18 mai 2009
Deux ans de présidence Sarkozy et une France malheureuse
Il y est précisé en outre que « les socialistes dénoncent avec force ce bilan catastrophique,chiffres et faits à l’appui » ce qui,venant d’eux, ne surprendra personne ,mais qu’ils ne font « pas que critiquer ».Ils « proposent » une « autre politique ...possible et crédible... » qui « existe » , la leur! Très bien. Si les prochaines législatives devaient se tenir dans six mois ou un an ,nous pourrions considérer ce document comme un quasi programme de législature,à la fois le père Noël et le père Fouettard , sur lequel j’aurai l’occasion de revenir ultérieurement,tellement il comporte d’inepties tant au niveau de l’ analyse des causes de l’échec présumé de Nicolas Sarkozy qu’à celui de leurs propositions pour en effacer les méfaits. Tout y passe : pouvoir d’achat,plan de relance,bouclier fiscal,fiscalité écologique,rémunération des patrons,effectifs des hôpitaux, école,université,recherche,banlieues,retraites,service public,poste,laïcité,sécurité,libertés publiques,immigration,justice,prisons,presse,médias,collectivités territoriales,présidence française de l’Union européenne,grandes lignes des propositions socialistes pour les élections européennes,OTAN,et droits de l’homme pour finir,bien évidemment. Ce n’est finalement que du réchauffé,en somme,avec quelques nouveaux assaisonnements inspirés par la « crise » actuelle ,puisque nos amis socialistes ont été au pouvoir ,depuis mai 1981,durant trois législatures complètes de cinq années chacune. Ceux des Français qui votent et qui les ont connus tels qu’ils se comportaient lorsqu ils étaient ,en tant que membres du principal parti d’une coalition de gauche majoritaire, soit au gouvernement ,soit au Parlement -Sénat ou Assemblée Nationale- pour en soutenir l’action, se rappellent encore d’eux,de leurs bons sentiments,de leurs grandes vertus morales ,de leur propension à saupoudrer des gâteries ,en résumé, du générosisme qu’ils incarnent . Malheureusement,pour eux, nos compatriotes ne sont plus aussi naïfs qu’ils pouvaient l’être au printemps 1981 lorsque leur furent présentées les fameuses « 110 propositions » du candidat Mitterrand censées leur offrir une France meilleure que celle connue durant les 23 années successives -depuis 1958- de gouvernance d’une droite vilipandée comme hégémonique,austère,avare,triste,et à la limite fascisante avec ses « braillards » un jour pointés du doigt par un certain ministre de l’économie de François Mitterrand nommé Jacques Delors...dans le civil papa de l’actuelle première secrétaire du PS. De plus ,une écrasante majorité de régions et , à un degré moindre, de départements sont actuellement présidés soit par des leurs,soit par des alliés politiques traditionnels ou de circonstance. L’action de ceux-ci peut donc être appréciée sur le vif ,dans le même temps que celle de Nicolas Sarkozy et sous les mêmes conditions de conjoncture économique , de température et de pression comme on dit en physique,sauf qu’ils n’ont pas ,sinon que très rarement, à faire face à des vents contraires comme les manifestations,les grèves ou les pressions médiatiques à coup de sondages plus ou moins crédibles. Cela peut donner une idée assez affinée de ce qu’ils feraient une fois au gouvernement après des législatives d’où ils sortiraient vainqueurs. Certes,on voudra bien admettre en toute honnêteté qu’après deux ans de présidence Nicolas Sarkozy ne nous a pas encore rendu la France comme il le souhaitait ou s’y était engagé lors de sa campagne électorale ou même qu'il semble mal parti pour y parvenir. C’est sûr. Mais « pas seulement à cause de la crise » parce qu’ il faut reconnaître également qu’il aura dû surmonter,au cours de ces deux dernières années, beaucoup d’embûches et d’obstacles auxquels il ne s’attendait certainement pas,au plan intérieur, de la part des socialistes et leur alliés,qui ont beau jeu à critiquer et à dénoncer « avec force » son « bilan catastrophique » et qui,quoiqu’ils disent, n’ont pas été privés des droits que leur confère la Constitution,ayant abusé et même plus qu’abusé de dépôts d’amendements et de recours dilatoires devant le Conseil Constitutionnel,sans compter l’appui indéniable et fort pratique de la rue ou d’autorités morales ne reflétant pas nécessairement le suffrage universel ,pour mettre en échec ou faire édulcorer des réformes qui n‘auront jamais pu être réalisées dans leur mouture initiale,quand bien même la mise en application de telles réformes supposées être viables et efficaces n‘aurait cependant pas causé de dégâts irrémédiables,pour autant qu‘une majorité nouvelle,en France, a toujours pu défaire, légalement, ce qu‘une majorité précédente avait fait. Il suffisait que le peuple vote en ce sens aux législatives qui se tiennent régulièrement quand elles ne sont pas anticipées à la suite d’une dissolution. S’il en va différemment pour la gestion des régions , des départements ou des communes ,où nos bons socialistes sont fort bien installés comme dit plus haut et où une chambre unique de représentants élus du peuple décide pratiquement sans contre-pouvoir obstruant,du premier au dernier jour du mandat électif de ses membres, tout ne s’y déroule pas aussi bien qu’ils le voudraient , contrairement à ce qu’ils annoncent dans leurs publications régionales ou départementales initialement à vocation informative,mais devenues de plus en plus propagandistes à considérer que les aspects négatifs de leur gestion y tiennent beaucoup moins de place que ce qu’ils considèrent comme des réussites. Sans se forcer outre mesure à chercher ,il est facile,au niveau des collectivités territoriales qu‘ils gèrent, de constater ponctuellement parfois « absence de résultats » et « échec du point de vue même des objectifs », toutefois sur une ampleur moindre qu’au niveau national . Dans le fameux « bilan » sus évoqué, page 21,les socialistes proposent « la mise en chantier dans les deux ans de 300.000 logements sociaux ». Au demeurant c’est très bien ,c’est formidable mais le problème est que des objectifs de ce type ne sont jamais atteints,parce qu’il se trouve toujours dans un pays comme la France,autoproclamé si souvent « État de droit », des gens qui, par inertie,incompétence ou irresponsabilité, empêchent la « machine » de fonctionner normalement ,en plus d’évènements fortuits extérieurs comme la météo,la conjoncture économique ou sociale ou la survenue accidentelle d’autres priorités du fait de contraintes budgétaires. Aussi voudrais-je pour preuve rapporter ici deux exemples récents et locaux qui illustrent assez bien l’inertie administrative,la paralysie par artifices judiciaires,les retards dans l’exécution de certains investissements de création ou de rénovation pour faire remarquer que les socialistes sont assez mal placés pour critiquer le plan de relance engagé par Nicolas Sarkozy contre la « crise » et qui selon eux ne donne aucun résultat concret à ce jour ou est nettement insuffisant quant au montant des capitaux en jeux. Dans le premier exemple ,celui de la remise en service d’un gymnase à Baume-les-Dames (photos ci-dessous) dans le Doubs (Est de la France),rien ou pratiquement rien n’a avancé depuis qu’une partie de son toit s’est effondrée « sans motif apparent » ,l’an dernier,le 23 avril 2008,c’est à dire bien avant le déclenchement de ce que les gens appellent communément la « crise » . Qu’il s’agisse de le restaurer ou de démolir ce qu’il en reste après sinistre pour en refaire un neuf ou quelconque autre réalisation,suivant ce que décideront les experts si cela n'est pas encore fait,la ville de Baume-les-Dames, propriétaire en principe, et les collectivités distribuant les subventions,après concertation avec les écoles ou associations sportives l'utilisant,il y a là du travail d'exécution et une demande de matériaux et fournitures qui doivent attendre et par conséquent des emplois à maintenir ,éventuellement à créer à cette occasion. Mais pour l’instant ça traîne et rien apparemment ne se fait. Second exemple,à une quarantaine de kilomètres de là toujours dans le département du Doubs,à Ornans, ville natale du peintre Gustave Courbet qui s’était distingué sous la Commune de Paris ,un musée portant son nom devait être restauré à l’initiative du Conseil Général qui en est le propriétaire. Durée des travaux prévue:deux ans. Après obtention du permis de construire l‘an passé ,avant la crise,pas moins de quatre recours gracieux ou en justice ont été engagés qui ont bloqué l’ouverture du chantier. Or la fermeture de ce musée ,désormais vide,nécessitée par les travaux de restauration en question avait été décidée,comme si tout devait marcher sur des roulettes,en éludant toute éventualité de tels recours. Le devis des travaux était assez conséquent,près de dix millions d‘Euros. Non seulement il y a là du travail d'exécution , des fournitures à commander et de l’emploi toujours en attente ,mais cette bévue va se traduire par une forte amputation des recettes touristiques au plan local puisque la réouverture du musée,après restauration si celle-ci est menée à son terme, va être automatiquement reportée au minimum d’une ou deux saisons touristiques . Mais pour l’instant ça traîne et rien apparemment ne se fait. Et pourtant le Conseil Général du Doubs est présidé par un socialiste,sénateur de surcroît. Ces deux exemples ,d’une extraordinaire banalité dans un pays comme la France ,impliquant des élus socialistes,n’auraient-ils pas dû conduire les auteurs du texte socialiste sur le bilan de Nicolas Sarkozy à un minimum de retenue ou à faire preuve d’un peu plus d’intelligence ou de discernement,voire d’honnêteté vis-à-vis des Français si on doit considérer que d’innombrables autres chantiers ou programmes du même type pour l’ensemble des départements bloqués ou empêchés pour des raisons identiques représentent des montants en jeu sans aucun doute plus importants que le plan de relance lui-même? Les élus de base de province du Parti socialiste ne feraient-ils pas remonter à leur direction parisienne les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien ou celle-ci, murée dans ses confortables bureau , se boucherait-elle les oreilles ? François Fillon ,Premier ministre,ne cesse de répéter ,quand il est attaqué sur l’inefficacité du plan de relance,qu’il faut un certain temps avant que les décisions se concrétisent sur le terrain. C’est cela qu’il faut entendre. Et pour terminer cette note ,page neuf de ce bilan -version socialiste- des deux premières années de Nicolas Sarkozy, je lis également ceci :« Les socialistes proposent -exiger le remboursement par les entreprises qui licencient de toutes les aides publiques perçues dans les cinq dernières années. » Pour le commun des mortels une telle mesure pourrait correspondre à une sanction qui irait de soi,en théorie seulement,d’une théorie qui trouverait sans aucun doute un accueil plus que favorable sous des préaux d’école. Je ne suis,ni n’ai jamais été chef d’entreprise,mais,pour avoir été en contact avec beaucoup d’entre eux dans ma vie, je peux quand même poser cette question ainsi formulée : « Quel chef d’entreprise avisé ,dans l’ environnement économique et social que nous connaissons actuellement et où ,pour une période indéterminée autant qu’impossible à en prévoir l’issue, règne le brouillard le plus total,oserait demander ou accepterait de recevoir une aide publique,en contrepartie de la réalisation d’investissements créateurs d’emplois,avec sur sa tête l’épée de Damoclès que constituerait,à tout moment pour lui , le risque de devoir la rembourser si ses coûts de production devaient lui faire perdre sa compétitivité et par conséquent ses débouchés,l’amenant à licencier inéluctablement, par suite de contraintes dépassant le cadre de sa liberté d‘action ? ». La mise en application d’une telle règle aussi insensée ne ferait-elle pas qu’aggraver le chômage,si ce n’est pas déjà en voie de se produire par le seul fait d’avoir été annoncée comme envisageable ? Que les dites aides soient refusées pour l’avenir à un chef d’entreprise ayant été amené à licencier peut tout à fait se concevoir,mais pas ,par contre, que soit exigé le remboursement de celles reçues avec la garantie initiale qu’elles lui étaient définitivement acquises . Qui désormais dans cette dernière hypothèse où il ne serait plus possible de contracter faute d’espérer voir les contrats honorés voudrait encore investir et créer conséquemment de nouveaux emplois ? Si c’était pour en arriver là ne vaudrait-il pas mieux abandonner tout simplement cette pratique des aides publiques et laisser les entrepreneurs libres de se débrouiller eux-mêmes plutôt que les inciter à courir auprès des administrations et organismes divers pour essayer de décrocher des aides,qui en réalité ne le seraient pas du tout? N’est-ce pas là pour les Français la démonstration que leurs socialistes ont encore beaucoup à apprendre des gens et de l’univers de l’entreprise pour envisager sérieusement de se proposer à gouverner la France? |
09:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actualités, france, politique, sarkozy, ps



Commentaires
la politique dans notre monde actuel est devenue une parodie du cirque des annees 50
Ecrit par : emule | 19 mai 2009
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