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30 juin 2008
Union Européenne:une présidence française de quoi?
| Selon une coutume bien rodée pour l’unique raison qu’il n’y avait rien à roder ,demain,mardi 1er juillet 2008,succédant à la Slovénie ,minuscule pays de deux millions d’habitants pas plus étendu que quatre départements français et né en 1991 de la dislocation de l'ex- Yougoslavie ,la France assurera la présidence de l’Union Européenne pour les six mois à venir. On va voir ce qu’on va voir! La belle affaire! L’Union Européenne ,c’est quoi au juste ? Un rapiéçage de 27 pays d’importances fort inégales et vingt-trois langues différentes pour 495 millions d’habitants! Combien de nos compatriotes sont capables de citer le nom de ce petit pays qui va refiler le flambeau à la France? Combien peuvent donner le nom de son président ,Danilo Türk ? Combien peuvent prononcer le nom de la capitale de cet État,Ljubljana, et encore mieux l‘écrire correctement? Combien peuvent se représenter son poids exprimé en habitants par rapport à l’ensemble de la population de l’Union Européenne? S’il faut ajouter à cela qu’il existe un déficit croissant d'enthousiasme pour l'Europe confirmé par le « non » irlandais du 12 juin dernier, encore plus manifeste chez les électeurs des dix nouveaux pays qui ont rejoint l'Union en 2004,et parmi lesquels huit qui avaient subi le communisme ,puisque, seulement et en moyenne, trois sur dix de ces «nouveaux» électeurs européens se sont rendus aux urnes lors des «européennes» de 2004,les premières du genre qui s'y tenaient,les eurocrates ne devraient pas être très fiers de leur oeuvre ,ceux-ci étant,apparemment,les derniers à ne pas vouloir admettre que «leur» Europe,celle des réglementations aussi surprenantes que tatillonnes,celle des obligations de mise aux normes, celle des interdictions et des quotas pas nécessairement justifiés,celle des directives insensées,celle des condamnations et des amendes,celle des institutions innombrables et clairsemées dans divers pays membres, n'apporte pas de réponse satisfaisante aux problèmes existentiels des ressortissants des pays qui la composent. Après ce « non » irlandais ,on se demande bien si celle-ci ,avec une légitimité aussi mal assise, pourra surpasser la prochaine crise sérieuse provoquée par un ou plusieurs petits pays membres qui ne pourront plus suivre le mouvement ou qui seront lassés de voir les plus grands pays dispensés d'obligations ( cf/ déficit budgétaire français ) auxquelles eux-mêmes ne pourront nullement échapper du seul fait de leur poids négligeable par rapport à l'ensemble des pays de l'Union. D'ores et déjà,une rapide rétrospective de la «construction» européenne ,qui n'en finit plus de s'éterniser,depuis un peu plus de cinquante ans qu'elle a été mise sur rails, autorise à percevoir la taille actuelle de l'Europe comme critique,pas loin d'être comparable à celle - en son état terminal avant éclatement- de la grenouille qui se voulait faire plus grosse que le boeuf,dans la célèbre fable de Jean de La Fontaine. Et la majeure partie des politiciens qui croient à cette Europe,ou qui font semblant d'y croire,ne s'acharnent en réalité qu’à demander aux électeurs de les confirmer à leurs «places», plutôt bonnes, mais ne se rendent même pas compte qu'une bonne partie de ces électeurs ,les abstentionnistes, ont depuis longtemps pris conscience qu'on les prenait pour des imbéciles, s'agissant d‘une entité européenne puissante pouvant rivaliser avec les plus grands pays homogènes de la planète,entre autres. Peut-être qu'en 1957,lors de la signature du traité de Rome,établissant les bases de ce qui fut appelé initialement «Marché Commun»,une association de six pays à vocation essentiellement économique, beaucoup pouvaient raisonnablement y croire. A cette époque,l'Europe «occidentale»,sous protection militaire essentiellement américaine par le biais de l'OTAN,et achevant sa reconstruction après la seconde guerre mondiale au cours de laquelle ses pays membres s'étaient battus entre eux ,celle qui, sur les cartes géographiques et dans les milieux politiques ou militaires ,était opposée à l'Europe «de l'Est» ,sous domination de l'ex-URSS,qui y faisait stationner des troupes fort nombreuses et bien équipées dans le cadre d'une alliance militaire appelée "Pacte de Varsovie",cette Europe "occidentale" ,elle travaillait et elle produisait des richesses qui,hormis le pétrole et quelques autres matières premières de seconde importance, satisfaisaient pratiquement l'ensemble des besoins de sa population. Les voitures,les motos,les vélos,les appareils photo, l'outillage électroportatif ,l'électroménager,les machines agricoles,les machines à écrire,les montres,les vêtements,les chaussures,les lunettes,tout cela était fabriqué sur place par des entreprises qui avaient la nationalité des pays européens où leurs usines étaient déployées. Le niveau vie s'améliorait rapidement à l'Ouest,tandis qu’il se dégradait tout aussi rapidement à l'Est en raison de régimes économiques et politiques structurellement opposés bien qu’une propagande efficace relayée dans les pays de l’Ouest faisait croire le contraire. Il paraissait donc normal que l'Ouest ambitionne de faire encore mieux. Avec l'Europe des six -les six pays fondateurs : Allemagne,Belgique,France,Italie,Luxembourg et Pays-Bas que la proximité géographique et culturelle rendait « associables » - la solution paraissait avoir été trouvée. Puis,après quelques années de "fonctionnement", il devait s'avérer que l'amélioration escomptée des conditions d'existence des ressortissants des six pays «unis» et devant résulter de cette «union» tardait à se réaliser ,surtout que celle constatée n'était pas perçue comme découlant de cette union ou de ce «marché» initial de 175 millions de consommateurs. Les dirigeants des entreprises de chaque pays pensaient trouver des débouchés multipliables par le rapport de la population du nouvel et vaste ensemble sur celle de leur propre pays ,en oubliant ,toutefois, que leurs homologues des pays partenaires caressaient le même espoir,ce qui ne pouvait qu'apporter désillusion et fausser leurs projets de développement. Alors les «partisans» de l'Europe,pères spirituels et aussi, dans une moindre mesure,pères physiques des actuels eurocrates, se résolvaient à faire rentrer dans les esprits qu'une Europe à huit,serait meilleure qu'à six,puis à dix qu'à huit,puis à douze qu'à dix,puis à quinze qu'à douze,puis à 25 qu'à quinze puis dernièrement au premier janvier 2007 à 27 qu‘à 25,en attendant mieux!Comme dans la fable de La Fontaine où la grenouille s'espérait toujours mieux plus grosse...Et aujourd'hui,le marché de 495 millions de consommateurs ne peut plus être présenté comme le grand espoir parce que cet espoir s’est progressivement et irrémédiablement évanoui au gré des sommets "européens" qui se sont succédés depuis une trentaine d'année au fur et à mesure que cette union s’est grossie de nouveaux pays aux particularités économiques ou sociales parfois assez accusées. Parce que les consommateurs de ces pays n'avaient pas attendu l'Union pour commencer à consommer. Ils consommaient déjà auparavant,à hauteur de ce qu'ils pouvaient,en fonction du revenu de leur travail et seulement de cela. Les entreprises également avaient déjà leurs fournisseurs et leurs clients. La réalisation de l'Union sur le papier,par la force d’une Constitution adoptée dans le dos des peuples ne changera rien de ce coté là. Les ressortissants des nouveaux pays intégrés ne seront pas dispensés de travailler,autant et mieux qu'avant. La présidence de l’Union Européenne pour six mois et pour pérenniser le petit train -train,ajoutée aux cinq mois suivants hypothéqués par ces élections européennes et en arrondissant avec les vacances de l’été 2009,ce seront quatorze mois de perdus pour notre pays,pendant que le prix du pétrole continuera à grimper et que le chômage reviendra en force. Quel sera le pourcentage des votants aux prochaines européennes en 2009? Entre 30 et 35% ? Pourquoi pas ? Mais cela n’empêchera pas nos politiciens de penser,dans la foulée, aux élections régionales de 2010 et à la présidentielle française de 2012. |
16:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Union Européenne, Actualités, France