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09 mai 2008

Nicolas Sarkozy,un danger pour la liberté de la presse?

« On attend pas d’un chef d’Etat qu’il réduise son discours et son analyse politique à une chicaya contre son prédécesseur et contre son adversaire à la dernière élection,ni qu’il se livre à une série d’accusations déstabilisatrices à l’égard de la presse de son pays,dont il a pourtant usé et abusé quand cela l’arrangeait ».

Voilà le passage qu’il faut retenir d’un tout récent communiqué du Parti socialiste à la suite de « l’attaque » de Nicolas Sarkozy  contre la presse et certains titres qui selon lui ne se seraient pas suffisamment attardés au sujet de la condamnation en appel de Ségolène Royal,pour une affaire de salaires non payés à deux de ses ex-employées qui la poursuivaient. Quel scandale! L’impie Sarkozy restera toujours fidèle à lui-même!
Les rapports du pouvoir et de la presse en France !
Allez!Un peu d’histoire (récente).

Samedi 24 octobre 1981.
Claude Estier au congrès de Valence: « Ce que nous mettons en cause c’est un système d’information qui est et qui reste aujourd’hui le produit de l’ancien pouvoir et qui pour cela,n’est pas en mesure d’expliquer honnêtement aux Français la politique de notre gouvernement. Pour ne prendre qu’un seul exemple,mais il est fondamental,comment voulez-vous que des journalistes économiques formés à l’école du libéralisme,et c’est le cas de la plupart d’entre eux,puissent expliquer la véritable signification des nationalisations ou des réformes spéciales que propose notre gouvernement? »

Dimanche 25 octobre 1981.
Marc Francioli dans « Le Dauphiné libéré » : « Le Quotidien de Paris » cultive le titre piquant,comme d’autres les cactus dans les partis politiques. Le titre piquant en question,et peut-être du meilleur goût,était: «La saloperie ».Claude Estier n’a pas apprécié du tout. La rose lui est montée à la tête. Il a vomi « le Quotidien de Paris »,l’a assimilé aux puissances d’argent et a mis en garde les camarades du parti qui apporteraient leur caution à ce journal,en y publiant des tribunes. Ainsi Claude Estier a-t-il choisi d’attaquer la liberté de la presse au nom de cette même liberté chère au Parti socialiste. Curieux paradoxe! ».

Samedi 7 avril 2001.
Lionnel Jospin,Premier ministre:
Aux journalistes qui l’accompagnent , lors d’un voyage au Brésil ,et à qui il reproche d’avoir insuffisamment traité un discours sur la mondialisation prononcé sur place : « C’est bien la peine que l’on vous sorte de Matignon »
A Sylvie Maligorne de l’Agence France Presse à qui il reproche une dépêche dans laquelle elle expliquait qu’il avait enfreint à Rio une règle voulant que les dirigeants français taisent la politique intérieure française lors de leurs déplacements à l’étranger (là ,c’était à propos du peu glorieux résultat des municipales 2001 où la gauche avait perdu quelques dizaines de villes ).La scène se déroule cette fois en plein vol entre Rio et Buenos-Aires dans l’avion qui emmène le Premier ministre Jospin,sa suite,les journalistes et une délégation patronale ,en Argentine: « Vous êtes bête? » « Avez-vous fait des études? »

Les lecteurs du "Monde" n’ont appris l’incident que le 18 avril 2001! Avec un article tenant sur six colonnes,écrit par Pascale Robert-Diard et Nicole Vulser,et titré: « Retour sur le vol de Rio au cours duquel le premier ministre a accusé une journaliste de l’AFP de « manipulation politique ».

Alors,messieurs de gauche,profil un tout petit peu plus bas pour harceler Nicolas Sarkozy! S’il vous plaît.
Merci.