17 avril 2009
Séquestrations,prises d'otages,retenues,pressions...Qu'est devenue l'attractivité de la France?
| « Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’aller séquestrer les gens?On est dans un État de droit,il y a une loi qui s’applique,je la ferai respecter ». C’est en ces termes et à propos des séquestrations de patrons ou de leurs subalternes que s’est exprimé Nicolas Sarkozy,à Venelles,dans les Bouches-du-Rhône ,le mardi 7 avril 2009,lors d’un de ses déplacements en province dont il est si coutumier. Désormais,et si l’on ne peut même pas espérer quelques pauses le temps des vacances scolaires qui habituellement relèguent l’intérêt pour l’actualité économique ou sociale au second plan des préoccupations des esprits les plus facilement manipulables, il ne se passe plus une semaine dans notre pays sans que l’on apprenne qu’ici un patron a été privé de sa liberté de mouvement dans sa propre entreprise,que là aura été contraint de passer une ou plusieurs nuits dans son bureau un directeur des ressources humaines,autrement dit un chef du personnel,lui même salarié chargé d’une pénible besogne néanmoins prévue dans ses attributions ,crise ou pas crise, celle d’annoncer aux responsables syndicaux les réductions d’effectifs conséquentes à une baisse d’activité de leur entreprise et les plans sociaux qui les formalisent ,ou qu’ailleurs, encore, ce sont des cadres mêlés en rien à un conflit interne soumis sur leur lieu de travail à des violences pour avoir eu le malheur de se trouver par hasard en face d’excités bien conscients de la gravité de leurs actes,néanmoins sans crainte de sanction parce qu’ayant compris qu’il régnait en France,aujourd’hui plus que jamais depuis plus de trente ans, une atmosphère de laxisme,de démission des autorités politiques,administratives ,policières et judiciaires dont ils ne pouvaient pas ne pas profiter ,à l’instar des délinquants primaires adeptes du « pas vu pas pris » ou du « pris sans grand risque » et pour cause ,les prisons étant déjà que trop remplies bien au delà de leur capacités d’accueil. Il aura suffi que le président de la République aborde le problème de ces séquestrations ou « retenues » , une spécificité toute française selon certains sociologues ou analystes ,mais tout de même un peu tardivement,vraisemblablement parce que personne parmi nos grands penseurs n’en a pris auparavant l’initiative, pour que soient rendues publiques dans la foulée et en réaction , puis immédiatement confortées par des sondages, diverses opinions exprimées par les ténors de la vie politique française. Si celles hautement approbatives émanant de l’extrême gauche n’ont rien de surprenant pour autant qu’une telle situation de chaos puisse préfigurer un mouvement révolutionnaire espéré par cette mouvance politique comme imminent depuis au moins un siècle ,on ne pourra que trouver fort navrants les encouragements tacites, dans la mesure où ,comme l’ont fait Martine Aubry et Ségolène Royal en essayant de satisfaire à la fois les uns et les autres, condamner les exactions et dans le même temps avouer les « comprendre » ou les « expliquer » , pourrait aisément être perçu comme une attitude hypocrite doublée d’une manifestation de mansuétude appelant la bienveillance de la justice . Or cette bienveillance semble déjà par avance acquise du fait que ces comportements constatés, inadmissibles et surtout répréhensibles parce que délictueux,se répètent pour n’avoir pas été réprimés à temps pour raisons de lenteur habituelle inhérente à cette institution ,et deviennent progressivement une coutume ,situation nouvelle qui les rend impossibles à condamner ,dans le même esprit que le commode alibi de la crise ,des licenciements et du chômage . Et dire ,comme Bernard Thibault le patron de la CGT, qu ‘on n’est « quand même pas au Brésil où les chefs d’entreprise sont obligés d’utiliser des hélicoptères pour voyager de leur bureau à leur domicile » ou qu’ on n’est pas « en Colombie » ,laisse encore de la marge pour les optimistes,mais n’a rien de rassurant pour les pessimistes.. C’est donc sans grande surprise qu’un premier sondage effectué les 1er et 2 avril,voici deux semaines à peine, par l’institut CSA pour « Le Parisien » et « Aujourd’hui en France » nous aura appris que 45% des Français ,voire 55% selon un autre sondage BVA-BPI-Les Echos-France Info réitéré les 10 et 11 avril, approuvent ce qu’il convient d’appeler une chienlit fort préjudiciable à notre économie,et par voie de conséquence à notre niveau de vie, sans qu’ils s’en rendent bien compte,pour avoir sans aucun doute été , depuis longtemps et dès l’école,acquis à l’idée que dans notre pays rien ne peut-être obtenu sans « lutte » ,au point qu’on peut se demander si une entente tacite à propos de cet état d’esprit entre une bonne partie des patrons et les syndicats ne s’est pas ,au fil des décennies , conclue sur le dos des salariés et des consommateurs puisque dans beaucoup d’autres pays voisins de la France et à niveau de développement comparable, salariés et consommateurs s’en sont mieux tirés s’agissant de la progression de leurs conditions d’existence,en fait de leur niveau de vie, sans recourir à ce genre de « revendications sociales » à la française. On ne manquera pas de relever, au passage, cette évolution du pourcentage des approbateurs (de 45 à 55%) en à peine huit jours ,soit une augmentation de 10% qui pourra paraître suspecte à plus d’un observateur intransigeant,et c’est bien cela qui m’a fait utiliser le mot « manipulable » au début de cette note,sauf à envisager que les Français fassent une distinction entre le mot « acceptable » (pour la méthode d’action) dans la question du premier sondage et le mot « justifiées » (pour les séquestrations de cadres et de patrons ) dans le second,là où il n’y a aucune raison d’en faire puisque dans les deux cas il s’agit d’approbation des séquestrations. Dans ces conditions ,il y a tout lieu de penser que la promesse de Nicolas Sarkozy faite à Venelles restera sans suite,comme beaucoup d’autres faites depuis qu’il a été élu ,parce que la justice ne remplira pas correctement son rôle comme on a pu s’en rendre compte dans un passé récent chaque fois qu’il s’est agi d’affaires graves de sabotages ou de violences sur personnes impliquant des syndiqués ou des salariés n’appartenant à aucun syndicat ayant dépassé les bornes des méthodes traditionnelles et légales de revendication mais toutefois désavoués ,et pour cause ,par les syndicats pourtant tout heureux de pouvoir tirer bénéfice de leurs méfaits. Dans ces cas la justice aura su faire montre de clémence tout simplement pour,selon la formule habituelle, « préserver la paix sociale » ,une bonne excuse,soit dit en passant, maintes fois invoquée quand mille ou mille cinq cents « salariés » occupaient les abords immédiats de l’entrée principale ,voire les rues adjacentes , d’un tribunal où devait se juger une affaire de ce type ,pour ne pas faire oublier leur force de dissuasion .Mais en ces occasions jamais cependant des magistrats,par la voix de leurs syndicats, ne se sont plaints de voir leur institution subir des « pressions inadmissibles » comme ils le font systématiquement à l’encontre du président de la République ou de la ministre de la Justice dès que l’un ou l’autre ouvrent la bouche à propos de justice ou d’affaires scabreuses. Nul ne sera étonné alors que les victimes de ces agissements ,les patrons eux-mêmes ou leurs cadres ne portent jamais plainte ou ne le font que très rarement,parce qu’ils ont compris depuis fort longtemps que cela ne servirait à rien,que ce serait de l’argent et du temps perdus ,et que même si des syndicalistes ou leurs suppôts « incontrôlables » devaient être condamnés,ce ne serait que symboliquement puisque ,de toute façon, l’élection d’un nouveau président de gauche,dans trois,huit ou treize ans fournirait à celui-ci la ressource d’amnistier de tels condamnés,comme cela s’était produit avec l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981. L’envers du décor ,que ne semblent pas percevoir les Français parce que personne n’ose s’aventurer à ramer contre les sondages et l’esprit ambiant en essayant de leur faire comprendre la gravité de ces actes délictueux qu’ils tolèrent,comprennent,expliquent ou encouragent ,est qu’une vaste entreprise de désindustrialisation de leur pays avec les pertes d’emplois conséquentes est en train de se dérouler sous leurs yeux et qu’elle est surtout le fait de sociétés étrangères,surtout américaines,japonaises ou allemandes , qui ont désormais mis sans doute définitivement dans leurs organigrammes une croix sur la France quitte à passer leurs investissements non déménageables et récupérables à pertes et profits ,comme on dit coutumièrement. Et celles , hésitantes, qui ne l’ont pas encore fait ont certainement l‘intention secrète de le faire dans l’attente d’avoir trouvé la solution la plus judicieuse et le moment le plus opportun pour y parvenir ,si un holà n’est pas mis rapidement et fermement à cette situation cauchemardesque qui mènera insensiblement la France à la ruine,parce que les conséquences pour l’emploi n’en sont pas que ponctuelles ou locales lors de la fermeture d’un site spécifique,les effets secondaires ne se manifestent en réalité qu’ultérieurement et avec décalage quand les partenaires ou sous-traitants installés sur notre territoire commencent à subir par à-coups répétés les baisses d’activités dues à ces départs ou disparitions. Au vu de l’état de délabrement actuel de la France et quand on pense que voici presque dix ans,du 16 au 18 décembre 1999 ,Lionel Jospin,alors Premier ministre , était allé palabrer au Japon devant des journalistes ,des universitaires ou des politiciens lors d’un symposium initié par le journal « Nikkei » ,puis devant le Keidanren ,le Médef japonais ,puisqu’il y a aussi des patrons au Japon, pour leur vanter l’attrait de la France et son modèle ,et que dans son gouvernement on retrouvait ,entre autres, Martine Aubry et Ségolène Royal qui aujourd’hui condamnent mais « comprennent » c’est à dire approuvent les exploits des séquestreurs , espérant sans doute mettre en difficulté le président de la République,le gouvernement et la majorité actuelle, il faut déjà avoir une bonne dose d’inconscience et d’irresponsabilité de la part de ces éminentes dames, qui aspirent l’une ouvertement,l’autre secrètement à la fonction présidentielle. Quant à Martine Lignières-Cassou,la députée maire de Pau,de la même trempe socialiste ,avait-t-elle vraiment conscience de la stupidité de sa démarche qui consistait,lundi dernier, à faire la grève de la faim pour une journée seulement ce qui n‘est pas une performance en la matière,précisément pour protester contre la fermeture de l’usine Acetex,encore des Américains, qui emploie 350 personnes à Pardies ,dans les Pyrénées- Atlantiques. Et s’il n’y avait que les séquestrations de patrons!Faut-il donner d’autres exemples de spécificités françaises,comme les blocages de facultés,les sabotages de voies ferrées ou plus simplement leur occupation dans les gares empêchant les trains de partir,les coupures de gaz ,les rackets aux péages autoroutiers,les fauchages ou arrachages de cultures expérimentales qui se pratiquent à visage découvert au vue de tous... « La France est un territoire attractif » aviez-vous dit ,Monsieur Jospin,aux patrons japonais! Alors :Attractif, attrape-nigauds ou épouvantail? |
10:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualités, france, sarkozy, jospin, aubry, royal, séquestrations


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