22 octobre 2009

La réforme territoriale est-elle promise à l’impasse?

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Ne peut-il pas paraître insensé de demander à des élus -députés et sénateurs - de voter une réforme dont un des objectifs clairement affichés ,entre autres, serait de réduire leur nombre,comme c’est le cas avec l’actuel projet de réforme territoriale?

N’est-ce pas courir au devant de l’impossible quand on pense à l’acharnement à vouloir conserver leurs acquis électoraux dont font preuve certains élus « anti-cumul » notoires dans leurs discours,mais qui ,à peine élus à un nouveau siège d’un échelon supérieur à celui dont ils étaient titulaires s’empressent de justifier qu’ils seront encore plus efficaces en conservant leur premier siège,celui-là leur ayant servi de tremplin pour gagner le paradis ou ayant constitué ,en matière de popularité,l’avantage décisif sur leurs rivaux et ,si besoin est ,si cela ne convainc pas suffisamment ,de déclarer que leurs sympathisants ,leurs supporters ou les militants locaux de leur parti sont finalement d’accord après mûre réflexion, tout en s’affichant contre par principe ,hormis exception dans certains cas ,celui-là précisément ,une manière comme une autre de bien masquer leur hypocrisie et celle de leur héros?

Conserver un mandat qui a servi de tremplin à une élection très convoitée,sous prétexte d’efficacité ,ne serait-ce pas plutôt empêcher qu’un autre, leur successeur ou un homologue, puisse bénéficier du même tremplin pour ,à son tour, l’évincer au terme de son mandat?
Les cumulards sont loin d’être des idiots,il vaut mieux le savoir. Ils sont d’ailleurs assez malins pour,quand ils sont maires d‘une commune, charger de faire tout leur travail de maire par leur premier adjoint en lui laissant espérer qu’il pourra prendre sa succession -comme maire- très vite,ce qui veut dire,en réalité, jamais. Il faut bien savoir aussi que des élus d’un même parti,ne se font pas de cadeaux entre eux bien que s’affichant toujours main dans la main lors de cérémonies ou de pots d’inaugurations.

Deuxièmement, si une telle réforme pouvait être vraiment utile et déboucher sur une amélioration du sort des Français ,qui,comme je le soulignais dans ma note précédente, « au vu du débat politique actuel semble être le dernier des soucis de nos politiciens » ,pourquoi faudrait-il attendre qu’elle ne prenne effet qu’en 2014,c’est à dire dans cinq ans,un laps de temps au cours duquel il peut encore se passer beaucoup d’ évènements inimaginables ,du genre de ce que nous avons connu depuis un an avec cette « crise » financière ,ou quelque chose comme la dissolution de 1997 débouchant sur une alternance?

S’il avait fallu engager cette réforme ,le moment le plus opportun ne se serait-il pas trouvé dans les tout premiers mois suivant l’élection présidentielle de mai 2007,et son approbation n’aurait-elle pas dû être soumise par référendum à la volonté du peuple français avant que les électeurs n‘aient trouvé dans la conduite de la politique de ce nouveau président suffisamment de motifs de mécontentement pouvant les inciter à sanctionner c‘est à dire répondre à coté de la question ?

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy n’a plus aucun appui populaire pour s’engager sur ce terrain,et tout ce qu’il fera désormais en matière de réformes touchant à l’administration de la France sera considéré aux yeux de l’opinion comme une tentative de maintenir artificiellement ses amis au pouvoir,même s’il s’en défend,l’affaire du « placement » de son fils par le truchement d’une élection raillée de toutes part , suffisamment significative,lui ayant gâché les dernières chances qui lui restaient de faire quelque chose de positif à ce niveau ,deux ans et demi seulement après sa belle élection.

 
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