04 février 2009
Cinq milliards d’Euros pour aider Airbus à vendre ses avions
| Dans un entretien au Journal du Dimanche du 16 janvier 2000,il y a un peu plus de neuf ans, Noël Forgeard patron d’Airbus Industrie à l’époque , estimait le potentiel de vente de l’A380 ,avion géant de 800 places assises, à 1200 appareils à l’horizon 2020 et « si tout va bien » la mise en service des premiers exemplaires fabriqués pour le troisième trimestre 2005,sans connaître même la localisation future des deux sites où serait construit cet avion. Mais voilà,nous étions en France,pays de râleurs trouvant toujours au pouvoir des politiciens prêts à n’importe quelle concession pour s’y maintenir. Et que d’embûches pour la société constructrice avant que la production ne se mette en route pour de bon ! -8 mai 2001: premiers soucis que n’auraient jamais eus les concepteurs et réalisateurs d’un tel projet quarante ans plus tôt,des collectifs de riverains organisaient un pique-nique et faisaient signer des pétitions du genre : « L’abus de pouvoirs publics est dangereux pour la forêt » , craignant que la route départementale 17 traversant la vallée de la Save ,près de Toulouse, ne soit transformée en route pour « gros gabarits » .Les problèmes commençaient pour le transport des pièces et équipements prévu pour démarrer fin 2003... -25 juillet 2001: dans « le Monde » ,les Verts ,au pouvoir à ce moment là dans le gouvernement Jospin ,voyaient dans cette affaire de route à grand gabarit « un crime pour la démocratie » ! -23 octobre 2003: le projet se concrétisait progressivement ,fabrication des premières pièces de l’avion ,à Nantes,avion qui avait déjà été commandé à une centaines d’exemplaires. Son vol inaugural était programmé pour fin 2004. -20 mai 2004: alors que les commandes se chiffraient à 129 unités,la compagnie anglaise Virgin,demandait un délai de livraison supplémentaire de 18 mois ,au moins ,pour ses six exemplaires commandés,et pour raison de retard dans l’aménagement de pistes à l’aéroport de Los Angeles. -18 janvier 2005: l’A 380 qui n’avait pas encore volé était présenté lors d’une grandiose cérémonie où se retrouvaient quatre chefs d’État. La route à très grand gabarit Langon-Toulouse -240 km- avait pu être réalisée. -27 avril 2005: vol inaugural ,pratiquement sans retard,à quatre mois près quand même, sur le planning initial. -8 août 2005: la compagnie Singapour Airlines se plaignait d’un retard dans la programmation des livraisons,bien que des compensations fussent prévues. -6 avril 2006: blocage non loin de l’arrivée à l’usine d’assemblage, par des étudiants anti-CPE , d’un convoi de pièces pendant près de trois heures ,comme si le constructeur avait besoin de cela en plus de problèmes techniques qui devaient par la suite retarder les livraisons. Les étrangers ,acquéreurs potentiels de ce bel avion, observaient,ce qui peut se comprendre, mais ne disaient rien. -7 novembre 2006: une compagnie américaine annulait une commande de 10 exemplaires au motif qu’il ne lui était pas possible d’attendre deux ans supplémentaires pour être livrée. Elle se tournait vers Boeing. -28 février 2007 : Après plusieurs changements de têtes à la direction d’Airbus,un plan de restructuration ,manie de tout nouveau dirigeant d’une entreprise venu de l’extérieur, prévoyait 10.000 suppressions d’emplois sur 57.000,mais sans licenciements secs. S’en suivaient des grèves… qui rappelaient gentiment aux acheteurs potentiels que l’A 380 Airbus était fabriqué en France. -15 octobre 2007: Singapore Airlines obtenait enfin livraison de son premier A 380 , avec 18 mois de retard sur le calendrier initial. Le bel avion ferait son premier vol commercial dix jours plus tard. Fin août 2008 : 198 commandes fermes enregistrées. Sur fond de sommets atteints par le prix du baril de pétrole,et de baisse du dollar, par conséquent concurrence plus sérieuse de Boeing , plus pénalités pour retards de livraisons ,entre autres, débouchaient sur de graves problèmes de trésorerie pour l’avionneur de Toulouse. Les compagnies acheteuses d’avions ont aussi commencé à souffrir de ces problèmes,par suite de la crise financière. Des banques vont les aider et ,pour cela,doivent recevoir prochainement de l’État, 5 milliards d’Euros , en dépannage . Si tout va bien, une quarantaine d’A 380 auront été livrés à la fin de cette année. Mais combien d’avions de ce type , en plus, auraient été commandés ,livrés et payés avant la crise financière ,sans les problèmes exposés plus haut, sans le garrot des 35 heures ,ce qui aurait à coup sûr, évité une telle aide? Ça n’aurait pas créé du pouvoir d’achat cela,en salaires supplémentaires versés ? Personne n’a posé cette question à Martine Aubry,quand elle a présenté le 21 janvier dernier son plan de relance .Évidemment,comme toujours. Avec la « crise » ,les 1.200 A 380 espérés par Noël Forgeard le 16 janvier 2000 pour l’horizon 2020 risquent fort de devenir un mauvais rêve. Faut-il prendre rendez-vous,en espérant que l’aéronautique française n’aura pas,d’ici là , fini comme la sidérurgie ? Associations contre…, coordinations pour…, écologistes, grévistes,problèmes techniques à ne jamais écarter ,rivalités de carriéristes pour les places les plus lucratives …c’est la France telle que les étrangers qui font des affaires commerciales avec elle apprennent à la connaître à leurs dépens. Une France qui doit payer aujourd’hui les erreurs faites il y a dix ans par nos bons socialistes. |
13:02 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : airbus, sarkozy, aubry, verts, actualités, france, crise

