21 août 2008
José Bové ,l’agriculture « bio » et la chenille dans la vigne
| José Bové a remis cela comme chaque été. Malgré la présence de gendarmes sur les lieux il s’est rappelé au bon souvenir du semencier américain Monsanto vendredi dernier dans le département de la Vienne où deux petites parcelles de culture expérimentale , entreprise sous le contrôle rigoureux du Ministère de l’Agriculture ainsi que confirmé par la préfecture de la Vienne , ont été saccagées . Rien ne l’arrête et s’il a déjà été condamné pour de tels faits ou des faits similaires il n’est toujours pas contaminé,ce qui n’est certes pas à lui souhaiter,mais si cela devait lui arriver plus tard ,à l’instar de tous ceux qui ,par obligation professionnelle cette fois, ont dû s’exposer à l’amiante,on pourrait dire que ce ne serait pas volé. Encore faudrait-il que la nocivité qu’il reproche au maïs transgénique ainsi détruit soit avérée. C’est un excellent arracheur ,ses camarades également,et personne n’en doutera. Mais ces hommes qui vont jusqu’à braver les 35 heures ,un vendredi 15 août ,férié de surcroît, et pendant le mois le plus choisi par les Français pour leur temps de vacances ,sont-ils vraiment utiles à la société? N’auraient-ils pas mieux à faire en venant arracher,par exemple,les mauvaises herbes ,les chardons surtout dont les graines,avec le vent, sont prêtes à se répandre partout dans la nature et à y gâcher l’environnement comme il y en a en quantité dans cette parcelle de céréales cultivée par un paysan qui n’utilise ni engrais ni herbicides? Du joli travail! Que peut-il y avoir de bon à récolter dans cette parcelle de culture céréalière qui a plutôt l‘allure de friche ou de terrain en déshérence ? Ci-dessous ,fort instructive est la comparaison avec une parcelle ordinaire cultivée par un autre paysan qui sait tirer parti du progrès ,c’est à dire des engrais,des herbicides ou pesticides autorisés ,mais utilisés dans des conditions strictes.Pour les deux parcelles la nature du terrain est la même,le climat est le même,la météo également! Aux consommateurs « bio » et à tous ceux qui reprochent aux produits « bio » de coûter trop cher,il devrait être facile à comprendre que le rendement en graine quasiment nul ne peut laisser espérer de hauts revenus à ceux qui s’adonnent à ce type de culture,et qu’en conséquence cela se retrouve inévitablement en fin de circuit ,à l’affichage des prix sur les rayons des commerçants détaillants ,spécialistes du « bio ». Bien évidemment,puisque dans notre pays il n’est pas très bien vu de faire constater des vérités qui heurtent ce qui est quasi - officiellement décidé comme bon à croire ou à penser,les journaux ou télévisions n’aborderont jamais un tel sujet de cette manière en montrant honnêtement ce qu’on découvre sur place dans nos campagnes. Je ne voudrais pas terminer cette note sans faire remarquer qu’il est très difficile ,voire impossible d’obtenir de bonnes récoltes y compris dans son propre jardin sans apport d’engrais ou sans traiter « chimiquement » ses plantations,légumes ,arbres ou mêmes rosiers .Les deux photos prises récemment et montrant ci-dessous une chenille particulièrement vorace dans de la vigne qui n’avait pu être traitée au gonflement des bourgeons ,comme cela est recommandé, et donc qui ne l’a pas été seront suffisamment parlantes. En l’espace de 21 minutes , d’une photo à l’autre ,cette chenille d’une longueur comprise entre sept et huit centimètres aura dévoré la feuille de vigne ,n’en laissant que la tige! Est-il possible de récolter du bon raisin sur des plans de vigne déchiquetés de cette manière ? Que faut-il donc choisir? Mourir de faim ou manger du raisin comme on en mange depuis près d’un siècle,obtenu d’une vigne traitée préventivement avec des produits chimiques homologués? |
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18 août 2008
Pannes de trains,effondrements,et croissance française
| La croissance de leur économie ne sera-t-elle bientôt plus qu’un pas trop mauvais souvenir pour les Français ? Sa « chute » à « moins 0,3% » pour le second trimestre de cette année n’est-elle pas la traduction ,avec décalage,de la situation constatable déjà depuis longtemps et que je décrivais dans ma dernière note en date du 12 août,mardi dernier ? La SNCF,par exemple, aura-t-elle pu tirer profit de la hausse des carburants consécutive à celle du prix du baril de pétrole pour devenir plus attrayante? On ne pourra le savoir avec précision qu’en fin d’année mais nous risquons fort d’être déçus. -18 avril 2008: douze heures en Eurostar pour revenir de Londres à Paris au lieu d’à peine 2 heures et demie habituellement ,quand les trains arrivent à l’heure. Onze jours plus tôt , mais en sens inverse ,c’était près de sept heures de retard ! -24 juin 2008: un TGV en panne durant un peu plus de quatre heures près de Nîmes .Arrivée,au final, à Paris avec cinq heures de retard! -17 août 2008: hier,un « important incident » ou « un incident rare » sur la voie a contraint à l’immobilisation une demi-douzaine de TGV non loin de Marseille,près d’Aubagne,dont certains arriveront à destination avec plus de huit heures de retard! Que voilà de bons souvenirs de la France à raconter pour les touristes étrangers une fois de retour dans leur pays! On se demande comment la France peut arriver à exporter ses TGV. Et la qualité de la construction alors que le prix de l’immobilier s’oriente -enfin- plutôt à la baisse ? -23 avril 2008 : à Baume-les-Dames ,dans le Doubs (Est de la France), une partie de la toiture d’un gymnase s’effondre . « Sans motif apparent »,l'écoulement de l'eau de pluie,la conception,les chutes de neige des hivers précédents? Les experts sont à l'oeuvre.Des collégiens y étaient au moment de l'effondrement .Ils ont été épargnés où ils se trouvaient et des compétitions sportives y étaient prévues le jour même .Fort heureusement. -07 août 2008 : à Strasbourg, une partie du plafond de l’ hémicycle du Parlement Européen s’effondre. Il n’y avait personne à ce moment là. Fort heureusement. -12 août 2008 : à proximité de Toulouse,à Saint-Orens-de-Gameville , une dalle s’effondre dans un parking en construction ,faisant un mort,un ouvrier qui travaillait au chantier. Malheureusement. Trois plus trois...en France ,et en moins de quatre mois,sans tempête,sans tornade,sans tremblement de terre! Ne sont-ce pas là des symptômes qui permettaient dans les années soixante ou soixante-dix de ranger les pays où ils étaient constatés dans la catégorie des « pays en voie de développement » , appellation réévaluée pour désigner avec plus de décence les « pays sous-développés » comme il fallait l’entendre dans les années cinquante? Extraordinaire banalité ,écrivais-je dans ma note de mardi dernier. J’y ajoutais qu’il se trouvait aussi dans notre pays ,à coté de gens payés pour faire de belles,très belles réalisations ,« des gens payés pour prévenir,punir ou circonscrire les méfaits » qui empoisonnent la vie ,« mais qui n’ont pas les compétences adéquates ou requises pour assumer les fonctions qui leur ont été confiées ». Qu’attendent ceux qui ont pouvoir de le faire pour remplacer les dirigeants d’entreprises et leurs équipes rapprochées par des gens compétents et sérieux,si possible déjà versés dans la branche d’activité , ayant obtenu des résultats incontestables tout en ayant une bonne connaissance de leur entreprise et des gens qui la font tourner plutôt que,comme cela est devenu tradition, par des « parachutés » venus « d’ailleurs » qui vont passer une bonne partie de leur temps à découvrir et apprendre leur nouveau métier au détriment de l’exercice même de leur responsabilité nouvelle pour être « remis » encore ailleurs quand leur incompétence sera devenue patente? |
12:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Actualités, France, SNCF, croissance, économie
22 avril 2008
Quand la piraterie, la misère du monde et l’humanitaire font recette
| Depuis dimanche et jusqu’à jeudi se tient à Accra au Ghana,en Afrique , la 12 ème Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (CNUCED) qui n’est rien d’autre qu’une pleurnicherie collective où des chefs d’État dits « progressistes » en mal de médiatisation viennent se donner bonne conscience à réclamer aux pays développés assistance et aide financière. Pendant ce temps là ,au large des côtes somaliennes les actes de piraterie se multiplient et sont le fait d'individus très bien équipés et tout aussi bien organisés. Dimanche dernier un bateau de pêche espagnol avec 26 personnes à son bord a été pris d’assaut,même pas quinze jours après qu’un voilier de luxe français , le « Ponant », eut subi le même sort. Dans cette dernière affaire ,six pirates ont été arrêtés en Somalie,puis aussitôt transférés en France. Jusque là cette affaire suit son cours normal,au moins en apparence. Mis en examen et incarcérés,ils risquent la perpétuité,mais on peut pronostiquer que leurs avocats trouveront bien une faille dans le mode de leur arrestation ,dans l'analyse des conditions de leur transfert ou en tout autre domaine pour leur obtenir une peine minimum ou la relaxe avec une possible indemnisation de l’État français,sait-on jamais! En attendant,la partie de la rançon de 2 millions de dollars non récupérée ,soit près de 90% de cette somme (1,15 million d‘euros,soit environ 758 briques comme on disait à l'époque du franc ), va faire des heureux qui n’auront pas besoin de travailler un bon bout de temps pour vivre leur vie,qui là bas ,est-il besoin de le rappeler,coûte infiniment moins cher qu’en France. Mais si pirater peut rapporter gros et vite,avec risque élevé toutefois ,il y a une autre façon indolore mais non moins pernicieuse cette fois de casser ou décourager la dynamique du travail dans les pays développés sans cesse culpabilisés : le recours à la charité des autres qui est tellement moins fatiguant que travailler ! Ça marche très bien et ça tombe aussi très bien parce qu’en face ,dans notre pays par exemple,on trouve aisément des pourvoyeurs prêts à cautionner un tel système d’assistance basé sur la naïveté des donateurs. Participer à une action humanitaire pour un simple citoyen n’est-ce pas la meilleure façon de se valoriser ,d’avoir droit à tous les égards ou de briller médiatiquement à moindres frais? D’un autre coté,les fonctionnaires ou responsables de la Banque Mondiale ou de la CNUCED,censés combattre la misère dans le monde ,eux, ne semblent pas mal lotis,ou, tout au moins, c’est ce qu’il s’en déduit quand on constate ce que la moindre nomination d’un directeur ou sous-fifre à un poste devenu vacant dans ces organismes peut susciter comme avalanches d’indignations et de jalousies. Pour faire quoi,finalement? Ce qu’ils ont fait le 24 février 2007 quand Robert Mugabe ,président du Zimbabwe,a fêté ses 83 ans sans lésiner sur les moyens puisque cette réjouissance,rassemblant diplomates ,ministres, dignitaires de son parti et quelques milliers d’autres invités, aura coûté plus d’un million de dollars pour son pays en faillite ,comme devait le reconnaître quatre jours plus tard le président de la Banque Centrale du Zimbabwe. Qu’ont-ils alors fait? Rien! Neuf mois et demi plus tard,le 8 décembre 2007,à Lisbonne ,devant chefs d’État européens et africains ,la chancelière allemande , Angela Merkel a évoqué ce pays en ces termes peu élogieux ,le moins qu’on puisse dire :«Le Zimbabwe nous inquiète tous,en Europe et en Afrique ... La situation au Zimbabwe nuit à l’image de la nouvelle Afrique »! Mais c’était pour se voir répliquer aussitôt par le président du Sénégal Abdoulaye Wade devant des journalistes : « Le Zimbabwe n’est pas en voie d’effondrement,pas plus que M.Mugabe. Qui peut dire que les droits de l’homme sont davantage bafoués au Zimbabwe que dans d’autres pays d’Afrique? Nul ne peut dire chose pareille ».Tous complices, dira-t-on. N’est ce pas inquiétant ,à considérer que les résultats de l’ élection présidentielle qui s’y est déroulée il y a plus de trois semaines ne sont toujours pas proclamés? Dans six mois ou un an,on viendra peut-être nous solliciter pour ce pays,jadis grenier à blé de l’Afrique, comme on l’a fait maintes fois dans le passé pour d‘autres en proie aux famines. Et ça marchera très bien,nos vedettes du cinéma , de la chanson ou de la télévision seront toutes dans le coup! Et leur action sera saluée,pourquoi pas, par le Président Sarkozy ou par le maire de Paris, Bertrand Delanoé! Un tel système peut ainsi durer très longtemps ,et la misère n’est pas prête de régresser.Les guerres aussi. |
16:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, économie, politique, europe, démocratie, onu
12 avril 2008
Un voyage au Japon inutile pour François Fillon?
| Du 16 au 19 décembre 1999,il y a donc un peu plus de huit ans,Lionel Jospin, Premier ministre, s’était rendu au Japon avec son épouse Sylviane et trois membres de son gouvernement,Claude Allègre ministre de l’Education nationale,Charles Josselin ministre de la Coopération et François Huwart en charge du Commerce extérieur. C’était six mois avant que la France prenne la présidence de l’Union Européenne le 1 juillet 2000 et pour une durée de six mois.L’accompagnaient également lors de ce voyage une brochette de grands patrons,Louis Schweitzer (Renault), Anne Lauvergeon (Cogéma ) ,Thierry Breton ( Thomson-Multimédia) ,entre autres. Sur place,Lionel Jospin prononça un beau discours sur la mondialisation devant des journalistes,des universitaires et des politiciens, en tant qu’invité à un symposium organisé par le journal Nikkei.Il fut également reçu par l’empereur Akihito.Il eut un entretien avec son homologue japonais de l’époque, Keizo Obuchi.Jusque là rien à dire.Mais, surtout,ce voyage lui donna l'occasion de vanter l’attrait de la France et son modèle aux investisseurs potentiels japonais. Il fallait de sa part et à l’époque beaucoup de courage voire d'audace pour dire aux japonais de venir investir en France quand nos entreprises se précipitaient pour délocaliser certaines de leurs activités de production ou fuyaient tout bonnement l’hexagone,alors que l’euro ne cessait de dégringoler ,et que les 35 heures allaient être mises en application dans les grandes entreprises même pas un mois plus tard. Combien d’entreprises japonaises importantes ont investi en France depuis cette date?Aucune! Sur le moment, en France,personne n'avait bronché dans nos médias plus serviles que jamais. Hier et aujourd’hui,François Fillon,notre actuel Premier ministre est aussi en voyage au Japon.Il y est allé accompagné de son épouse Pénélope, de ministres ,et de patrons français également,dont Anne Lauvergeon.Devant des patrons japonais il a aussi vanté la France,désireuse de “devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires”,cette France ,qui dans trois mois assurera la présidence de l’Union Européenne pour six mois,comme en 2000.Cette France dont il déclarait pas plus tard que le 21 septembre dernier à Calvi , en Corse, qu'elle était un "Etat en situation de faillite sur le plan financier..." On constate donc une similitude entre les deux voyages effectués à 8 ans d’intervalle pratiquement dans les mêmes intentions:promouvoir la France. Valérie Pécresse ,de sa suite, qui a fait des études au Japon dans son jeune âge et qu’on ne présente plus, a rappelé de son coté que pour les Japonais “la France est encore trop souvent associée à la cuisine,à la mode,et pas aux sciences...” Cela est peut-être vrai pour les japonais “lambda” ,sur place.C'est aussi ce que tout le monde répète dans notre pays. Mais,moi,j’ai une autre idée de ce que pensent de la “Flance” les Japonais d’âge mûr,les décideurs. En 1974,en voyage au Japon avec un groupe d’une douzaine d’autres Français,le hasard aura voulu que, sur place, notre jeune accompagnatrice fort sympathique connaissait très bien la France pour y avoir vécu deux années à Paris.Autant dire qu’entre elle et nous le courant est très vite passé.Tout juste arrivé à Tokyo Haneda,et à peine installé à ma place dans l’avion de lignes intérieures qui devait nous emener de Tokyo à Osaka elle se retrouva à coté de moi où il y avait une place disponible.Puis aussitôt,bien que je fus fatigué du voyage et du décalage horaire ,elle se mit à me questionner.Elle désirait savoir ce que je faisais dans la vie, où j’habitais , en France, à Paris,non seulement l’arrondissement,mais le quartier et même la rue! Non,elle ne faisait pas partie des services secrets japonais. Elle et son mari avaient habité,pendant deux ans entre 1966 et 1968 , à trois cents mètres de mon domicile parisien de l’époque.Lui était jeune banquier bardé de diplômes,venu en stage -chose assez rare à l’époque- successivement dans trois établissements financiers français.Elle ,par contre,ne travaillait pas.Ayant acquis une “Dauphine” ,ils avaient passé beaucoup de leurs week-ends à sillonner la France en long et en large.Elle était donc une guide idéale pour nous expliquer tout ce qui pouvait nous émouvoir ou choquer,avec une grande sincérité et nous faire ressentir les points de différence avec notre pays qu’elle avait appris à bien connaître. Quelle vision avait-elle de la France ? Réponse toute simple et franche : le pays des “glèves” et des vacances! Si aujourd’hui,elle est encore en vie,ce que je souhaite, et qu’elle regarde la télévision dans son pays,que peut-elle y voir ? Les manifestations de lycéens à Paris ! Et quelle peut bien être sa réaction ? "Ces “flançais” ne "changelont" jamais!" De leur coté,que vont penser les patrons japonais de nos Premiers ministres,de gauche ou de droite, puisqu’ils auront connu les deux variétés ? "En huit ans,aucune amélioration!Toujours aussi naïfs!" |
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08 avril 2008
Gandrange et les promesses présidentielles inutiles
| Vendredi dernier ,4 avril 2008, à l’aciérie de Gandrange,en Moselle, où la suppression de 575 emplois sur un total de 1.108 que compte à ce jour le site a été annoncée aux salariés le matin même lors d’une réunion du Comité d’entreprise à Metz,une vingtaine d’individus portant des drapeaux de la CGT ont saccagé le bureau du directeur de cette usine,jetant par les fenêtres le mobilier en présence de nombreux journalistes vraisemblablement invités à assister au désolant spectacle et sous les yeux de policiers qui ne sont pas intervenus. Pour couronner le tout Nicolas Sarkozy aura reçu ces vaillants héros ou leurs représentants syndicaux hier après-midi à l’Élysée,non pas pour les « féliciter » de cet exploit,mais pour leur annoncer une fois de plus qu’il allait faire quelque chose ! Comme joli coup de publicité en vue des élections prud’homales du 3 décembre prochain ,la CGT pouvait difficilement faire mieux. A l’usine Kléber de Toul ,à quelques dizaines de kilomètres de Gandrange,et dont la fermeture a été programmée pour des raisons vraisemblablement identiques,débouchant sur la perte de 826 emplois,d’autres syndicalistes avaient, de leur coté et deux mois plus tôt, séquestré trois cadres qui avaient été forcés de passer trois nuits à l’usine. Apparemment ces hauts faits n’ont pas tellement suscité l’émoi chez les Français, en tout cas pas autant que l’affaire de la fameuse banderole injurieuse déployée à la vue de tous les spectateurs et téléspectateurs lors du match Lens-PSG le samedi 29 mars, affaire qui a provoqué une multitude de dépôts de plaintes qui, nous n’en doutons pas, seront suivies d’effets. A Gandrange,par contre,seule la direction de l'entreprise a envisagé la possibilité de poursuivre les auteurs de « ces agissements irresponsables »,le saccage évoqué plus haut ,bien entendu. Or ses chances de voir aboutir un éventuel dépôt de plainte paraissent bien minces. Parce que,dans un passé relativement récent,et à maintes reprises ,les Français les plus avisés,et pas seulement les employeurs,ont constaté qu’il n’était pas nécessaire d’avoir été élu représentant syndical ,délégué du personnel ou membre de comité d’entreprise pour être salarié protégé de droit,c‘est à dire libre de faire n‘importe quoi sans limites et en toute impunité,mais qu’il suffisait seulement qu’ une centaine de « camarades » ,voire dans certains cas plusieurs milliers, viennent se rassembler bruyamment devant le tribunal où se jugeait une affaire de coups portés contre un cadre de direction,une affaire de séquestration de cadres pris au hasard lors d‘une grève, une affaire de destruction de l’outil de production ou de détournement de marchandises . A chaque fois ou presque,le verdict y était connu d‘avance :acquittement,relaxe pour témoignages douteux, pour absence de preuves tangibles,peine allégée en raison du climat qui régnait au moment des faits,si ce n‘était dispense de peine vu que les faits étaient anciens et avaient présenté un caractère isolé, formules devenues désormais classiques et qui passent très bien. Dans ces conditions,comment les grands groupes industriels mondiaux désireux d’investir en France peuvent-ils espérer y trouver facilement des directeurs,des cadres et du personnel de qualité pour assurer la bonne marche et la continuité de leurs entreprises à la merci de tels individus ? Pas facile! Et ce d’autant plus que personne dans notre pays n’ose aborder ce problème, ni nos économistes,ni nos politiciens,même pas Jacques Attali qui dans son rapport pour « libérer » la croissance n‘en a touché mot ! Comment dans un tel contexte de laxisme , d’indifférence de nos gouvernants,d’absence de rigueur, voire de clairvoyance, de la justice, pourrait-on alors s’étonner que les investisseurs étrangers rechignent à venir s’installer chez nous et par la même occasion y créer des emplois, ou qu’ils s’empressent de fuir sous d‘autres cieux plus cléments dès qu’ils s’aperçoivent qu’ils ont fait le mauvais choix en ayant opté pour notre pays cinq ,dix ou quinze ans auparavant ? Et cela, même dans ce cas typique de l‘aciérie de Gandrange où le site avait été racheté en 1999 pour le prix du franc symbolique (le sixième d‘un euro ) ,par son actuel propriétaire. Lundi dernier,31 mars 2008,la ministre de l’Économie Christine Lagarde confirmait ,au grand désespoir de tous ceux qui croyaient au Père Noël ,que le vice-président du groupe sidérurgique brésilien Gerdau n’avait présenté aucune offre de reprise de cette aciérie de Gandrange promise à un démantèlement progressif,solution que son propriétaire, ArcelorMittal ,n’avait peut-être pas initialement envisagée mais que lui a sans doute inspirée la constatation ,une fois sur place, qu’une entreprise ne pouvait pas se gérer en France de la même manière que dans son pays ,l‘Inde,ou que dans tout autre pays ,hormis quelques cas notoires comme l’Argentine ou le Nigéria que certains grands groupes français ont appris à connaître,un peu tard et à leurs dépens. De plus,et selon un ancien directeur de l’aciérie en question, une demi-douzaine de repreneurs potentiels s’étaient déjà auparavant manifestés. Mais,bien entendu,sans suite donnée,puisque l’entreprise n’était même pas à vendre! Résultat d’une confusion totale! Et là encore,personne ne s’est posé de questions sur ce cafouillis et ses conséquences prévisibles au niveau des directions des grands groupes étrangers qui se détourneront définitivement d’une France trop incertaine et risquée. Alors que ça ne devrait pas être très difficile,même pour un cégétiste de la base, de comprendre ce qui se passe en réalité dans la tête d’un entrepreneur en se posant simplement la question de savoir ce que font ses camarades chauffeurs d’autobus ayant à circuler dans les villes de banlieue « difficiles » lorsqu’un des leurs est agressé au travail? Pourquoi un directeur d’usine,si valable fut-il ,accepterait-il un poste à risques comme celui tenu par le directeur de l’usine de Gandrange,ou, à un niveau subalterne, pourquoi des jeunes diplômés talentueux et bien décidés à travailler seraient-ils attirés par des postes de cadres dans une entreprise comme Kléber à Toul quand ils savent, pour en avoir discuté entre eux ou avec leurs aînés , que tout ce qu’ils risquent d’y vivre et subir ainsi au travail leur interdira définitivement l’accès à tout nouvel emploi identique ailleurs,aussi handicapés qu’un délinquant sorti de prison avec un casier judiciaire chargé,à la simple raison que la rumeur des faits et incidents auxquels ils auront été involontairement mêlés les aura précédé avant même qu’ils n’aient pris possession de leur nouvelle fonction. C’est aussi cela la France pour ceux qui ont appris à la connaître. Peut-on imaginer un groupe rachetant une entreprise sans être renseigné sur le climat social régnant non seulement dans cette entreprise ,mais aussi dans le secteur géographique où elle est implantée, sans être sûr de pouvoir disposer de directeurs et cadres valables? Non. Et s’il n’y avait encore que cela. Hier à l’Élysée les syndicats de l’aciérie de Gandrange ont eu des promesses que, l’État aidant,les propriétaires de l’aciérie allaient construire une ou deux centrales électriques puis une unité de captation et de stockage souterrain de CO2 .Très bien! Mais cette fois-ci,ces investisseurs peuvent-il espérer qu’ils n’auront pas en face d’eux des associations de riverains excités par les écologistes du cru ou d’ailleurs qui,les empêchant de faire aboutir leurs projets,une fois que toutes les études préalables et plans définitifs auront été faits et payés, leur fourniront une belle excuse pour laisser pourrir les projets et donc ne rien faire? Non! Alors il ne faut pas rêver . Il y aura encore de nouveaux Gandrange . Et des salariés sérieux,n’ayant rien à se reprocher,mais qui,au seul motif d’être d’anciens d’entreprises ayant été sur la sellette,par conséquent indésirables, paieront de ce fait les fautes impunies de leurs camarades excités. |
09:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, économie, syndicats, france




