rappeler à leurs responsabilités ceux qui sont payés pour assumer et pas seulement revendiquer celles-ci.

Pire,ce phénomène laisserait indifférents les observateurs les plus perspicaces de notre pays,ceux qui peuvent écouter et voir , réduits à ne pouvoir dire ce qu’ils auraient envie,tant pour ne pas provoquer de réactions incontrôlables que pour éviter leur mise à l’index,laissant cette besogne à la discrétion d’organismes internationaux ayant leur siège hors nos frontières,à New York,Bruxelles ou Francfort, comme le FMI,la Commission de Bruxelles ou la Banque Centrale Européenne, par conséquent à l’abri de toute mesure de rétorsion ou d‘intimidation. Comme si la France,en ce début du troisième millénaire,se faisait un honneur de vouloir perpétuer certaines habitudes néfastes,notamment dans le domaine des libertés individuelles,de la liberté de la presse ou de la liberté d’expression,ayant eu ou ayant encore cours dans certains pays de l’Est de l’Europe,autoproclamés « démocraties populaires » après la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la « chute » du mur de Berlin ou quelques années encore.

Résultat:lire ou relire un journal français datant de 1983,de 1988,de 1993,de 1998,de 2003,de 2008,c’est retrouver cycliquement les mêmes titres qui ont trait aux mêmes problèmes sempiternellement soit éludés,soit résolus incomplètement ou provisoirement,comme si les élus avaient peur de devoir se retrouver un jour sans avoir d’os à ronger. Quand ce n'est pas la fiscalité c'est le chômage,la précarité,ou la pauvreté.Vient à son tour la justice avec une erreur judiciaire dont on nous promet que ce sera la dernière.L'insécurité ,les zones de non-droit en surchauffe.Les enseignants champions des manifestations.Les retraites,le déficit de la sécurité sociale,les magouilles.
Parce qu’à peine élue,une nouvelle majorité commence par défaire ce que l’ancienne avait fait,suivant un scénario bien connu,la loi Durand devenant la loi Dupont qui deviendra à son tour à la prochaine législature la loi Durien ou Dunul.Il arrive même qu’une nouvelle majorité vote ce qu’elle avait refusé de voter antérieurement alors qu’elle était dans l’opposition.
Aujourd’hui,en Conseil des ministres on aura parlé de réformes pour nos institutions. Pour rien.
D’abord parce que si les initiateurs ou commanditaires de telles réformes ont attendu un an pour les proposer,celles-ci ne doivent pas revêtir un caractère d’urgence,ensuite parce n’importe quel esprit sensé ne peut imaginer comment des gens qui vivent et prospèrent d’un système le modifieraient dans un sens qui les obligerait à laisser leur place à des gens plus compétents. Voilà qui est très simple à comprendre.

Exemple d’incompétence:Ségolène Royal est bien gentille de critiquer celui qui a fait d’elle une perdante l’an dernier,mais est-elle bien placée pour le faire? N’est-ce pas s’exposer stupidement, parce qu’un esprit sensé ne comprendrait pas qu’elle fasse l’éloge de Nicolas Sarkozy,et le mieux ne serait-il pas qu’elle reste discrète à ce propos?
Ségolène Royal a,tout comme Nicolas Sarkozy,un très gros handicap. Ils sont rentrés tous deux en politique beaucoup trop jeunes à la même époque et leur tort est de n’avoir fait (pratiquement) que cela dans leur vie. Il leur manque le vécu et l’expérience des gens ,du peuple ,qui ne confient pas leurs souffrances ou leurs joies à un élu de la même manière qu‘à un quidam. En plus ce sont deux enfants gâtés de la politique dans notre système électoral actuel :tous deux ont été élus dans des circonscriptions « faciles » ou le plus gros à faire était d’obtenir l’investiture de leur parti respectif. Gagner la France,n’est point gagner Melle,ni Neuilly-sur-Seine. Si Ségolène Royal a perdu le 6 mai 2007,une des principales raisons en aura été qu’elle est partie dans la course beaucoup,beaucoup trop tôt,cumulant sur le temps les bourdes et les casseroles qui ont érodé continuellement sa cote. Son problème est aujourd’hui qu’elle n’a pas cessé d’être candidate.
Quand à Nicolas Sarkozy,on ne sait pas bien ce qu’il va dire demain soir. Mais peu importe. Il n’a plus le choix.
C’est désormais pour lui « quitte ou double » !