02 septembre 2009

La voiture électrique déjà pièce de musée

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Depuis qu’il nous a été promis une « taxe carbone » ,juste avant les vacances d’été, il ne se passe plus une journée sans que l’on nous rabatte les oreilles ou que l’on nous gave d’articles de presse à propos de la voiture électrique,vantée comme voiture de l’avenir ,comme voiture « bonne pour la planète » ,et encore davantage depuis que Ségolène Royal s’est engagée dans l’aventure de la mise au point ,de la fabrication et de la commercialisation de cette fameuse voiture dans sa chère région de Poitou-Charentes.
Il est à souhaiter ,pour sa carrière politique et pour les contribuables de sa région ,que cet audacieux projet débouche sur du sérieux et non sur un fiasco,ce qui n’est pas gagné d’avance.
En effet, pour ceux qui ne le sauraient pas,et il semblerait qu‘ils soient fort nombreux,je signale qu’il existe à Sochaux dans le Doubs (25) près de Montbéliard ,et sous l’enseigne « L’AVENTURE PEUGEOT » ,un Musée où les visiteurs peuvent découvrir ou retrouver exposés ,pratiquement tous les modèles fabriqués par ce constructeur d’automobiles depuis 1892.
C’est une très belle réalisation. L’accès y est facile depuis l’autoroute A36 et trouver une place pour sa voiture sur le parking attenant privé et réservé ne pose pas problème de même que se restaurer sur place . Ceux qui le voudront auront même la possibilité de monter à bord d’un des modèles anciens disponibles devant l’entrée du musée et se faire conduire pour un petit tour en ville leur donnant l’occasion de revivre les sensations de leurs parents ou grands parents à l’époque où ces modèles étaient commercialisés.

Cette magnifique exposition permet de suivre, pas à pas, l’évolution de ce que René Dumont ,candidat (malheureux,fort heureusement) à la présidence de la République en 1974 ,avait appelé « la plus grande absurdité des temps modernes » ( l’automobile,bien évidemment) lors d’ une interview parue dans le numéro de mars 1974 de la revue « 50 Millions de Consommateurs » .
Les véhicules y sont disposés non pas selon leur prix,leur puissance ou leur vitesse,mais dans l’ordre chronologique respectant leur date de « sortie » ou de fabrication.
Ce n’est que vers la fin du périple à l’intérieur du vaste espace qu’on se retrouve en face de la voiture de l’avenir ,dont on se demande ce qu’elle peut bien faire en ces lieux ,c‘est à dire dans un musée. Elle est rouge ,avec jantes « alu » ,comme on dit, et freins à disques,minuscule et amplement vitrée.
Et qu’est-il écrit à propos de cette voiturette pour deux personnes maximum, sur le panneau la présentant aux visiteurs ?
L’année de fabrication,bien sûr ,1996,il y a donc treize ans déjà.
Son nom,pas exactement,donc pas de « nom » à trois chiffres comme pour la « 106 » ou la « 306 » datant de la même époque ,mais un sigle : « TULIP » les initiales de « Transport Urbain Libre Individuel et Public » ,en fait une « entreprise » qui devait mettre à la disposition de clients abonnés cette « micro-voiture » dans des relais répartis en divers points d’une ville, un peu sur le modèle « Vélocités ».
Enfin,juste avant le bref énoncé de ses performances ( 75km/h de vitesse maximum avec une autonomie de 60 km,et un temps de recharge de batteries de quatre heures),il y a ce motif d’abandon de l’expérience rédigé en une seule phrase : « Trop innovateur,ce concept ne correspondait pas à l’attente des pouvoirs publics à l’époque. »
Pour mémoire,à l’époque c’est à dire en 1996,le Premier ministre s’appelait Alain Juppé. Or,assez singulièrement, celui-ci,dans un entretien au Figaro de ce mercredi 2 septembre , déclare :  « Je regrette qu’un effort massif n’ait pas été fait pour développer la voiture électrique » . Comprenne qui pourra !
Lionel Jospin devait lui succéder l’année suivante et pour cinq années d’affilée ,après la fameuse dissolution « ratée » , avec ,dans son gouvernement, des écologistes. Une belle occasion de reprendre le projet s’offrait donc à tous les partis associés dans l’expérience de la « gauche plurielle » qui leur eût permis de se différencier de la droite. Mais hélas,rien n’en fut.

Sur ces considérations ne pourrait-on pas envisager très sérieusement que la voiture électrique si chère à Ségolène Royal pourrait à son tour subir le même destin que l’expérience « TULIP »?

Qui, en effet ,parmi les plus âgés d’entre nous, ne se souvient de l’Aérotrain de l’ingénieur Bertin,qui fut abandonné en 1974,sous Giscard d’Estaing , après une période d’expérimentation de neuf ans?


 
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Le "Musée Peugeot" à Sochaux ,photographié depuis le parking pour visiteurs


 
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La micro-voiture électrique "TULIP" qui n'a pas plu aux "pouvoirs publics" en 1996

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