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15 mai 2008
Les « casseurs » du droit de grève et du syndicalisme à l’oeuvre
| Quand un patron s’organise avec ceux de ses salariés non grévistes pour continuer et maintenir l’activité de son entreprise au mieux pour satisfaire ses clients,malgré une grève déclenchée par certains autres de ses salariés,il est accusé bien évidemment de vouloir porter atteinte au droit de grève. Quand un ministre cherche à instaurer un palliatif,comme le SMA ,« service minimum d’accueil » actuellement à l’essai dans les écoles primaires , pour que des parents ne soient pas pénalisés lors d‘une grève des cours,il est aussi soupçonné de faire la même chose. Le droit de grève ,plus personne ne peut l‘ignorer,reste un droit sacré sur lequel il n’est ni moral ni tolérable de revenir,mais est-il interdit de l’encadrer dans certaines situations ,afin que les effets secondaires d’une grève ne soient pas supportés par une catégorie de gens qui n’ont rien à voir avec les litiges à l’origine du mouvement de grève en question? En quoi le fait d’organiser la garde d’enfants les jours de grèves dans le primaire serait-il davantage une « tentative de remise en cause de l’exercice du droit de grève » que celui d’accorder des conditions fort avantageuses pour la fourniture d’électricité aux agents d’EDF qui posséderaient une installation de chauffage à l’électricité? A-t-on jamais dit que cette faveur constituait une atteinte au droit de grève à EDF? Et pourquoi ,pendant qu’il y sont,ces bien pensants n ’iraient-ils pas jusqu’à accuser les salariés non impliqués dans un conflit social dans les transports publics de vouloir s’attaquer au droit de grève en utilisant leur propre voiture pour se rendre à leur travail? Par contre, quand le secrétaire général d’un syndicat comme la CGT ,Bernard Thibault, en vient,comme il l’a fait lors du « Grand Rendez-vous » l’émission d’Europe1 dimanche dernier, à regretter « qu’il y a trop d’organisations syndicales et pas assez de syndiqués » ,sans préciser celles de ces organisations qui lui semblent être de trop, en France,parle-t-on d’une atteinte à la liberté syndicale? Ce brave camarade ne ferait-il pas mieux de se poser très sérieusement la question de savoir pourquoi,alors que les cotisations sont fiscalement déductibles ,une très,très large majorité de salariés (90%) ne veulent pas franchir le pas de l‘adhésion et en accepter les conséquences ,c‘est à dire faire inutilement grève ou faire grève pour des raisons politiques quand la voie des urnes s‘est avérée vaine ? Bien sûr qu’il faut des syndicats ,c’est une des conditions du progrès. Mais des syndicats qui soient intelligents et qui agissent utilement. C’est loin d’être le cas aujourd’hui en France. |
10:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualités, france, darcos, grève, sma, edf, thibault