12 mai 2009

L’Union Européenne peut-elle être davantage qu’un « service minimum »?

Samedi dernier, 9 mai 2009 ,c’était la « Journée de l’Europe » . Une journée qui,pour beaucoup de Français , aura ressemblé ni plus ni moins aux autres,les laissant totalement indifférents,sans qu’ils aient pu ressentir la moindre fierté d’ appartenir à l’Union Européenne, cette « grande puissance » -sur le papier seulement- faite d’un rapiéçage de 27 pays d’importance fort inégale où l’on ne compte pas moins de 23 langues pour une population globale avoisinant les 500 millions d’habitants,et qui aspire toujours à s’agrandir,donnant désormais par là même l’impression qu’elle constitue un attrait irrésistible pour les pays économiquement moins évolués,par conséquent à niveau de vie moins élevé,et géographiquement situés à ses confins.

Sauf erreur , et pour l’occasion,aucun sondage n’a été réalisé qui aurait pu indiquer combien de nos compatriotes sont à ce jour capables de citer le nom du pays -la République Tchèque- à qui la France a refilé le flambeau le 1er janvier de cette année pour assurer la présidence tournante de cette « nébuleuse » ,ni le nom de son président -Vaclav Klaus- ,encore moins celui de sa capitale -Prague-,sans aller jusqu’à inviter chaque sondé à citer le nombre et les noms des députés européens qu’il a en mémoire parmi les 785 élus qui siègent actuellement à Strasbourg,pour lui éviter la crise de nerfs. Peut-être que les enseignements d’ un tel sondage eussent été trop décevants ,et surtout la preuve que les Français,tout autant que les habitants des autres pays membres,ne semblent guère enthousiastes à l’idée européenne.

Aussi ,en considération de ce peu d’enthousiasme confirmé lors de plusieurs référendum qui y ont été organisés à des dates diverses ,notamment au Danemark,aux Pays-Bas,en Irlande (dernier en date 12 juin 2008),et en France (un certain 29 mai 2005) ,où les « Non » l’ont emporté contre les « Oui » qui étaient la réponse espérée par eux,les eurocrates ne devraient pas afficher une grande satisfaction s’agissant de leur oeuvre, étant les derniers à ne pas vouloir reconnaître que « leur » Europe,celle des institutions innombrables et clairsemées dans divers pays membres, n’apporte pas de réponse satisfaisante aux problèmes existentiels -chômage,sécurité,approvisionnement énergétique,environnement - des ressortissants des pays qui la composent,à trop vouloir imposer,au besoin,pour les récalcitrants ,en leur infligeant condamnations ou amendes, des réglementations aussi surprenantes que tatillonnes et ce dans tous les domaines,des mises aux normes coûteuses en investissements pour ceux qui créent de la richesse, des quotas voire des interdictions de production ou de récoltes pas nécessairement justifiés,tout simplement parce que la recherche de débouchés aux productions,hors de l’espace européen n‘a jamais semblé être une priorité.

Il reste donc dans beaucoup d’esprits comme l’impression que cette Europe là ne fonctionne pas spontanément comme attendu,mais plus sûrement à coups de bâtons. Et c’est malheureusement ainsi depuis sa création,en 1957 où s’étaient regroupés sous l’appellation de « Marché Commun » seulement six pays membres fondateurs que la proximité géographique et culturelle rendait « associables » ,à savoir l’Allemagne (amputée de sa partie orientale jusqu‘à la chute du Mur de Berlin ) ,la Belgique,la France,l’Italie,le Luxembourg et les Pays-Bas. Cette association était initialement à vocation essentiellement économique. Puis,après quelques années de rodage, il devait s'avérer que l'amélioration escomptée des conditions d'existence des ressortissants des pays «unis» et devant résulter de cette «union» tardait à se réaliser ,surtout que celle constatée n'était pas perçue comme découlant de cette union ou de ce «marché» de 175 millions de consommateurs. Les dirigeants des entreprises de chaque pays pensaient y trouver des débouchés multipliables par le rapport de la population de leur propre pays sur celle du nouvel ensemble,en oubliant ,toutefois, que leurs homologues des pays partenaires caressaient le même espoir,ce qui ne pouvait qu'apporter désillusion et fausser leurs projets de développement. Alors les «partisans et promoteurs» de l'Europe,pères spirituels et aussi, dans une moindre mesure,pères physiques des actuels eurocrates, se résolvaient à faire rentrer dans les esprits qu'une Europe à huit,serait meilleure qu'à six,puis à dix qu'à huit,puis à douze qu'à dix,puis à quinze qu'à douze,puis à 25 qu'à quinze,enfin à 27 qu‘à 25! Si bien qu’aujourd’hui,cinquante-deux ans après, cet ensemble est devenu ingérable,les crises succédant aux crises chaque fois qu’un problème nouveau posé par un seul ou plusieurs pays est à résoudre.

Les prochaines élections qui auront lieu le 7 juin ,dans moins de quatre semaines, pour le renouvellement des membres du Parlement européen au terme d’ une campagne électorale qui vient de démarrer timidement et dans un climat de morosité bien compréhensible ,faute d’idées nouvelles et de circonstance en cette période de panne économique généralisée ,dite « crise » , contre laquelle cette Union Européenne armée avec son Euro était censée nous prémunir, devraient nous démontrer que la majeure partie des politiciens qui croient ou font semblant de croire à une Europe génératrice de prospérité ne se seront activés en réalité qu’à demander aux électeurs de leur attribuer des « places » ou,pour les sortants, de les confirmer à ces « places »,plutôt bonnes et aux allures de parachutes dorés par les temps qui courent,s’il faut en croire que pour vingt ou vingt-cinq futurs « heureux » élus,la direction du parti socialiste français aura eu à choisir ,pour garnir ses listes en vue de ce scrutin,parmi plus de 1000 candidatures.

Il serait vain de chercher ailleurs les causes du profond désintérêt pour la « chose » européenne de la part des électeurs,amusés accessoirement par les inepties de Daniel Cohn-Bendit qui joue gagnant électoralement en vagabondant au gré des vents, candidat un coup en Allemagne un autre en France .Par ailleurs les plus avisés des électeurs inscrits,mais par forcément votants, se rappelleront qu’il n’ aura pas fallu moins de sept ans à ce mastodonte bureaucratique qu’est l’Union Européenne pour laisser à la France ,et sous conditions,la liberté de décider du taux de la TVA applicable à la restauration,alors que ce secteur d’activité fournit des prestations et services qui ne sont ni exportables ni susceptibles de créer une entrave concurrentielle vis à vis de leurs homologues étrangers ,cette affaire étant strictement française et n’impliquant que les contribuables français par effet de vases communicants, le moins perçu des uns devant être récupéré sur les autres pour l’équilibre final du budget. Alors que dans le même temps , le RSA (revenu de solidarité active) institué récemment par Martin Hirsch nécessitant pour son financement un accroissement ,modeste certes,des prélèvements obligatoires (impôts) n’aura soulevé aucune objection de la part de la Commission de Bruxelles ou d’une quelconque autre instance européenne. Ce qui autorise à envisager l’Union Européenne comme une gardienne du temple plus coulante à l’égard d’un pays quand il élève ses prélèvements que lorsqu’il les baisse.

Ainsi, à défaut de s’ imposer elle-même une discipline budgétaire stricte à l’instar de certains pays vertueux ,la France en est arrivée, au fil des décennies, à la situation peu enviable « d’enfer fiscal » ,où ,pour ne citer qu’un exemple,le taux du prélèvement libératoire sur les intérêts de placements d’argent limité initialement à 15% dans ce qui s’appelait alors la CEE -Communauté Economique Européenne- se retrouve à ce jour majoré à hauteur de 18% à quoi se sont ajoutés par petites doses successives , au fil des alternances et des majorités , pas moins de cinq prélèvements complémentaires exceptionnels et portant nom « Contribution de solidarité » (0,30%) , «RDS » (0,50%) ,« RSA » (1,10%) , « Prélèvement social » (2%) ,« CSG » (8,20%) ,ce qui fait un total de 30,10% ! Du social,rien que du social et encore du social!
A l’inverse des pays comme la Belgique,le Luxembourg,ou l’Autriche qui sont aussi proches de la France que ce pays n’est éloigné des Caraïbes,se retrouvent sur la « liste grise » des pays présumés ne pas coopérer suffisamment à la lutte contre les « paradis fiscaux » , par le seul fait d’avoir été vertueux question dépenses publiques ,sans avoir jamais eu l’intention d’attirer les fraudeurs d’autres pays.

En clair,cela signifie qu’il suffira bientôt de sortir de France pour se retrouver inconsciemment dans un paradis fiscal.

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