10 novembre 2009
Le Mur de Berlin,Nicolas Sarkozy et le journaliste de « Libération »
| Nicolas Sarkozy était-il le 9 novembre 1989,à Colombey-les-Deux Eglises, plutôt qu’à Berlin au pied du Mur lorsque celui-ci a perdu sa raison d‘être qui était d' empêcher les Allemands de l‘Est de fuir "le paradis communiste" et d’y abandonner le peu de biens qu’ils possédaient, pour "l‘enfer capitaliste" ? Pourquoi n'aurait-il pas pu avoir été aux deux endroits le même jour? Berlin n'est pas Papeete, à l'autre bout du monde, et Colombey-les- Deux-Eglises s'atteignait facilement en 1989 en trois heures de voiture depuis Paris,alors même que l'autoroute A 5 n'était pas achevée et ne permettait même pas de s'y rendre. Depuis 48 heures une polémique ridicule ,infantile, imbécile,voire idiote ,s’est déclenchée à propos du récit publié sur Facebook ,comme de bien entendu « bricolé » par le conseiller élyséen chargé du blog présidentiel « dans un excès de zèle » ,selon le journaliste de Libération Alain Auffray , et « censé démontrer que le chef de l’État, à l’époque secrétaire général adjoint du RPR, était à Berlin le jour J. ». Alain Auffray ,apparemment chagriné que Nicolas Sarkozy ait pu être à Berlin lorsque se produisit un évènement qui le chagrinerait peut-être encore davantage ,voit un problème dans ce récit : « Le problème c'est que l'histoire qu'on nous raconte ne tient pas debout: "Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé ...pour participer à l’événement qui se profile" Le matin du 9 novembre, personne à Paris - ni même à Berlin - ne pouvait soupçonner que le mur allait tomber. les radios et télévisions ouest-allemandes n'ont commencé à évoquer la "libre circulation" qu'à partir de 20h. Et ce n'est qu'après 23 heures que les Berlinois de l'Est, prenant ces informations prématurées pour argent comptant, furent si nombreux à se masser devant le poste frontière de la Bornholmer Strasse que les garde-frontière est-allemands finirent par lever la barrière. Parole de témoin: jamais "l'événement" ne s'est "profilé". » Ce journaliste ajoute encore sur son blog, dans sa note du 8 novembre 2009, que ce conseiller élyséen , «pour rendre la chose possible , invente des informations semblant « annoncer du changement ». Semblant jouer à merveille sur les mots,il prétend donc que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas être à Berlin le soir du 9 novembre parce qu’il a ,lui Alain Auffray, « sa petite idée:ce 9 novembre,comme tous les 9 novembre,Nicolas Sarkozy commémorait à Colombey-les-Deux-Eglises le 19 ème anniversaire de la mort du général de Gaulle. Ce n’est qu’une hypothèse. » Et il termine enfin ainsi « Les blogueurs pressés de l’Elysée auront sans doute à cœur de vérifier ». Voilà.Comme si Nicolas Sarkozy,ce jour là ,avait été seulement témoin ou avait participé activement à un crime mal élucidé et que son témoignage ou ses explications soient contestables! Ce qui ne peut être qu'une anecdote de sa vie racontée sur Facebook est devenu par la stupidité de journalistes en mal de vente de papier,presque une affaire d'Etat,voire un évènement capital,passible pourquoi pas pendant que nous y sommes d'une destitution! Alors, pendant qu'ils nous cassent les oreilles avec cela ces journalistes oublient de reparler du communisme et des raisons qui ont poussé tous les peuples d'Europe de l'Est asservis à s'en défaire,pacifiquement,excepté en Roumanie à fin décembre 1989, ce qui est tout de même une performance qui n'aura pas été tellement louée. C'est quand même pratique comme méthode alors que toute cette démonstration bidon d'Alain Auffray est construite à partir de deux hypothèses,une envisagée par lui mais non avouée ,puisque rien n'est écrit qui indiquerait la présence de Nicolas Sarkozy le soir du 9 novembre à Berlin près du Mur,ni sur Facebook,ni dans les phrases reprises de Facebook à la lettre par le journaliste sur son blog,le fait de décider le 9 novembre au matin de quitter Paris n'impliquant nullement une présence le soir même à Berlin, et la seconde ,avouée cette fois,faisant ressortir comme "vérité" la présence du secrétaire général adjoint du RPR qu'était alors Nicolas Sarkozy à Colombey-les-Deux-Eglises,sur la base d'une coutume.Et tout le monde est tombé dans le panneau,y compris certains ministres ou anciens ministres de droite, se mélangeant au besoin avec les dates de leurs rencontres à Berlin en ces moments là. Je ne suis pas « blogueur pressé de l’Elysée » et on ne peut pas me reprocher à la lecture de mes notes antérieures sur ce blog de n’avoir jamais critiqué Nicolas Sarkozy, ni contesté certaines de ses décisions ou certains de ses projets .Mais pour cette fois j’aurai eu « à cœur de vérifier » ce qu’a écrit ce journaliste. Que la libre circulation entre les deux fractions de l’Allemagne ,Ouest et Est,séparées après 1945, ait été rendue effective par les autorités de Berlin-Est ne sachant plus où donner de la tête, le 9 novembre 1989, tard dans la soirée,ou un jour plus tôt ou un jour plus tard, importe peu. Mais,lorsque nous lisons ce qu’écrit le journaliste sur son blog : « Le matin du 9 novembre ,personne à Paris- ni même à Berlin - ne pouvait soupçonner que le Mur allait tomber. Les radios et télévisions ouest-allemandes n’ont commencé à évoquer la libre circulation qu’à partir de 20 heures. » ,ne pouvons-nous pas lui rétorquer que depuis les mois de septembre et octobre 1989 il ne pouvait ignorer le spectacle du déferlement en direction de l'Ouest des petites voitures « Trabant » à moteur deux temps enfumant tout le monde sur leur passage et chargées de tout ce que ces Allemands de l'Est désespérés pouvaient emporter avec eux? Etait-il incapable de réaliser qu' il se passait quelque chose qui ressemblait à une accélération incontrôlable des évènements en Allemagne de l’Est avec un point d’orgue menaçant de survenir à tout moment,l’ouverture du Mur qui était bel et bien envisagée? Tout craquait.En Pologne,en Tchécoslowaqie,en Hongrie où les réfugiés est-allemands se comptaient par dizaines de milliers,en Yougoslavie,dans les Pays Baltes... Dommage que cet honorable journaliste n’ait pas eu entre ses mains un exemplaire du « Quotidien de Paris » daté du mercredi 8 novembre 1989 avant d’écrire cette absurdité ! Il n’aurait pas manqué de découvrir à sa « une » l’ encart sous rubrique « Enquête » et titré « L’Europe des frontières » et ,page 14 du même quotidien,l’ éditorial signé Jean-Louis ARNAUD, titré « Vrais et faux murs » ,dont les débuts sont reproduits ci- dessous,pour preuve de ce que je viens d'écrire. Et à Colombey-les-deux-Eglises, le 9 novembre 1989,que devait-il se passer? Le même quotidien ,dans son édition du 9 novembre 1989 n’y aura consacré qu’un seul article, page 7 intitulé « Une gerbe de Mitterrand sur la tombe de de Gaulle » , également reproduit ci-dessous en son début. Et toujours concernant Colombey-les-Deux-Eglises ,comme s'il ne s'agissait que d'une banalité pour des gaullistes de se rendre chaque année le 9 novembre,jour anniversaire de sa mort, devant la tombe du Général de Gaulle,comme chaque année aussi ,le matin du dimanche de la Pentecôte, Mitterrand et sa cohorte de courtisans faisaient l'ascension de la Roche de Solutré, il n'y avait aucun article dans son édition du 10 novembre 1989,ni même dans celle des samedi 11 et dimanche 12 novembre qui ,seulement ,en page 8, faisait le point des réactions des hommes politiques français face aux évènements de Berlin,dans un article intitulé « France :la classe politique dans tous ses états » où il y était question de Michel Rocard,Premier ministre,de Pierre Mauroy,premier secrétaire du PS,de Pierre Bérégovoy,ministre de l’Economie,de Laurent Fabius et de personnages de droite avec cette phrase « A droite l’enthousiasme est également de mise,tempéré d’une certaine prudence »,ce qui semblerait signifier que les évènements de l'Est ne les emballaient pas tant que cela .Étaient cités,Jacques Chirac,Valéry Giscard d’Estaing, Pierre Méhaignerie,François Léotard. Mais rien n'était écrit à propos de Nicolas Sarkozy , Alain Juppé et Alain Madelin,lesquels affirment aujourd'hui avoir été à Berlin,mais sans être bien sûrs de l'exactitude des dates,avant,pendant ou après le 9 novembre... Mais peut-être qu’à la rédaction de Libération ou à celle d'un autre journal pour lequel travaillait Alain Auffray,les journalistes étaient plus préoccupés le 9 novembre 1989 par le débat en France sur le port du voile (tchador) à l’école que par ce qui se passait de l’autre coté du rideau de fer! ![]() Ces écrits n'étaient pas visibles le 9 novembre 1989,mais la veille le 8 novembre,dans "Le Quotidien de Paris",un journal disparu en 1994.Ils prouvent que non seulement la démolition du mur était bel et bien envisagée,mais aussi celle du "rideau de fer" avant le 9 novembre "au matin". ![]() Le geste de François Mitterrand à l'égard du Général de Gaulle qu'il n'avait cessé de combattre politiquement de son vivant n'était pas suffisamment banal et se devait naturellement d' être relaté par "Le Quotidien de Paris" daté du 9 novembre 1989. Quant au tchador,les journaux français ne parlaient que de cela. ![]() L'article ,sur trois colonnes,relatant le 11 novembre 1989 l'état d'esprit de la classe politique française face aux évènements d'Allemagne de l'Est.Il n'est pas évoqué dans cet article une quelconque escapade de gens de droite à Berlin.Point. |
22:34 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, france, mur de berlin, sarkozy, alain auffray, journalistes, ump





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