29 mars 2008
Élections municipales et cantonales:François Hollande peut-il pavoiser?
| Les municipales et cantonales « cru 2008 » auront été caractérisées par un fort taux d’abstention, tant lors du premier tour le 9 mars ( 33,46% pour l’ensemble des communes) que du second le 16 mars (34,80% pour l’ensemble des communes ) ,un taux inhabituel pour ce type d’élections servant à désigner les élus les plus proches qu‘il soit parmi l‘ensemble des quelques 500.000 que la France compte,toutes variétés confondues. D’après les indications fournies par le Ministère de l’Intérieur,dont les services ont également calculé les taux de l’abstention en distinguant les communes selon qu’elles avaient plus ou moins de 3.500 habitants,par conséquent soumises à des modes de scrutin différents,ce taux aura été de 37,87% dans la première catégorie contre 27,38% dans la seconde ,soit un écart de 10% .Au second tour l’écart se sera creusé à 14,5% ( 38,93% contre 24,5%) .L’enthousiasme n’aura donc pas été au rendez-vous ,surtout dans les communes de plus de 3500 habitants où les électeurs avaient à choisir des candidats regroupés sur des listes compactes , à prendre ou à laisser,ainsi le voulant le système à la proportionnelle en vigueur,et reflétant en principe les clivages gauche-droite, ce qui aura tourné à l’avantage de la gauche indéniablement,la politisation de ces élections y ayant été pour beaucoup bien qu’elle fût une absurdité, la droite tout autant que la gauche l‘ayant souhaité et voulu. Par contre les appels à la mobilisation de part et d’autre pour le second tour seront restés vains et cela aura mis en évidence une rétivité de certaines catégories d’électeurs,qui s’étaient pourtant massivement déplacés dix mois plus tôt lors de l’élection présidentielle. Le phénomène mériterait qu’on s’y arrête,et ,dans l’intérêt d’un meilleur fonctionnement de la démocratie,des réformes dans ce domaine ne seraient peut-être pas à écarter. On aura ainsi noté ,à droite,les échecs de ministres ayant retenu toute l’attention des médias,quand un autre éminent personnage -Alain Juppé - éliminé du gouvernement pour avoir été battu aux législatives de juin dernier,s’est retrouvé vainqueur à Bordeaux. Problème de cumul des mandats,sans aucun doute. A cela s’est ajouté le jeu trouble de François Bayrou,donnant un coup à droite ,un coup à gauche ,sans que ses partisans sachent vraiment pourquoi, dans le cadre d’une action suicidaire ,s’il en est,qui devrait mettre un terme à sa carrière politique,moins d’un an après son joli score des présidentielles de l’an dernier. C’est cela le jeu de la politique. Pour autant,François Hollande,encore premier secrétaire du Parti Socialiste est-il autorisé à pavoiser et à prétendre qu’il y a désormais dans notre pays une nouvelle donne ? Ce n’est pas si sûr que cela pour qui se souvient qu’il y a deux mois et demi ,dans le journal « Libération » du 15 janvier 2008 , Michel Rocard , personnage politique fort avisé et toujours respecté à gauche comme à droite, écrivait entre autres, ceci : « Le Parti socialiste est en très mauvaise santé, en fait en quasi-paralysie, et cela depuis longtemps, nous le savons tous. Le traitement que l’on fait de cette situation dépend bien sûr du diagnostic. Et le diagnostic, c’est que la crise était latente depuis longtemps, s’est lourdement aggravée sous le mandat de François Hollande, et ne doit pas grand-chose à son départ. Elle est due pour l’essentiel au fait que le PS n’est plus capable de tenir un discours cohérent. » Rien n’a évolué depuis et du reste cette analyse était tout à fait conforme aux enseignements d’un sondage CSA/Valeurs Actuelles publié le 4 janvier 2008 et selon lequel ,pour 56% des Français,les interventions et prises de position du PS allaient « plutôt dans le mauvais sens » . De plus,le 18 janvier ,c’est à dire trois jours après cet avertissement de Michel Rocard , Kader Arif,secrétaire national chargé des fédérations déclarait à l’agence Reuters que le Parti Socialiste avait perdu entre 40.000 et 60.000 adhérents sur les 218.000 qu’il comptait au moment de la primaire interne pour la Présidentielle en novembre 2006 qui avait mis en piste Ségolène Royal pour l‘élection présidentielle. Ces adeptes de la chaise vide dans les sections du Parti Socialiste étant essentiellement des adhérents à 20 Euros,ajoutait-il. Et puis il y a eu le reste,tout le reste: -baisse du moral des ménages à un niveau jamais atteint. -suppression annoncée de 11.000 postes dans l’Éducation Nationale entraînant grogne et grèves qui menacent de se prolonger , -fermetures ici ou là de petits tribunaux de province, -fermetures et délocalisations d’usines, -appel tapageur à la « vigilance républicaine » de « Marianne » totalement infondé et auquel,un comble, avaient souscrit même des politiciens de droite, -laïcité annoncée comme étant en péril, -initiatives déroutantes du Président Sarkozy s’ajoutant à la pipolisation déraisonnée de sa vie privée (affaire du SMS) et annonce qu’il tiendrait compte des résultats valant un bel encouragement à ses opposants , -bisbilles à Neuilly-sur-Seine ville dont il fut longtemps le maire , -perspective d’un plan d’austérité juste après ces élections agitée comme un épouvantail toujours par les mêmes , -rapport Attali sur la modernisation créant l‘effervescence dans de nombreux secteurs,taxis,pharmacies... -rapport Pochard sur l’Education Nationale et le métier d‘enseignant... en résumé,un tout contribuant à faire régner un climat exécrable... Paradoxalement ,discrètement,pendant ce temps, la cote du Premier ministre dans les sondages a continué à monter. Une majorité de Français souhaitent son maintien au gouvernement ,et surenchérissent même espérant que les réformes aillent plus vite. Il ne restera qu’à vérifier dans les quatre mois qui viennent,qu’ils ne changent pas d’avis. Pour l’instant ,avec le harcèlement prévisible qu’il va subir sur le front social avec la réforme des retraites qui n’en finit jamais ,avec les commémorations du quarantième anniversaire de Mai 68,avec la hausse continue apparemment sans limite du prix du pétrole engendrant l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat ce n’est pas gagné d’avance,surtout si,après un hiver tardif,les beaux jours arrivent ,incitant à prendre l’air dans la rue. |
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