22 juillet 2009
Crise au Parti socialiste: il y a déjà eu pire
Certains de ses éléments et non des moindres ont déjà pris leurs distances avec les actuelles instances dirigeantes ,d’autres se sont mis en réserve sabbatique,ont crée leur propre parti satellite,quand ils n’ont pas franchi le Rubicon en intégrant l’équipe gouvernementale du tandem Sarkozy-Fillon , toutefois , détail à ne pas négliger,sans apparemment se renier ni avoir pris l’engagement ni juré de ne jamais resservir leur parti d’origine à quelque titre que ce soit ou de se faire réélire sous ses couleurs ou avec son soutien sous l’étiquette hypocrite « Divers gauche » ,pour le jour ,peut-être pas si lointain que cela,où une majorité d’électeurs le reconduirait au pouvoir associé avec d’autres partis de gauche, voire du centre ,à condition qu’il modère ou réajuste ses prétentions ministérielles et ses ambitions à la faveur de ses partenaires au niveau de la direction de certaines municipalités ou collectivités locales. D’autres encore,plus frileux ,en faisant les difficiles ,tout en restant socialistes ou en disant ne pas pouvoir faire autrement quand il s’agit de servir notre pays, acceptent de participer à des missions d’exploration ou de préparation de rapports sur tout et rien ,rapports en haut lieu salués,applaudis,approuvés,une fois rendus publics, mais promis à moisir dans les placards. Le moins frileux de ceux-là aura encore été Michel Rocard,qui à son âge ,79 ans dans un mois (cela s‘arrose) ,n’a plus grand chose à perdre à avoir accepté le 13 mars dernier une mission d’une importance capitale (pour sauver la planète!) avec un titre ronflant et pétaradant ,« ambassadeur » ,ou je ne sais quoi,aux -ou pour les- Pôles Nord et Sud, trouvant là,pourquoi pas, l’occasion de régler quelques vieux comptes remontant au mémorable congrès de Metz en novembre 1979, ce que personne ne pourrait lui reprocher bien qu’il n’ait jamais été très rancunier au cours de sa longue carrière politique,commencée à son plus jeune âge mais seulement révélée au grand jour lors de sa candidature à la présidentielle de 1969 et surtout quelques mois plus tard avec sa victoire surprise à une élection législative partielle dans une circonscription réputée de droite,s’offrant le luxe de battre un ancien Premier ministre du général de Gaulle,Maurice Couve de Murville . Je puis témoigner que dans ma région,la Franche-Comté,le 13 mars nous commencions à sortir d’un long et froid hiver,que le 8 mars il y avait un peu plus de 40 cm de neige dans mon village ,à 650 m d’altitude,que le 19 mars,jour de grandes manifestations s’il en fut , le temps était très beau et il faisait très chaud ,que dès le lendemain, vendredi 20 mars,une semaine après la belle promotion de notre ami, la température chutait brutalement! Retournement climatique à 180°. Super efficacité de cet homme qui ,à peine ayant pris ses fonctions soufflait déjà le froid depuis son igloo polaire ou coïncidence? N’empêche qu’il aura,en acceptant cette mission ,beaucoup moins fait hurler dans son parti,que lorsqu’il s’est pris à déclarer ,en connaisseur pour avoir été son Premier ministre,que François Mitterrand avait été « un homme malhonnête »,seulement ,quand même... après que ce dernier ne fût plus de ce monde. D’aucuns ,réputés hommes de gauche, clament que le Parti socialiste est mort, qu’il doit disparaître parce qu’il n’a plus d’avenir ou qu‘il est « devenu un arbre sec » comme l’a dit pas plus tard qu' hier ,21 juillet 2009 , Jack Lang dans un entretien avec « Le Parisien-Aujourd’hui » ajoutant : « Le paradoxe actuel,c’est que jamais le PS n’a connu une telle irrigation dans le pays:nous contrôlons pratiquement toutes les régions,une grande partie des villes et des départements. » .Jack Lang,là, ne faisait que répéter ce qu’avait dit Claude Guéant à Europe 1 ,deux jours plus tôt, le dimanche 19 juillet 2009 ,évoquant Bernard Henri-Lévy :« Il dit que le PS est mort,moi ce n’est pas ce que j’observe. Je constate que le PS est à la tête de beaucoup d’assemblées locales... » , et c’est aussi ce que j’avais écrit dès le 11 juin dernier sur ce blog dans ma note « Européennes:à chacun son tour son heure de gloire » en son avant,avant dernier paragraphe et en ces termes : « Le Parti socialiste. Ses élus locaux,maires,conseillers généraux ou régionaux sont toujours là,fortement ancrés et majoritaires dans le pays. De plus ils sont fort bien célébrés dans la presse régionale à propos de tout ce qu’ils font et inaugurent ...». J’aurais pu ajouter que ce même Parti socialiste est en passe ,lors du prochain renouvellement partiel ,d’avoir la majorité au Sénat,avec les autres groupes de gauche, un événement historique , désormais à sa portée au vu des résultats du dernier renouvellement partiel du 11 septembre 2008 et qui lui permettra de modifier ,en Congrès,la Constitution ,après des législatives gagnées sous réserve que la gauche gagne celles-ci, comme bon lui semblera. Cela me semble bien parti attendu que les grands électeurs ,maires de toutes les communes et conseillers de grandes villes,conseillers généraux et régionaux n’auront pratiquement pas changé d’ici le prochain renouvellement partiel ,en septembre 2011, de cette Haute Assemblée,qui,je le répète est totalement inutile dans l‘organigramme de notre République,puisque même son attention à examiner les textes déjà passés à l’Assemblée nationale n’empêche pas le Conseil constitutionnel de les censurer. En outre l’élection des sénateurs,à raison d’un sur deux tous les trois ans ( renouvellement triennal) est désormais une absurdité dans la mesure où le mandat de sénateur a été ramené de neuf à six ans (loi du 15 décembre 2005) s’alignant sur celui des maires qui ne sont élus ou réélus qu’en une seule fois tous les six ans. Alors quel avenir faut-il envisager pour un Parti socialiste que certains disent moribond mais qui ,avec la coalition échafaudée à l’impromptu entre les deux tours a fait une très bonne performance dimanche 20 juillet 2009 à l’élection municipale partielle d’ Aix- en- Provence,frôlant la victoire,compte tenu ,ce que personne à ma connaissance n’a souligné, qu’il y a toujours dans une élection municipale une prime au « sortant », et que ,pour moi, 187 voix d’écart entre deux listes qui avaient à récolter pour gagner plus de la moitié de 45.000 suffrages exprimés ne peuvent constituer à elles seules (0,40% des suffrages exprimés) une prime au sortant ,même si ce dernier (cette dernière dans ce cas précisément d’Aix-en-Provence) a été invalidé par le Conseil d‘État au motif que le scrutin initial du printemps 2008 avait été entaché d‘irrégularités pouvant fausser son résultat ? Parce que des irrégularités,volontaires ou non, il s’en produit dans tous les scrutins,ce n’est un secret pour personne ,et que seules celles qui sont décelées par des électeurs fins connaisseurs du code électoral, plus que dense quand y est annexée la jurisprudence en la matière ,à condition de pouvoir en prouver l’existence, peuvent faire l’objet d’un recours en justice si,armés de patience,les contestataires en ont le courage,le temps dans des délais stricts et la capacité de le faire . Comme réponse à cette question sur l'avenir du Parti socialiste je me bornerai pour aujourd'hui à reproduire ci-dessous ,en deux temps recto et verso,un tract distribué par des militants socialistes aux entrées et sorties de métro à Paris juste après les législatives qui s’étaient tenues dans notre pays les 12 et 19 mars 1978 ,lesquelles s’étaient soldées par la défaite de l’union de la gauche que beaucoup voyaient gagnante,laissant ,en apparence seulement ,cette coalition en triste état de délabrement. La situation n’est pas tellement différente aujourd’hui. Et elle peut très vite évoluer. L’entête de ce tract est en médaillon. Il n’y aurait pas énormément de passages ou de mots à modifier pour l’actualiser. Je n’ai pas jugé utile de montrer la partie invitant ceux qui auront pris soin de le lire à rejoindre ses rangs. Bonne lecture. |
12:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : actualités, france, politique, ps, guéant, lang, bhl


Commentaires
je remarque que les tracts de 1978 contenaient des idées fortes (elles résistent au temps ) et fermemment exprimées, à ne pas comparer avec les tracts du XXIème siècle
Ecrit par : bourquelot | 22 juillet 2009
Oui,c'est vrai,les tracts de cette époque sont très riches d'enseignements pour essayer de comprendre la situation présente.J'ai conservé tous ceux qui m'avaient été distribués,et je ne les relis pas aujourd'hui avec la même optique.A celui-ci j'aurais pu en ajouter un autre fort intéressant de Jean-Pierre Chevènement distribué au métro juste après les législatives de mars 1993,très ,très dur pour la gauche,son propre camp,mais ça voulait faire trop long .Là aussi,la situation était pire qu'aujourd'hui et pourtant quatre ans après nous retrouvions une "gauche plurielle" au pouvoir ,avec un ministre de l'Intérieur portant nom Jean-Pierre Chevènement.
Il y a quand même deux choses dans ce tract (émanant de la Fédération de Paris du P.S) qui ne peuvent plus passer aujourd'hui,qui ne sont plus proposables dans un programme de gouvernement de gauche,parce que jugées irréalistes et obsolètes par une majorité de Français,non seulement à droite mais à gauche y compris au Parti socialiste:la rupture avec le capitalisme et le socialisme autogestionnaire.Il y a eu,depuis, l'effondrement du Mur de Berlin avec ses conséquences et l'émergence de la Chine comme grande puissance économique avec des méthodes de gestion capitaliste depuis Deng Xiaoping peu de temps après la mort de Mao Zédong qui dirigeait encore ce pays lorsque je l'ai visité.
A l'époque de ce tract,si mes souvenirs sont bons,il n'y avait guère que deux pays où l'autogestion était de mise,l'Algérie de Houari Boumediene et la Yougoslavie de Tito.Ces systèmes ont été abandonnés par les successeurs de ces deux chefs d'Etat tiers-mondistes "non-alignés".
François Mitterrand avait trouvé l'astuce de proposer un "socialisme à la française" qui n'avait encore jamais été mis en oeuvre nulle part,et qui interdisait de ce fait à la droite de prédire aux Français ce qui allait leur arriver en se référant à un exemple étranger identique ayant "échoué".C'est sur cette ambiguïté qu'il a pu gagner la présidentielle de 1981,avec le fait de rester évasif sur la présence de ministres communistes dans son gouvernement,lesquels n'y ont fait leur entrée en nombre fort restreint (quatre) seulement après ,les élections législatives consécutives à la dissolution de l'Assemblée nationale dominée par une droite décriée dans ce tract comme majoritaire en sièges alors que "la majorité de notre peuple est à gauche"
Ecrit par : dab | 23 juillet 2009
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