14 juillet 2008

Union pour la Méditerranée :après les présentations ,les cartes de voeux !

Alors qu’il existe déjà de nombreuses organisations internationales comme l’ONU et toutes ses structures dérivées regorgeant de fonctionnaires internationaux,placés en ces endroits confortables quand ,dirigeant d’un pays,on ne sait pas quoi faire d’eux autour de soi ou pour les écarter momentanément après déconvenues électorales ou bourdes dans l’exercice de fonctions pour lesquelles ils n'étaient pas vraiment « faits »,
Alors qu’une organisation politico-économique à vocation et à participants variables, l’Union Européenne forte actuellement de 27 pays membres , peine à se trouver,depuis plus d’un demi-siècle, et ne sait toujours pas si,la crise énergétique et alimentaire aidant,elle passera saine et sauve la première décennie du troisième millénaire,

Alors que tous les « G »,rassemblements de pays riches ou des plus développés,dans la gamme allant de 7 ou 8 à vingt ou plus, ne servent pratiquement à rien d’autre qu’à la prise de contact entre les uns et les autres ,sinon à projeter ou à deviser pour dans un demi-siècle ,dans 42 ans,en 2050,plus précisément, comme ce fut dernièrement le cas à Toyako au Japon, sachant que nul ne peut prédire exactement ce que sera l’évolution de la technique,de la démographie,des relations internationales,des moeurs politiques ,d’ici là,quand il y a urgence ,maintenant,demain et après demain,dont on ne sait pas de quoi ils seront faits,

Alors que toutes les autres associations d’États de ce genre nées depuis la fin de la seconde guerre mondiale,même dans le cadre d’une langue officielle unique comme ce fut le cas pour le Commonwealth ou la Communauté Franco-africaine, ont été vouées à l’inefficacité et à l’impuissance,et par conséquent n’ont pu se pérenniser sur la base de leurs objectifs initiaux,

Alors que ,faisant le trajet inverse, la Russie n’a rien perdu de son influence depuis que s'est désintégrée l’Union Soviétique dont elle avait été ,au début du siècle dernier,l’élément central et fédérateur par la force plutôt que par l’adhésion,

Alors,alors...était-ce opportun de lancer l’idée d’une organisation supplémentaire consistant dans un premier temps,le plus facile,à faire s’asseoir à une même table des dirigeants fort différents de caractère ,dont certains peu rompus aux coutumes démocratiques et n’ayant pas une conception bien affermie des droits de l’homme ou de la liberté de la presse ,profitant de cette occasion pour se relustrer à la tête de leur pays, et pour laquelle,dans un second temps, chaque pays voudra,histoire d’amour propre, sa part de « bureaux » ou de « sièges » pour héberger quelque dépendance de la nouvelle organisation?

Comme s’il n’y avait dans chaque pays « convive » de ce rassemblement,en principe fondateur, que des problèmes à régler qui ne pourraient l’être que par les autres : l’environnement,l’énergie,le climat,c’est à dire que des beaux sujets,et ,en plus, des sujets durables,puisque la mode est actuellement au tout durable!

Avec l’Union Européenne,ses directives,sa commission,sa Banque Centrale,son Parlement véritable Tour de Babel, sa Cour de justice,plus rien ou presque ne pouvait se faire ou se décider ,comme pour ne citer qu’un exemple: le taux de la TVA sur la restauration ,problème qui commence à dater et qui n‘est toujours pas solutionné définitivement ,bien que ce soit en cours,mais... .

Avec l’Union pour la Méditerranée,satellite,vassale ou associée, ce ne pourra qu’être pire,avec inévitablement de nouveaux impôts,cette fois méditerranéens.

Le rassemblement d’hier,à Paris de représentants de 43 pays sous l'égide de la France, ne fait-il pas immanquablement penser à ces réunions de familles nombreuses ayant souche à la campagne qui consistent à faire se retrouver à une date longtemps prévue à l’avance,un samedi ou un dimanche, tous les descendants d‘un aïeul ayant eu une vie rien de plus qu‘ordinaire, jusqu’à la cinquième ou sixième génération ,au nombre de cent à deux cent cinquante,et dont une bonne partie ne se connaissaient pas ?
Là,tout le monde s’embrasse,les organisateurs de la fête remettent ensemble des cousins ennemis depuis un héritage bénéfique pour les uns et contesté par les autres, le temps d’un repas copieux et bien arrosé. On promet de se revoir .Puis,en fin de journée ,chacun et chacune retourne à ses problèmes et tout continue comme avant. On s’enverra des cartes de voeux,mais personne ne se reverra. Et personne ne s’en trouvera plus mal.

Pour ce qui est de notre monde,des gens continueront à mourir dans la plus grande solitude par noyade en fuyant leurs pays,en proie aux disettes ou ravagés par des guerres civiles , sur des embarcations de fortune pouvant chavirer au moindre coup de vent.
Et,dans nos banlieues des voitures appartenant à des gens n’ayant pas les moyens de se payer un garage, continueront à brûler toutes les nuits.

07 juillet 2008

Nicolas Sarkozy ,la prometteuse France et les douces grèves

La France serait-elle en train de changer « beaucoup plus profondément qu’on ne le croit. » comme l’a affirmé Nicolas Sarkozy ,samedi dernier,lors du Conseil national de l’UMP, au point que « désormais,quand il y a une grève,personne ne s’en aperçoit»?
Notre Président tiendrait-il cela d’un sondage resté secret ou ne serait-ce qu’une intuition qu’il aurait été fort avisé de garder pour lui,en attendant que ce rêve soit confirmé comme réalité au moins d’ici la fin de l’année,lorsque les Français auront une idée un peu plus affinée de l’évolution de leur pouvoir d’achat,du taux d’inflation pour 2008 et du prix du litre de «  95 » pour leur voiture ?

A considérer tous les mouvements de mécontentement qui se sont succédés depuis son élection en mai 2007,et auxquels il devait s’attendre, ne vaudrait-il pas mieux mettre la compréhensible passivité ou la relative indifférence des Français face notamment aux grèves récentes sur le compte de l’accoutumance ?
Ou pire,expliquer la relégation de la gêne à un moindre degré d’importance au constat que d’autres problèmes, causant quotidiennement des désagréments encore plus sérieux que les aléas des grèves elles-mêmes, resteraient imparables,comme les pannes fréquentes dans les transports publics dues à des défaillances techniques de matériels trop vétustes ,les retards de trains non signalés ,et dans un autre domaine ,les coupures impromptues d’électricité,y compris dans les hôpitaux ,sans parler des menaces d’actes terroristes ou de comportements d’individus en situation d’absence de discernement?

Pour en revenir à notre Président,et après ces paroles qui ne seront pas tombées dans des oreilles de sourds,comment cela va -t-il se passer lorsqu’il visitera une usine ou entreprise importante?
Quel genre d’accueil vont lui réserver ces fameux salariés protégés au point de se permettre tous les excès au nom des libertés syndicales?
Ce qui lui est arrivé au dernier Salon de l’agriculture à Paris en ce début d’année n’est-il pas un signe ,entre autres,que la France a changé,mais certainement pas dans le sens espéré qui permette d'être optimiste ?

24 avril 2008

Réforme des institutions ! Petites et grandes illusions (1)

Depuis hier nous sommes rassurés. A moitié,presque. Il y aura une réforme des institutions,c’est promis, mais tout de même pas juré .Le projet de réforme de la Constitution reprenant les conclusions du rapport Balladur a été approuvé en conseil des ministres. Le texte va être soumis à l’examen des députés  le 20 mai et les jours ou semaines qui suivront avant de passer au Sénat en juin. Le Congrès (députés + sénateurs réunis) se tiendra le 7 juillet  à Versailles pour entériner cette audacieuse réforme. Tout cela paraît donc bien ordonné et méticuleusement programmé.
A en croire Luc Chatel ,le porte-parole du gouvernement, ce « sera la plus grande réforme de la Ve République depuis 1958 » .

Qu’est-ce qui va donc bien être amélioré dans nos vies?

Prenons un exemple de changement envisagé :le plafonnement du nombre des membres du gouvernement (ministres ou secrétaires d’état ) !
Là ,je n’ai pu, hier soir, m’empêcher de me rappeler cette conversation qu’à deux ou trois jeunes Français nous avions eue dans un hôtel parisien au début des années 70 avec une professeure retraitée tchécoslovaque qui maîtrisait très bien notre langue,pour avoir vécu quelque temps dans notre pays avant la guerre de 1939-1945 .Elle devait avoir entre 75 et 80 ans,sa venue en France ne posait pas de problème pour l’administration communiste de son pays. C’était donc une personne,par conséquent, à charge pour la collectivité dans son propre pays et une défection de sa part n’aurait pas été considérée comme une trahison,bien au contraire. La discussion fut très libre,d’autant plus qu’elle était seule à pouvoir discuter avec nous,les autres personnes de son groupe étant remontées dans leurs chambres. Ce point est important quand on songe que dans un pays voisin de la Tchécoslovaquie,en Allemagne de l’Est , communiste à l’époque, une personne sur quatre était plus ou moins liée à la STASI,la sinistre police politique . A la question : « Vous qui avez connu la Tchécoslovaquie « capitaliste » avant 1939 ,quelle différence avez vous constatée lorsque les communistes ont pris le pouvoir? » Réponse cinglante et franche: « Les fauteuils sont restés, leurs occupants ont changé,c’est tout »!

Si demain,pour assurer la gouvernance de notre pays ,il y a non plus trente ministres ou secrétaires d’état ,mais seulement dix qui chapeauteront des adjoints ou délégués qui bénéficieront des mêmes avantages que les ministres ou secrétaires d’état « déclassifiés » c’est à dire sans le titre ,est-ce que cela va changer grand chose pour le budget de l’État et pour nos impôts? Personne ne le croira,même si une réforme de cet acabit ne devrait pas susciter moins de trois mille amendements de la part de nos bons députés socialo-communistes qui excellent à faire de l’obstruction inutile .

J’ai écrit à la première ligne de cette note « A moitié presque ». Le problème ? Cette phrase de François Fillon prononcée hier à l’occasion d’une visite à la Maison des adolescents à Paris : « J’attends une feuille de route pour les prochaines semaines et les prochains mois,qui nous redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites »...C’est à se demander si notre Premier ministre assistait au conseil des ministres hier matin et ,si oui, à quoi il pensait quand le projet de réforme a été approuvé !

23 avril 2008

La rupture!Quitte ou double pour Nicolas Sarkozy

Contrairement à ce qu’a avancé Ségolène Royal hier lors d’un point de presse à Paris, l’année qui vient de s’écouler depuis l’élection de Nicolas Sarkozy n’est pas « une année perdue » ou « une année ratée » parce que cette année qui devait être la première année de « rupture » aura permis de faire découvrir noir sur blanc ou prendre conscience à un plus grand nombre de nos concitoyens que la France est redevenue depuis plus de trente ans un pays ingouvernable,incapable d’évoluer sereinement et harmonieusement .Parce que ,contrairement à ce qu’on dit , il ne faut pas prêter aux Français l’intelligence qu’on les flatte hypocritement de posséder.

La réalité,c’est que notre pays se trouve figé dans un immobilisme institutionnel ,économique et social dont il ne peut se sortir et qui, s’il se perpétue, va conduire inéluctablement et insensiblement à l’appauvrissement du plus grand nombre,un phénomène déjà bien engagé et nettement perceptible avec l’apparition de ce qu’on a appelé les « nouveaux pauvres » sous le premier septennat de François Mitterrand,placé sous le signe de la formule non écrite « gagner sans travailler ».

Et pourtant notre France regorge d’intellectuels,de gens sur-diplômés et d’organismes de toutes natures,de hautes autorités,de commissions nationales, de penseurs,de gourous .Il n’en est aucun pour réagir avec efficacité ,tant pour décrire le phénomène,que pour en situer les origines et les causes,encore moins pour rappeler à leurs responsabilités ceux qui sont payés pour assumer et pas seulement revendiquer celles-ci.

Pire,ce phénomène laisserait indifférents les observateurs les plus perspicaces de notre pays,ceux qui peuvent écouter et voir , réduits à ne pouvoir dire ce qu’ils auraient envie,tant pour ne pas provoquer de réactions incontrôlables que pour éviter leur mise à l’index,laissant cette besogne à la discrétion d’organismes internationaux ayant leur siège hors nos frontières,à New York,Bruxelles ou Francfort, comme le FMI,la Commission de Bruxelles ou la Banque Centrale Européenne, par conséquent à l’abri de toute mesure de rétorsion ou d‘intimidation. Comme si la France,en ce début du troisième millénaire,se faisait un honneur de vouloir perpétuer certaines habitudes néfastes,notamment dans le domaine des libertés individuelles,de la liberté de la presse ou de la liberté d’expression,ayant eu ou ayant encore cours dans certains pays de l’Est de l’Europe,autoproclamés « démocraties populaires » après la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la « chute » du mur de Berlin ou quelques années encore.

Résultat:lire ou relire un journal français datant de 1983,de 1988,de 1993,de 1998,de 2003,de 2008,c’est retrouver cycliquement les mêmes titres qui ont trait aux mêmes problèmes sempiternellement soit éludés,soit résolus incomplètement ou provisoirement,comme si les élus avaient peur de devoir se retrouver un jour sans avoir d’os à ronger. Quand ce n'est pas la fiscalité c'est le chômage,la précarité,ou la pauvreté.Vient à son tour la justice avec une erreur judiciaire dont on nous promet que ce sera la dernière.L'insécurité ,les zones de non-droit en surchauffe.Les enseignants champions des manifestations.Les retraites,le déficit de la sécurité sociale,les magouilles.
Parce qu’à peine élue,une nouvelle majorité commence par défaire ce que l’ancienne avait fait,suivant un scénario bien connu,la loi Durand devenant la loi Dupont qui deviendra à son tour à la prochaine législature la loi Durien ou Dunul.Il arrive même qu’une nouvelle majorité vote ce qu’elle avait refusé de voter antérieurement alors qu’elle était dans l’opposition.
Aujourd’hui,en Conseil des ministres on aura parlé de réformes pour nos institutions. Pour rien.
D’abord parce que si les initiateurs ou commanditaires de telles réformes ont attendu un an pour les proposer,celles-ci ne doivent pas revêtir un caractère d’urgence,ensuite parce n’importe quel esprit sensé ne peut imaginer comment des gens qui vivent et prospèrent d’un système le modifieraient dans un sens qui les obligerait à laisser leur place à des gens plus compétents. Voilà qui est très simple à comprendre.

Exemple d’incompétence:Ségolène Royal est bien gentille de critiquer celui qui a fait d’elle une perdante l’an dernier,mais est-elle bien placée pour le faire? N’est-ce pas s’exposer stupidement, parce qu’un esprit sensé ne comprendrait pas qu’elle fasse l’éloge de Nicolas Sarkozy,et le mieux ne serait-il pas qu’elle reste discrète à ce propos?
Ségolène Royal a,tout comme Nicolas Sarkozy,un très gros handicap. Ils sont rentrés tous deux en politique beaucoup trop jeunes à la même époque et leur tort est de n’avoir fait (pratiquement) que cela dans leur vie. Il leur manque le vécu et l’expérience des gens ,du peuple ,qui ne confient pas leurs souffrances ou leurs joies à un élu de la même manière qu‘à un quidam. En plus ce sont deux enfants gâtés de la politique dans notre système électoral actuel :tous deux ont été élus dans des circonscriptions « faciles » ou le plus gros à faire était d’obtenir l’investiture de leur parti respectif. Gagner la France,n’est point gagner Melle,ni Neuilly-sur-Seine. Si Ségolène Royal a perdu le 6 mai 2007,une des principales raisons en aura été qu’elle est partie dans la course beaucoup,beaucoup trop tôt,cumulant sur le temps les bourdes et les casseroles qui ont érodé continuellement sa cote. Son problème est aujourd’hui qu’elle n’a pas cessé d’être candidate.
Quand à Nicolas Sarkozy,on ne sait pas bien ce qu’il va dire demain soir. Mais peu importe. Il n’a plus le choix.
C’est désormais pour lui « quitte ou double » !

22 avril 2008

Quand la piraterie, la misère du monde et l’humanitaire font recette

Depuis dimanche et jusqu’à jeudi se tient à Accra au Ghana,en Afrique , la 12 ème Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (CNUCED) qui n’est rien d’autre qu’une pleurnicherie collective où des chefs d’État dits « progressistes » en mal de médiatisation viennent se donner bonne conscience à réclamer aux pays développés assistance et aide financière.

Pendant ce temps là ,au large des côtes somaliennes les actes de piraterie se multiplient et sont le fait d'individus très bien équipés et tout aussi bien organisés. Dimanche dernier un bateau de pêche espagnol avec 26 personnes à son bord a été pris d’assaut,même pas quinze jours après qu’un voilier de luxe français , le « Ponant », eut subi le même sort. Dans cette dernière affaire ,six pirates ont été arrêtés en Somalie,puis aussitôt transférés en France. Jusque là cette affaire suit son cours normal,au moins en apparence. Mis en examen et incarcérés,ils risquent la perpétuité,mais on peut pronostiquer que leurs avocats trouveront bien une faille dans le mode de leur arrestation ,dans l'analyse des conditions de leur transfert ou en tout autre domaine pour leur obtenir une peine minimum ou la relaxe avec une possible indemnisation de l’État français,sait-on jamais! En attendant,la partie de la rançon de 2 millions de dollars non récupérée ,soit près de 90% de cette somme (1,15 million d‘euros,soit environ 758 briques comme on disait à l'époque du franc ), va faire des heureux qui n’auront pas besoin de travailler un bon bout de temps pour vivre leur vie,qui là bas ,est-il besoin de le rappeler,coûte infiniment moins cher qu’en France.

Mais si pirater peut rapporter gros et vite,avec risque élevé toutefois ,il y a une autre façon indolore mais non moins pernicieuse cette fois de casser ou décourager la dynamique du travail dans les pays développés sans cesse culpabilisés : le recours à la charité des autres qui est tellement moins fatiguant que travailler ! Ça marche très bien et ça tombe aussi très bien parce qu’en face ,dans notre pays par exemple,on trouve aisément des pourvoyeurs prêts à cautionner un tel système d’assistance basé sur la naïveté des donateurs. Participer à une action humanitaire pour un simple citoyen n’est-ce pas la meilleure façon de se valoriser ,d’avoir droit à tous les égards ou de briller médiatiquement à moindres frais?

D’un autre coté,les fonctionnaires ou responsables de la Banque Mondiale ou de la CNUCED,censés combattre la misère dans le monde ,eux, ne semblent pas mal lotis,ou, tout au moins, c’est ce qu’il s’en déduit quand on constate ce que la moindre nomination d’un directeur ou sous-fifre à un poste devenu vacant dans ces organismes peut susciter comme avalanches d’indignations et de jalousies. Pour faire quoi,finalement?
Ce qu’ils ont fait le 24 février 2007 quand Robert Mugabe ,président du Zimbabwe,a fêté ses 83 ans sans lésiner sur les moyens puisque cette réjouissance,rassemblant diplomates ,ministres, dignitaires de son parti et quelques milliers d’autres invités, aura coûté plus d’un million de dollars pour son pays en faillite  ,comme devait le reconnaître quatre jours plus tard le président de la Banque Centrale du Zimbabwe. Qu’ont-ils alors fait? Rien!

Neuf mois et demi plus tard,le 8 décembre 2007,à Lisbonne ,devant chefs d’État européens et africains ,la chancelière allemande , Angela Merkel a évoqué ce pays en ces termes peu élogieux ,le moins qu’on puisse dire :«Le Zimbabwe nous inquiète tous,en Europe et en Afrique ... La situation au Zimbabwe nuit à l’image de la nouvelle Afrique »! Mais c’était pour se voir répliquer aussitôt par le président du Sénégal Abdoulaye Wade devant des journalistes : « Le Zimbabwe n’est pas en voie d’effondrement,pas plus que M.Mugabe. Qui peut dire que les droits de l’homme sont davantage bafoués au Zimbabwe que dans d’autres pays d’Afrique? Nul ne peut dire chose pareille ».Tous complices, dira-t-on.
N’est ce pas inquiétant ,à considérer que les résultats de l’ élection présidentielle qui s’y est déroulée il y a plus de trois semaines ne sont toujours pas proclamés?

Dans six mois ou un an,on viendra peut-être nous solliciter pour ce pays,jadis grenier à blé de l’Afrique, comme on l’a fait maintes fois dans le passé pour d‘autres en proie aux famines.
Et ça marchera très bien,nos vedettes du cinéma , de la chanson ou de la télévision seront toutes dans le coup! Et leur action sera saluée,pourquoi pas, par le Président Sarkozy ou par le maire de Paris, Bertrand Delanoé!

Un tel système peut ainsi durer très longtemps ,et la misère n’est pas prête de régresser.Les guerres aussi.

16 avril 2008

Pourquoi un  délégué interministériel à la communication ?

Hier,15 avril 2008 ,est paru au Journal Officiel de la République Française,un décret (N° 2008-335 du 14 avril 2008) signé du Premier ministre François Fillon instituant un « délégué interministériel à la communication » avec pour mission principale de « veiller à la coordination des actions d’information et de communication du gouvernement ».

Était-ce nécessaire de créer un tel poste ? Fallait-il attendre un an pour en arriver là? N’aurait il pas été plus judicieux de choisir des ministres non seulement compétents dans le domaine dont ils auraient la charge ,mais bien conscients et avisés qu’ils devraient travailler au sein d’une équipe, nantis de prérogatives bien définies excluant tout empiétement sur le territoire des collègues préjudiciable à l’action de ceux-ci par des bavardages intempestifs ?
Comme ce qui a pu être constaté pas plus tard encore que dimanche avec Martin Hirsch,non pas ministre mais Haut Commissaire aux solidarités actives ,préconisant ,sur Canal+ ,la création  d’une taxe sur les entreprises qui utilisent leurs profits pour "racheter leurs propres actions avec très peu d'impôts là-dessus" ,quand deux jours plus tôt , notre Premier ministre,en voyage au Japon venait de déclarer devant des patrons de ce pays que la France voulait « devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires »...Personne n’aura relevé en France,une fois de plus.

Autant dire tout de suite que cela ne servira à rien aussi longtemps que ministres et secrétaires d’Etat se comporteront comme s’ils s’imaginaient être le centre du monde ,comme si le soleil ne devait briller que pour eux,comme s’ils se voyaient un destin national,et dès lors que leur première préoccupation serait de connaître le type de voiture qu’ils auraient avec le nombre de motards qui les accompagneraient lors de leurs déplacements officiels,le mieux étant encore dans leur circonscription.

De ce coté là rien ne changera parce que ces gens sont trop faibles pour résister aux sollicitations des journalistes ,trop soucieux qu’on parle d’eux pour pouvoir,le moment venu ,c’est à dire lors de retrouvailles avec les électeurs,prouver qu’ils existent,dans le cadre d’un système électoral fort éloigné de l’idéal.

Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à ce nouveau venu dans la confrérie gouvernementale. Il pourrait en effet ,et très vite, se retrouver dans la posture de ce sous-officier que, lors de mon service militaire en Allemagne au début des années soixante,j’avais entendu avouer à son supérieur hiérarchique son incapacité à empêcher certaines recrues de trouer le grillage entourant la caserne pour sortir sans permission ou rentrer plus tardivement que prévu de permission de soirée! Il ne voyait d’autre solution que les attacher à leur lit!

14 avril 2008

Laurence Parisot et les lycéens formidables

On ne pourra pas dire que les patrons français ont privilégié l’intelligence et la finesse en se choisissant Laurence Parisot comme représentante en tant que présidente de leur organisation ,le MEDEF.
Ne vient-elle pas d‘avouer,pas plus tard qu’hier, lors du « Grand Rendez-vous- Europe1/TV5Monde/Le Parisien/Aujourd’hui en France, qu’elle trouvait « absolument formidables » les lycéens qui en seront demain après-midi à leur sixième manifestation depuis trois semaines ,alors qu’ils ne sont en réalité qu’une infime minorité turbulente,nullement représentative de leurs autres camarades. Et fort heureusement pour ces derniers.

Ne pourrait-on pas raisonnablement envisager que ces manifestants, poussés et encouragés par une catégorie de professeurs bien connus pour s’attarder sur un modèle de société,le communisme, qui a fait faillite partout où il a été mis en application et éprouvé dans le monde, seraient encore davantage minoritaires si certains lycées n’étaient pas bloqués d’accès ,illégalement,par des éléments d’extrême gauche et des syndicats qui n’ont pas en estime,le moins qu’on puisse dire,l’organisation que Laurence Parisot préside depuis le 5 juillet 2005 ?

Cette dernière se rappelle - t-elle seulement que d’un sondage effectué par l’institut CSA les 28 et 29 juin 2005,pour le journal « L’Humanité », il ressortait que 56% des Français étaient mécontents de l’action du MEDEF ,par conséquent la quasi totalité des proches de ces manifestants,contre seulement 29% de satisfaits?

Avec les révélations faites sur les « parachutes dorés » pour certains PDG peu soucieux et encore moins conscients des pénibles conditions d’existence de bon nombre de leurs compatriotes, en ces temps de crise,quasi scandales qui ont émaillé l’actualité,et,pas plus tard que ce week-end dernier,avec l’annonce de perquisitions a son siège pour une histoire pas très claire de caisse noire,l’image du MEDEF s’est-elle améliorée depuis? Ce n’est pas certain!

Ce n’est pas tout .
Lors de la même émission Laurence Parisot s’est dite convaincue que  la meilleure façon d’améliorer le pouvoir d’achat était « peut-être de baisser les prélèvements obligatoires », c‘est à dire les impôts. Sur ce point elle a sans aucun doute raison,mais avant de pouvoir les baisser,encore faudrait-il déjà commencer par en stopper l’augmentation sur une certaine période d’observation au moins jusqu’à ce qu’une majorité de Français en aient constaté la réalité ,ce qui serait déjà un énorme progrès.
Or cet objectif minimum est forcément incompatible avec tout dépassement du moindre poste du budget de l'Etat comme en serait la cause un alourdissement de la charge de l’éducation nationale qui résulterait du seul maintien d’ emplois d’enseignants devenus bel et bien superflus,d’un superflu confirmé à la seule démonstration que les six après-midi de manifestation -si toutefois le mouvement devait s’arrêter là - se seront globalement traduits pour les lycéens engagés dans le mouvement par une absence aux cours pour un nombre d’heures global nettement supérieur à celui qui correspondrait au seul temps d’enseignement prodigué par les enseignants dont le remplacement ne serait pas prévu,c’est dire en gros 1% de l’effectif total et dont il n’est pas prouvé qu’il serait le pendant d’une meilleure qualité d’enseignement. D’autant plus qu’ on sait désormais que les manifestations répétitives et quasi annuelles n’ont aucune incidence sur les résultats du bac puisqu’une fois de plus,comme les années précédentes qui ont connu des mouvements de mécontentement similaires,on nous claironnera,fin juin début juillet un taux record de réussite au baccalauréat,à moins qu’on nous persuade que les heureux diplômés n’aient pas été grévistes ,ce qui ,encore, dans une telle hypothèse , prouverait aisément que le mouvement de grogne lycéen de ce printemps n’avait aucun fondement,ni n’était le fait de jeunes gens « formidables » , n’en déplaise à Laurence Parisot.

En fait ces jeunes lycéens « formidables » tels qu’elle nous les a présentés ,en sont tout le contraire,pour continuer encore à « réagir » à une suppression programmée de 10.000 postes de « profs » qui a été annoncée par le même ministre que celui qui est en charge de l’éducation nationale aujourd’hui ,Xavier Darcos,dès le 28 juin 2007 ,sur BFM TV juste après le bac 2007,il y a donc tout juste neuf mois et demi!
Les médias,en relayant ces manifestations feraient bien de cesser de faire croire n’importe quoi aux gens.

12 avril 2008

Un voyage au Japon inutile pour François Fillon?

Du 16 au 19 décembre 1999,il y a donc un peu plus de huit ans,Lionel Jospin, Premier ministre, s’était rendu au Japon avec son épouse Sylviane et trois membres de son gouvernement,Claude Allègre ministre de l’Education nationale,Charles Josselin ministre de la Coopération et François Huwart en charge du Commerce extérieur.
C’était six mois avant que la France prenne la présidence de l’Union Européenne le 1 juillet 2000 et pour une durée de six mois.L’accompagnaient également lors de ce voyage une brochette de grands patrons,Louis Schweitzer (Renault), Anne Lauvergeon (Cogéma ) ,Thierry Breton ( Thomson-Multimédia) ,entre autres.

Sur place,Lionel Jospin prononça un beau discours sur la mondialisation devant des journalistes,des universitaires et des politiciens, en tant qu’invité à un symposium organisé par le journal Nikkei.Il fut également reçu par l’empereur Akihito.Il eut un entretien avec son homologue japonais de l’époque, Keizo Obuchi.Jusque là rien à dire.Mais, surtout,ce voyage lui donna l'occasion de vanter l’attrait de la France et son modèle aux investisseurs potentiels japonais.
Il fallait de sa part et à l’époque beaucoup de courage voire d'audace pour dire aux japonais de venir investir en France quand nos entreprises se précipitaient pour délocaliser certaines de leurs activités de production ou fuyaient tout bonnement l’hexagone,alors que l’euro ne cessait de dégringoler ,et que les 35 heures allaient être mises en application dans les grandes entreprises même pas un mois plus tard. Combien d’entreprises japonaises importantes ont investi en France depuis cette date?Aucune!
Sur le moment, en France,personne n'avait bronché dans nos médias plus serviles que jamais.

Hier et aujourd’hui,François Fillon,notre actuel Premier ministre est aussi en voyage au Japon.Il y est allé accompagné de son épouse Pénélope, de ministres ,et de patrons français également,dont Anne Lauvergeon.Devant des patrons japonais il a aussi vanté la France,désireuse de “devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires”,cette France ,qui dans trois mois assurera la présidence de l’Union Européenne pour six mois,comme en 2000.Cette France dont il déclarait pas plus tard que le 21 septembre dernier à Calvi , en Corse, qu'elle était un "Etat en situation de faillite sur le plan financier..." On constate donc une similitude entre les deux voyages effectués à 8 ans d’intervalle pratiquement dans les mêmes intentions:promouvoir la France.
Valérie Pécresse ,de sa suite, qui a fait des études au Japon dans son jeune âge et qu’on ne présente plus, a rappelé de son coté que pour les Japonais “la France est encore trop souvent associée à la cuisine,à la mode,et pas aux sciences...” Cela est peut-être vrai pour les japonais “lambda” ,sur place.C'est aussi ce que tout le monde répète dans notre pays.
Mais,moi,j’ai une autre idée de ce que pensent de la “Flance” les Japonais d’âge mûr,les décideurs.

En 1974,en voyage au Japon avec un groupe d’une douzaine d’autres Français,le hasard aura voulu que, sur place, notre jeune accompagnatrice fort sympathique connaissait très bien la France pour y avoir vécu deux années à Paris.Autant dire qu’entre elle et nous le courant est très vite passé.Tout juste arrivé à Tokyo Haneda,et à peine installé à ma place dans l’avion de lignes intérieures qui devait nous emener de Tokyo à Osaka elle se retrouva à coté de moi où il y avait une place disponible.Puis aussitôt,bien que je fus fatigué du voyage et du décalage horaire ,elle se mit à me questionner.Elle désirait savoir ce que je faisais dans la vie, où j’habitais , en France, à Paris,non seulement l’arrondissement,mais le quartier et même la rue! Non,elle ne faisait pas partie des services secrets japonais. Elle et son mari avaient habité,pendant deux ans entre 1966 et 1968 , à trois cents mètres de mon domicile parisien de l’époque.Lui était jeune banquier bardé de diplômes,venu en stage -chose assez rare à l’époque- successivement dans trois établissements financiers français.Elle ,par contre,ne travaillait pas.Ayant acquis une “Dauphine” ,ils avaient passé beaucoup de leurs week-ends à sillonner la France en long et en large.Elle était donc une guide idéale pour nous expliquer tout ce qui pouvait nous émouvoir ou choquer,avec une grande sincérité et nous faire ressentir les points de différence avec notre pays qu’elle avait appris à bien connaître.
Quelle vision avait-elle de la France ? Réponse toute simple et franche : le pays des “glèves” et des vacances!
Si aujourd’hui,elle est encore en vie,ce que je souhaite, et qu’elle regarde la télévision dans son pays,que peut-elle y voir ?
Les manifestations de lycéens à Paris !
Et quelle peut bien être sa réaction ?
"Ces “flançais” ne "changelont" jamais!"
De leur coté,que vont penser les patrons japonais de nos Premiers ministres,de gauche ou de droite, puisqu’ils auront connu les deux variétés ?
"En huit ans,aucune amélioration!Toujours aussi naïfs!"

03 avril 2008

Six à sept milliards d’euros faciles à trouver

Tous les ans,dans la première quinzaine de février en principe, la Cour des comptes rend un rapport sur divers points de la gestion des fonds publics ayant fait l’objet de ses attentions au cours de l’année précédente. Les plus flagrants gâchis sur investissements publics réalisés, les démesures de certains élus de collectivités bénéficiaires de subventions pour financer des inhabituelles dépenses d’équipements notamment ,ou les incohérences de méthodes inadaptées y sont inévitablement montrés du doigt.
Bien évidemment les médias,et pas seulement la presse satirique, s’y arrêtent quelques jours,pour faire une fixation sur ce qu’ils appellent, parfois un peu trop vite, les « scandales » mis au grand jour,mais ça ne va guère plus loin que l‘indignation,au point qu’il a été maintes fois reproché à la noble institution de la rue Cambon à Paris de seulement parler dans le vide. Reproche qui recueillerait l’assentiment de tous ceux qui aimeraient bien savoir sanctionnés les auteurs d’ écarts,de turpitudes ou de gabegies résultant de leur incompétence ,au moins pour l’exemple, afin que les contribuables n’aient pas le sentiment d’être pris pour des moutons bons à tondre et surtout d’être les seuls à payer.
En réalité ,et à défaut de sanctions efficaces prises à l’encontre des incompétents ou de poursuites judiciaires engagées contre les présumés délinquants découverts dans le cadre de sa mission ,les rapports de la Cour des comptes ne seraient-ils pas autant de boîtes à idées toutes trouvées pour ceux qui ,jusque là restés malgré tout honnêtes pour finalement en arriver à le regretter , n’en avaient pas encore? Et ne faudrait-il pas en déduire que cette Cour ne ferait que se perpétuer ,voire se développer,des maux qu’elle serait paradoxalement censée combattre et éradiquer?

Puisque François Fillon cherche ces jours-ci à faire des économies pour boucler un budget dont le déficit devrait rester conforme aux attentes des partenaires de la France au sein de l‘Union Européenne, économies de l’ordre de sept milliards d’euros, paraît-il et selon des gens toujours mieux informés avant les autres on ne sait de quel droit ,ne devrait-il pas commencer par s’engager sur cette piste de chasse aux gaspillages publics et de débusquage d’incompétents toute tracée par la Cour des comptes ,pour éviter de mettre à contribution l’ensemble des Français,qui ,en matière d’austérité ont déjà plusieurs fois donné dans le passé,sans constater d’amélioration tangible de leur condition et pour faire mentir ses opposants socialistes et communistes,qui lui en prêtent l’intention?
Hier,devant l’Association des journalistes parlementaires,Brice Hortefeux est allé un peu dans la bonne direction en déclarant : « On est entré dans une période nouvelle où le président de la République et le Premier ministre souhaitent qu’il y ait une analyse précise,détaillée des dépenses des ministères,qui aboutira à des économies » .
Analyser ne suffira pas. Encore faudra-t-il décider ce qui est faisable et qui est une autre chose. Ce sera peut-être plus difficile que de faire supporter au plus grand nombre de gens qui ne sont nullement impliqués dans l‘accumulation des dépenses publiques inutiles,et il faudra en conséquence s’attendre à de farouches résistances,si ce n’est déjà commencé.