29 mai 2009

Européennes:Vincent Peillon ,un parachutage réussi à Marseille

Devenu Marseillais à la faveur des prochaines européennes du 7 juin,la «  capacité à aller sur le terrain » de Vincent Peillon est extraordinaire .Cet homme «  ne recule devant rien ».C’est la « première secrétaire » du Parti socialiste , Martine Aubry ,qui l’a affirmé mardi 19 mai devant les élus et les militants socialistes marseillais et des environs ,dont les plus éminents,Patrick le directeur de campagne local qu‘on aime parce qu‘il est « capable de faire des discours » ou de « donner un coup à boire »,Eugène qu‘elle appelle son « cher collègue » parce qu‘il a gagné la communauté urbaine,Michel qui a été un très proche de François Mitterrand et Jean-Noël gardé pour la fin « à tout seigneur,tout honneur » , auront eu droit,à cette occasion, à une bonne couche de pommade chacun à leur tour ,pour mieux digérer la désignation comme tête de liste pour la circonscription Sud-Est, au détriment d’un des leurs, de l’ex-chti député européen sortant et ex-porte-parole de la campagne présidentielle de Ségolène Royal ,une tâche qui lui convenait à merveille quand on sait l’aisance qu’il a devant une assemblée ou face à des contradicteurs , parlant plus souvent qu’à son tour, le baratin étant en politique un précieux atout qui impressionne lorsqu’on l’entend pour la première fois,mais qui ressemble à un plat réchauffé ou à du rabâchage au meeting du lendemain ou de la semaine suivante.
Ainsi écouter Martine Aubry le 19 mai à Marseille,c’est déjà savoir par avance ce qu’elle racontera le 27 mai en termes quasi identiques mais pas forcément dans le même ordre chronologique à son auditoire de Rézé près de Nantes,seules les têtes des figurants sur le podium derrière elle changeant .

Vincent présenté à Marseille par Martine Aubry comme un homme de terrain! Et comment ! Vincent ,le « défricheur d’idées », a fait du canoë-kayak dans les gorges de l’Ardèche. Mieux,à ce qu’il est même « revenu » à Martine,mais « c’est à vérifier » ,car elle n‘aura pas voulu le croire, tellement cela aura été une difficulté entre elle et lui ,Vincent se sera permis , avec l’écharpe de l’AS Saint Etienne de crier « Allez les verts » contre le LOSC ( le club de football lillois) le 18 avril dernier ,et finalement l‘équipe de Lille a perdu! Catastrophe... . C’est « la seule chose qu’elle a à lui reprocher » !

Ces hauts faits n’ illustrent-ils pas à merveille cette réflexion écrite par Gérard Collomb ,le maire socialiste de Lyon, sur son blog le 1er mars de cette année,au moment même de la constitution des listes par la direction du Parti socialiste : 

« Je pense que les électeurs seront sans doute surpris de l’intérêt soudain d’un certain nombre de personnalités pour leurs territoires. Ils le seront également de voir qu’un certain nombre d’élus proches d’eux ont été écartés de ces listes ».

Si c’est cela représenter les électeurs ,est-il besoin d’aller chercher ailleurs les causes du désintérêt croissant depuis quelques semaines de ceux-ci pour la campagne qui se déroule actuellement et de celui fort probable pour ce scrutin le 7 juin ?

18 mai 2009

Deux ans de présidence Sarkozy et une France malheureuse

 
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« Deux ans de Nicolas Sarkozy  l’échec »:tel est le titre d’un  condensé  de l’action déployée par Nicolas Sarkozy au cours des deux premières années de son quinquennat,concocté par le Parti socialiste , tenant en un document de 32 pages consultable sur son site internet officiel où il est annoncé à la page d’accueil de ce site (l’échec) par un communiqué en date du 5 mai 2009,c’est à dire la veille du deuxième anniversaire de l’ élection de notre actuel président de la République qui débute tout de go en ces termes : « Deux ans après l’élection de Nicolas Sarkozy,les faits sont sans appel. La situation de la France en mai 2009 est pire qu’en mai 2007,et pas seulement à cause de la crise. L’absence de résultats est le principal trait de sa présidence... »
Il y est précisé en outre que  «  les  socialistes dénoncent avec force ce bilan catastrophique,chiffres et faits à l’appui » ce qui,venant d’eux, ne surprendra personne ,mais qu’ils ne font «  pas que critiquer ».Ils « proposent » une « autre politique ...possible et crédible... » qui « existe » , la leur!

Très bien.
Si les prochaines législatives devaient se tenir dans six mois ou un an ,nous pourrions considérer ce document comme un quasi programme de législature,à la fois le père Noël et le père Fouettard , sur lequel j’aurai l’occasion de revenir ultérieurement,tellement il comporte d’inepties tant au niveau de l’ analyse des causes de l’échec présumé de Nicolas Sarkozy qu’à celui de leurs propositions pour en effacer les méfaits. Tout y passe : pouvoir d’achat,plan de relance,bouclier fiscal,fiscalité écologique,rémunération des patrons,effectifs des hôpitaux, école,université,recherche,banlieues,retraites,service public,poste,laïcité,sécurité,libertés publiques,immigration,justice,prisons,presse,médias,collectivités territoriales,présidence française de l’Union européenne,grandes lignes des propositions socialistes pour les élections européennes,OTAN,et droits de l’homme pour finir,bien évidemment.

Ce n’est finalement que du réchauffé,en somme,avec quelques nouveaux assaisonnements inspirés par la « crise » actuelle ,puisque nos amis  socialistes ont été au pouvoir ,depuis mai 1981,durant trois législatures complètes de cinq années chacune. Ceux des Français qui votent et qui les ont connus tels qu’ils se comportaient lorsqu ils étaient ,en tant que membres du principal parti d’une coalition de gauche majoritaire, soit au gouvernement ,soit au Parlement -Sénat ou Assemblée Nationale- pour en soutenir l’action, se rappellent encore d’eux,de leurs bons sentiments,de leurs grandes vertus morales ,de leur propension à saupoudrer des gâteries ,en résumé, du générosisme qu’ils incarnent .
Malheureusement,pour eux, nos compatriotes ne sont plus aussi naïfs qu’ils pouvaient l’être au printemps 1981 lorsque leur furent présentées les fameuses « 110 propositions » du candidat Mitterrand censées leur offrir une France meilleure que celle connue durant les 23 années successives -depuis 1958- de gouvernance d’une droite vilipandée comme hégémonique,austère,avare,triste,et à la limite fascisante avec ses « braillards » un jour pointés du doigt par un certain ministre de l’économie de François Mitterrand nommé Jacques Delors...dans le civil papa de l’actuelle première secrétaire du PS.
De plus ,une écrasante majorité de régions et , à un degré moindre, de départements sont actuellement présidés soit par des leurs,soit par des alliés politiques traditionnels ou de circonstance. L’action de ceux-ci peut donc être appréciée sur le vif ,dans le même temps que celle de Nicolas Sarkozy et sous les mêmes conditions de conjoncture économique , de température et de pression comme on dit en physique,sauf qu’ils n’ont pas ,sinon que très rarement, à faire face à des vents contraires comme les manifestations,les grèves ou les pressions médiatiques à coup de sondages plus ou moins crédibles. Cela peut donner une idée assez affinée de ce qu’ils feraient une fois au gouvernement après des législatives d’où ils sortiraient vainqueurs.

Certes,on voudra bien admettre en toute honnêteté qu’après deux ans de présidence Nicolas Sarkozy ne nous a pas encore rendu la France comme il le souhaitait ou s’y était engagé lors de sa campagne électorale ou même qu'il semble mal parti pour y parvenir. C’est sûr. Mais « pas seulement à cause de la crise » parce qu’ il faut reconnaître également qu’il aura dû surmonter,au cours de ces deux dernières années, beaucoup d’embûches et d’obstacles auxquels il ne s’attendait certainement pas,au plan intérieur, de la part des socialistes et leur alliés,qui ont beau jeu à critiquer et à dénoncer « avec force » son « bilan catastrophique » et qui,quoiqu’ils disent, n’ont pas été privés des droits que leur confère la Constitution,ayant abusé et même plus qu’abusé  de dépôts d’amendements et de recours dilatoires devant le Conseil Constitutionnel,sans compter l’appui indéniable et fort pratique de la rue ou d’autorités morales ne reflétant pas nécessairement le suffrage universel ,pour mettre en échec ou faire édulcorer des réformes qui n‘auront jamais pu être réalisées dans leur mouture initiale,quand bien même la mise en application de telles réformes supposées être viables et efficaces n‘aurait cependant pas causé de dégâts irrémédiables,pour autant qu‘une majorité nouvelle,en France, a toujours pu défaire, légalement, ce qu‘une majorité précédente avait fait. Il suffisait que le peuple vote en ce sens aux législatives qui se tiennent régulièrement quand elles ne sont pas anticipées à la suite d’une dissolution.
S’il en va différemment pour la gestion des régions , des départements ou des communes ,où nos bons socialistes sont fort bien installés comme dit plus haut et où une chambre unique de représentants élus du peuple décide pratiquement sans contre-pouvoir obstruant,du premier au dernier jour du mandat électif de ses membres, tout ne s’y déroule pas aussi bien qu’ils le voudraient , contrairement à ce qu’ils annoncent dans leurs publications régionales ou départementales initialement à vocation informative,mais devenues de plus en plus propagandistes à considérer que les aspects négatifs de leur gestion y tiennent beaucoup moins de place que ce qu’ils considèrent comme des réussites. Sans se forcer outre mesure à chercher ,il est facile,au niveau des collectivités territoriales qu‘ils gèrent, de constater ponctuellement parfois « absence de résultats » et « échec du point de vue même des objectifs », toutefois sur une ampleur moindre qu’au niveau national .

Dans le fameux « bilan » sus évoqué, page 21,les socialistes proposent « la mise en chantier dans les deux ans de 300.000 logements sociaux ». Au demeurant c’est très bien ,c’est formidable mais le problème est que des objectifs de ce type ne sont jamais atteints,parce qu’il se trouve toujours dans un pays comme la France,autoproclamé si souvent « État de droit », des gens qui, par inertie,incompétence ou irresponsabilité, empêchent la « machine » de fonctionner normalement ,en plus d’évènements fortuits extérieurs comme la météo,la conjoncture économique ou sociale ou la survenue accidentelle d’autres priorités du fait de contraintes budgétaires.
Aussi voudrais-je pour preuve rapporter ici deux exemples récents et locaux qui illustrent assez bien l’inertie administrative,la paralysie par artifices judiciaires,les retards dans l’exécution de certains investissements de création ou de rénovation pour faire remarquer que les socialistes sont assez mal placés pour critiquer le plan de relance engagé par Nicolas Sarkozy contre la « crise » et qui selon eux ne donne aucun résultat concret à ce jour ou est nettement insuffisant quant au montant des capitaux en jeux.

Dans le premier exemple ,celui de la remise en service d’un gymnase à Baume-les-Dames (photos ci-dessous) dans le Doubs (Est de la France),rien ou pratiquement rien n’a avancé depuis qu’une partie de son toit s’est effondrée « sans motif apparent » ,l’an dernier,le 23 avril 2008,c’est à dire bien avant le déclenchement de ce que les gens appellent communément la « crise » . Qu’il s’agisse de le restaurer ou de démolir ce qu’il en reste après sinistre pour en refaire un neuf ou quelconque autre réalisation,suivant ce que décideront les experts si cela n'est pas encore fait,la ville de Baume-les-Dames, propriétaire en principe, et les collectivités distribuant les subventions,après concertation avec les écoles ou associations sportives l'utilisant,il y a là du travail d'exécution et une demande de matériaux et fournitures qui doivent attendre et par conséquent des emplois à maintenir ,éventuellement à créer à cette occasion. Mais pour l’instant ça traîne et rien apparemment ne se fait.

Second exemple,à une quarantaine de kilomètres de là toujours dans le département du Doubs,à Ornans, ville natale du peintre Gustave Courbet qui s’était distingué sous la Commune de Paris ,un musée portant son nom devait être restauré à l’initiative du Conseil Général qui en est le propriétaire. Durée des travaux prévue:deux ans. Après obtention du permis de construire l‘an passé ,avant la crise,pas moins de quatre recours gracieux ou en justice ont été engagés qui ont bloqué l’ouverture du chantier. Or la fermeture de ce musée ,désormais vide,nécessitée par les travaux de restauration en question avait été décidée,comme si tout devait marcher sur des roulettes,en éludant toute éventualité de tels recours. Le devis des travaux était assez conséquent,près de dix millions d‘Euros. Non seulement il y a là du travail d'exécution , des fournitures à commander et de l’emploi toujours en attente ,mais cette bévue va se traduire par une forte amputation des recettes touristiques au plan local puisque la réouverture du musée,après restauration si celle-ci est menée à son terme, va être automatiquement reportée au minimum d’une ou deux saisons touristiques . Mais pour l’instant ça traîne et rien apparemment ne se fait.
Et pourtant le Conseil Général du Doubs est présidé par un socialiste,sénateur de surcroît.

Ces deux exemples ,d’une extraordinaire banalité dans un pays comme la France ,impliquant des élus socialistes,n’auraient-ils pas dû conduire les auteurs du texte socialiste sur le bilan de Nicolas Sarkozy à un minimum de retenue ou à faire preuve d’un peu plus d’intelligence ou de discernement,voire d’honnêteté vis-à-vis des Français si on doit considérer que d’innombrables autres chantiers ou programmes du même type pour l’ensemble des départements bloqués ou empêchés pour des raisons identiques représentent des montants en jeu sans aucun doute plus importants que le plan de relance lui-même?
Les élus de base de province du Parti socialiste ne feraient-ils pas remonter à leur direction parisienne les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien ou celle-ci, murée dans ses confortables bureau , se boucherait-elle les oreilles ?
François Fillon ,Premier ministre,ne cesse de répéter ,quand il est attaqué sur l’inefficacité du plan de relance,qu’il faut un certain temps avant que les décisions se concrétisent sur le terrain. C’est cela qu’il faut entendre.
Et pour terminer cette note ,page neuf de ce bilan -version socialiste- des deux premières années de Nicolas Sarkozy, je lis également ceci :« Les socialistes proposent
-exiger le remboursement par les entreprises qui licencient de toutes les aides publiques perçues dans les cinq dernières années.
 »
Pour le commun des mortels une telle mesure pourrait correspondre à une sanction qui irait de soi,en théorie seulement,d’une théorie qui trouverait sans aucun doute un accueil plus que favorable sous des préaux d’école. Je ne suis,ni n’ai jamais été chef d’entreprise,mais,pour avoir été en contact avec beaucoup d’entre eux dans ma vie, je peux quand même poser cette question ainsi formulée :
« Quel chef d’entreprise avisé ,dans l’ environnement économique et social que nous connaissons actuellement et où ,pour une période indéterminée autant qu’impossible à en prévoir l’issue, règne le brouillard le plus total,oserait demander ou accepterait de recevoir une aide publique,en contrepartie de la réalisation d’investissements créateurs d’emplois,avec sur sa tête l’épée de Damoclès que constituerait,à tout moment pour lui , le risque de devoir la rembourser si ses coûts de production devaient lui faire perdre sa compétitivité et par conséquent ses débouchés,l’amenant à licencier inéluctablement, par suite de contraintes dépassant le cadre de sa liberté d‘action ? ».
La mise en application d’une telle règle aussi insensée ne ferait-elle pas qu’aggraver le chômage,si ce n’est pas déjà en voie de se produire par le seul fait d’avoir été annoncée comme envisageable ?

Que les dites aides soient refusées pour l’avenir à un chef d’entreprise ayant été amené à licencier peut tout à fait se concevoir,mais pas ,par contre, que soit exigé le remboursement de celles reçues avec la garantie initiale qu’elles lui étaient définitivement acquises . Qui désormais dans cette dernière hypothèse où il ne serait plus possible de contracter faute d’espérer voir les contrats honorés voudrait encore investir et créer conséquemment de nouveaux emplois ?
Si c’était pour en arriver là ne vaudrait-il pas mieux abandonner tout simplement cette pratique des aides publiques et laisser les entrepreneurs libres de se débrouiller eux-mêmes plutôt que les inciter à courir auprès des administrations et organismes divers pour essayer de décrocher des aides,qui en réalité ne le seraient pas du tout?

N’est-ce pas là pour les Français la démonstration que leurs socialistes ont encore beaucoup à apprendre des gens et de l’univers de l’entreprise pour envisager sérieusement de se proposer à gouverner la France?


 
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Le gymnase de Baume-les-Dames en aout 2008

 
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Le même gymnase en mai 2009

 
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L'affiche annonçant au public la fermeture du Musée Courbet pour cause de rénovation

 
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Ornans.La Loue, depuis le pont tout proche du Musée Courbet

 
ornans3.JPGOrnans.La Loue, depuis le même pont à la saison estivale

14 mai 2009

Les Français sont-ils capables de juger leurs hommes politiques?

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Un sondage réalisé par l’institut BVA rendu public le 10 mai 2007, nous apprenait que 54% des Français (contre 42% d'avis opposé ) jugeaient « mauvais » le bilan des douze années de présidence de Jacques Chirac,alors qu’il s’apprêtait à céder sa place à Nicolas Sarkozy six jours plus tard ,voici tout juste deux ans.

Le jour même et le lendemain de son départ,les 16 et 17 mai 2007,un autre sondage réalisé par « Opinionway » venait conforter et expliquer ce cinglant désaveu en faisant ressortir que 51% (contre 10 % ) de ces mêmes Français étaient convaincus que la situation de leur pays s’était détériorée au cours de ses deux mandats ,le premier de sept ans et le second de cinq, de 1995 à 2007,les 39% restant n’ayant constaté ni amélioration ni détérioration.

Et puis, assez singulièrement ,sans avoir fait quoi que ce soit durant ses deux premières années de retraite bien méritée et malgré des affaires judiciaires qui le touchent pour des faits antérieurs à son entrée à l‘Elysée,donc d'avant 1995 ,il s’est retrouvé ,dans un sondage IFOP paru dernièrement le jeudi 16 avril 2009 dans Paris-Match , hissé en tête d’un panel de personnalités politiques les plus populaires avec 74% de Français ayant « une bonne opinion de lui ».

Comprenne qui pourra!  

12 mai 2009

L’Union Européenne peut-elle être davantage qu’un « service minimum »?

Samedi dernier, 9 mai 2009 ,c’était la « Journée de l’Europe » . Une journée qui,pour beaucoup de Français , aura ressemblé ni plus ni moins aux autres,les laissant totalement indifférents,sans qu’ils aient pu ressentir la moindre fierté d’ appartenir à l’Union Européenne, cette « grande puissance » -sur le papier seulement- faite d’un rapiéçage de 27 pays d’importance fort inégale où l’on ne compte pas moins de 23 langues pour une population globale avoisinant les 500 millions d’habitants,et qui aspire toujours à s’agrandir,donnant désormais par là même l’impression qu’elle constitue un attrait irrésistible pour les pays économiquement moins évolués,par conséquent à niveau de vie moins élevé,et géographiquement situés à ses confins.

Sauf erreur , et pour l’occasion,aucun sondage n’a été réalisé qui aurait pu indiquer combien de nos compatriotes sont à ce jour capables de citer le nom du pays -la République Tchèque- à qui la France a refilé le flambeau le 1er janvier de cette année pour assurer la présidence tournante de cette « nébuleuse » ,ni le nom de son président -Vaclav Klaus- ,encore moins celui de sa capitale -Prague-,sans aller jusqu’à inviter chaque sondé à citer le nombre et les noms des députés européens qu’il a en mémoire parmi les 785 élus qui siègent actuellement à Strasbourg,pour lui éviter la crise de nerfs. Peut-être que les enseignements d’ un tel sondage eussent été trop décevants ,et surtout la preuve que les Français,tout autant que les habitants des autres pays membres,ne semblent guère enthousiastes à l’idée européenne.

Aussi ,en considération de ce peu d’enthousiasme confirmé lors de plusieurs référendum qui y ont été organisés à des dates diverses ,notamment au Danemark,aux Pays-Bas,en Irlande (dernier en date 12 juin 2008),et en France (un certain 29 mai 2005) ,où les « Non » l’ont emporté contre les « Oui » qui étaient la réponse espérée par eux,les eurocrates ne devraient pas afficher une grande satisfaction s’agissant de leur oeuvre, étant les derniers à ne pas vouloir reconnaître que « leur » Europe,celle des institutions innombrables et clairsemées dans divers pays membres, n’apporte pas de réponse satisfaisante aux problèmes existentiels -chômage,sécurité,approvisionnement énergétique,environnement - des ressortissants des pays qui la composent,à trop vouloir imposer,au besoin,pour les récalcitrants ,en leur infligeant condamnations ou amendes, des réglementations aussi surprenantes que tatillonnes et ce dans tous les domaines,des mises aux normes coûteuses en investissements pour ceux qui créent de la richesse, des quotas voire des interdictions de production ou de récoltes pas nécessairement justifiés,tout simplement parce que la recherche de débouchés aux productions,hors de l’espace européen n‘a jamais semblé être une priorité.

Il reste donc dans beaucoup d’esprits comme l’impression que cette Europe là ne fonctionne pas spontanément comme attendu,mais plus sûrement à coups de bâtons. Et c’est malheureusement ainsi depuis sa création,en 1957 où s’étaient regroupés sous l’appellation de « Marché Commun » seulement six pays membres fondateurs que la proximité géographique et culturelle rendait « associables » ,à savoir l’Allemagne (amputée de sa partie orientale jusqu‘à la chute du Mur de Berlin ) ,la Belgique,la France,l’Italie,le Luxembourg et les Pays-Bas. Cette association était initialement à vocation essentiellement économique. Puis,après quelques années de rodage, il devait s'avérer que l'amélioration escomptée des conditions d'existence des ressortissants des pays «unis» et devant résulter de cette «union» tardait à se réaliser ,surtout que celle constatée n'était pas perçue comme découlant de cette union ou de ce «marché» de 175 millions de consommateurs. Les dirigeants des entreprises de chaque pays pensaient y trouver des débouchés multipliables par le rapport de la population de leur propre pays sur celle du nouvel ensemble,en oubliant ,toutefois, que leurs homologues des pays partenaires caressaient le même espoir,ce qui ne pouvait qu'apporter désillusion et fausser leurs projets de développement. Alors les «partisans et promoteurs» de l'Europe,pères spirituels et aussi, dans une moindre mesure,pères physiques des actuels eurocrates, se résolvaient à faire rentrer dans les esprits qu'une Europe à huit,serait meilleure qu'à six,puis à dix qu'à huit,puis à douze qu'à dix,puis à quinze qu'à douze,puis à 25 qu'à quinze,enfin à 27 qu‘à 25! Si bien qu’aujourd’hui,cinquante-deux ans après, cet ensemble est devenu ingérable,les crises succédant aux crises chaque fois qu’un problème nouveau posé par un seul ou plusieurs pays est à résoudre.

Les prochaines élections qui auront lieu le 7 juin ,dans moins de quatre semaines, pour le renouvellement des membres du Parlement européen au terme d’ une campagne électorale qui vient de démarrer timidement et dans un climat de morosité bien compréhensible ,faute d’idées nouvelles et de circonstance en cette période de panne économique généralisée ,dite « crise » , contre laquelle cette Union Européenne armée avec son Euro était censée nous prémunir, devraient nous démontrer que la majeure partie des politiciens qui croient ou font semblant de croire à une Europe génératrice de prospérité ne se seront activés en réalité qu’à demander aux électeurs de leur attribuer des « places » ou,pour les sortants, de les confirmer à ces « places »,plutôt bonnes et aux allures de parachutes dorés par les temps qui courent,s’il faut en croire que pour vingt ou vingt-cinq futurs « heureux » élus,la direction du parti socialiste français aura eu à choisir ,pour garnir ses listes en vue de ce scrutin,parmi plus de 1000 candidatures.

Il serait vain de chercher ailleurs les causes du profond désintérêt pour la « chose » européenne de la part des électeurs,amusés accessoirement par les inepties de Daniel Cohn-Bendit qui joue gagnant électoralement en vagabondant au gré des vents, candidat un coup en Allemagne un autre en France .Par ailleurs les plus avisés des électeurs inscrits,mais par forcément votants, se rappelleront qu’il n’ aura pas fallu moins de sept ans à ce mastodonte bureaucratique qu’est l’Union Européenne pour laisser à la France ,et sous conditions,la liberté de décider du taux de la TVA applicable à la restauration,alors que ce secteur d’activité fournit des prestations et services qui ne sont ni exportables ni susceptibles de créer une entrave concurrentielle vis à vis de leurs homologues étrangers ,cette affaire étant strictement française et n’impliquant que les contribuables français par effet de vases communicants, le moins perçu des uns devant être récupéré sur les autres pour l’équilibre final du budget. Alors que dans le même temps , le RSA (revenu de solidarité active) institué récemment par Martin Hirsch nécessitant pour son financement un accroissement ,modeste certes,des prélèvements obligatoires (impôts) n’aura soulevé aucune objection de la part de la Commission de Bruxelles ou d’une quelconque autre instance européenne. Ce qui autorise à envisager l’Union Européenne comme une gardienne du temple plus coulante à l’égard d’un pays quand il élève ses prélèvements que lorsqu’il les baisse.

Ainsi, à défaut de s’ imposer elle-même une discipline budgétaire stricte à l’instar de certains pays vertueux ,la France en est arrivée, au fil des décennies, à la situation peu enviable « d’enfer fiscal » ,où ,pour ne citer qu’un exemple,le taux du prélèvement libératoire sur les intérêts de placements d’argent limité initialement à 15% dans ce qui s’appelait alors la CEE -Communauté Economique Européenne- se retrouve à ce jour majoré à hauteur de 18% à quoi se sont ajoutés par petites doses successives , au fil des alternances et des majorités , pas moins de cinq prélèvements complémentaires exceptionnels et portant nom « Contribution de solidarité » (0,30%) , «RDS » (0,50%) ,« RSA » (1,10%) , « Prélèvement social » (2%) ,« CSG » (8,20%) ,ce qui fait un total de 30,10% ! Du social,rien que du social et encore du social!
A l’inverse des pays comme la Belgique,le Luxembourg,ou l’Autriche qui sont aussi proches de la France que ce pays n’est éloigné des Caraïbes,se retrouvent sur la « liste grise » des pays présumés ne pas coopérer suffisamment à la lutte contre les « paradis fiscaux » , par le seul fait d’avoir été vertueux question dépenses publiques ,sans avoir jamais eu l’intention d’attirer les fraudeurs d’autres pays.

En clair,cela signifie qu’il suffira bientôt de sortir de France pour se retrouver inconsciemment dans un paradis fiscal.

04 mai 2009

Un 1er mai finalement assez peu exceptionnel

Pour une grande première impliquant les huit principaux syndicats de salariés bien connus pour ne pas toujours s‘entendre et sur la stratégie et sur les objectifs des luttes sociales qui constituent l‘essentiel de leur raison d‘être, le moins qu’on puisse dire est que cette mobilisation annoncée comme devant être exceptionnelle,voire historique,n’aura pas été une éclatante réussite,à en juger des chiffres des manifestants fournis tant par la police que par les directions de ces syndicats.

Depuis le 19 mars dernier et pour ce 1er mai qui dans la classe politique était attendu avec optimisme par les uns,à gauche,de Martine Aubry à Olivier Besancenot et avec pessimisme par les autres,à droite, notamment les membres du gouvernement dont les oreilles siffleraient,Bernard Thibault n’en finissait pas de compter et recompter le nombre des manifestations qui auraient lieu dans toute la France. Près de trois cents ! Deux cent quatre vingt trois,sauf erreur ou omission . On allait voir ce qu’on allait voir. Même l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac,Dominique de Villepin, qui avait dû céder sous la pression de la rue à une époque pas si lointaine dans l'affaire du CPE, avait cru bon d’ ajouter son grain de sel ,pressentant un « risque révolutionnaire » dans notre pays. Et comme si tout cela ne suffisait pas ,un sondage CSA pour « L’Humanité » publié opportunément la veille,le 30 avril, indiquait que 72% des Français soutenaient ou avaient de la sympathie pour cette journée de « mobilisation ».
Et puis rien de tout cela ne s’est produit ou presque rien:à la surprise générale les manifestants auront été beaucoup moins nombreux que le 19 mars ou le 29 janvier!

Comment expliquer le phénomène?
Lassitude?Motivation moindre malgré l‘accentuation de la tension sociale?Prise de conscience,un peu tardive, que les deux manifestations précédentes n’avaient servi à rien?Priorité accordée au long week-end bien que trois autres se profilaient avec le 8 mai,l’Ascension et la Pentecôte?
Cette désaffection inattendue ne rappelle-t-elle pas l’abstention record aux élections prud’homales du 3 décembre 2008 où seulement 25% des salariés inscrits sur les listes s’étaient déplacés pour voter?

N’y aurait- il pas un problème syndical dans notre pays,où les chefs le sont pratiquement jusqu'à leur retraite,ce qui empêcherait un renouvellement des têtes et des idées?
Ou tout simplement les manifestants buissonniers ont-ils pensé qu’ils auraient l’occasion d’être beaucoup plus efficaces,anonymement,sans avoir à porter de masque et dans le secret de l’isoloir,dans moins de cinq semaines, le dimanche 7 juin ,jour des élections « Européennes », scrutin qui sert habituellement de défouloir gratuit ?

Dès lors ,pour les huit syndicats,à quoi bon se retrouver ce lundi pour décider d’une suite à donner à leur maigrichonne démonstration de vendredi ?

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