18 août 2008

Pannes de trains,effondrements,et croissance française

La croissance de leur économie ne sera-t-elle bientôt plus qu’un pas trop mauvais souvenir pour les Français ? Sa « chute » à « moins 0,3% » pour le second trimestre de cette année n’est-elle pas la traduction ,avec décalage,de la situation constatable déjà depuis longtemps et que je décrivais dans ma dernière note en date du 12 août,mardi dernier ?

La SNCF,par exemple, aura-t-elle pu tirer profit de la hausse des carburants consécutive à celle du prix du baril de pétrole pour devenir plus attrayante? On ne pourra le savoir avec précision qu’en fin d’année mais nous risquons fort d’être déçus.

-18 avril 2008: douze heures en Eurostar pour revenir de Londres à Paris au lieu d’à peine 2 heures et demie habituellement ,quand les trains arrivent à l’heure. Onze jours plus tôt , mais en sens inverse ,c’était près de sept heures de retard !
-24 juin 2008: un TGV en panne durant un peu plus de quatre heures près de Nîmes .Arrivée,au final, à Paris avec cinq heures de retard!
-17 août 2008: hier,un « important incident » ou « un incident rare » sur la voie a contraint à l’immobilisation une demi-douzaine de TGV non loin de Marseille,près d’Aubagne,dont certains arriveront à destination avec plus de huit heures de retard!
Que voilà de bons souvenirs de la France à raconter pour les touristes étrangers une fois de retour dans leur pays! On se demande comment la France peut arriver à exporter ses TGV.

Et la qualité de la construction alors que le prix de l’immobilier s’oriente -enfin- plutôt à la baisse ?

-23 avril 2008 : à Baume-les-Dames ,dans le Doubs (Est de la France), une partie de la toiture d’un gymnase s’effondre . « Sans motif apparent  »,l'écoulement de l'eau de pluie,la conception,les chutes de neige des hivers précédents? Les experts sont à l'oeuvre.Des collégiens y étaient au moment de l'effondrement .Ils ont été épargnés où ils se trouvaient et des compétitions sportives y étaient prévues le jour même .Fort heureusement.
-07 août 2008 : à Strasbourg, une partie du plafond de l’ hémicycle du Parlement Européen s’effondre. Il n’y avait personne à ce moment là. Fort heureusement.
-12 août 2008 : à proximité de Toulouse,à Saint-Orens-de-Gameville , une dalle s’effondre dans un parking en construction ,faisant un mort,un ouvrier qui travaillait au chantier. Malheureusement.

Trois plus trois...en France ,et en moins de quatre mois,sans tempête,sans tornade,sans tremblement de terre!
Ne sont-ce pas là des symptômes qui permettaient dans les années soixante ou soixante-dix de ranger les pays où ils étaient constatés dans la catégorie des « pays en voie de développement » , appellation réévaluée pour désigner avec plus de décence les « pays sous-développés » comme il fallait l’entendre dans les années cinquante?

Extraordinaire banalité ,écrivais-je dans ma note de mardi dernier. J’y ajoutais qu’il se trouvait aussi dans notre pays ,à coté de gens payés pour faire de belles,très belles réalisations ,« des gens payés pour prévenir,punir ou circonscrire les méfaits »  qui empoisonnent la vie  ,« mais qui n’ont pas les compétences adéquates ou requises pour assumer les fonctions qui leur ont été confiées ».
Qu’attendent ceux qui ont pouvoir de le faire pour remplacer les dirigeants d’entreprises et leurs équipes rapprochées par des gens compétents et sérieux,si possible déjà versés dans la branche d’activité , ayant obtenu des résultats incontestables tout en ayant une bonne connaissance de leur entreprise et des gens qui la font tourner plutôt que,comme cela est devenu tradition, par des « parachutés » venus « d’ailleurs » qui vont passer une bonne partie de leur temps à découvrir et apprendre leur nouveau métier au détriment de l’exercice même de leur responsabilité nouvelle pour être « remis » encore ailleurs quand leur incompétence sera devenue patente?

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22 avril 2008

Quand la piraterie, la misère du monde et l’humanitaire font recette

Depuis dimanche et jusqu’à jeudi se tient à Accra au Ghana,en Afrique , la 12 ème Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (CNUCED) qui n’est rien d’autre qu’une pleurnicherie collective où des chefs d’État dits « progressistes » en mal de médiatisation viennent se donner bonne conscience à réclamer aux pays développés assistance et aide financière.

Pendant ce temps là ,au large des côtes somaliennes les actes de piraterie se multiplient et sont le fait d'individus très bien équipés et tout aussi bien organisés. Dimanche dernier un bateau de pêche espagnol avec 26 personnes à son bord a été pris d’assaut,même pas quinze jours après qu’un voilier de luxe français , le « Ponant », eut subi le même sort. Dans cette dernière affaire ,six pirates ont été arrêtés en Somalie,puis aussitôt transférés en France. Jusque là cette affaire suit son cours normal,au moins en apparence. Mis en examen et incarcérés,ils risquent la perpétuité,mais on peut pronostiquer que leurs avocats trouveront bien une faille dans le mode de leur arrestation ,dans l'analyse des conditions de leur transfert ou en tout autre domaine pour leur obtenir une peine minimum ou la relaxe avec une possible indemnisation de l’État français,sait-on jamais! En attendant,la partie de la rançon de 2 millions de dollars non récupérée ,soit près de 90% de cette somme (1,15 million d‘euros,soit environ 758 briques comme on disait à l'époque du franc ), va faire des heureux qui n’auront pas besoin de travailler un bon bout de temps pour vivre leur vie,qui là bas ,est-il besoin de le rappeler,coûte infiniment moins cher qu’en France.

Mais si pirater peut rapporter gros et vite,avec risque élevé toutefois ,il y a une autre façon indolore mais non moins pernicieuse cette fois de casser ou décourager la dynamique du travail dans les pays développés sans cesse culpabilisés : le recours à la charité des autres qui est tellement moins fatiguant que travailler ! Ça marche très bien et ça tombe aussi très bien parce qu’en face ,dans notre pays par exemple,on trouve aisément des pourvoyeurs prêts à cautionner un tel système d’assistance basé sur la naïveté des donateurs. Participer à une action humanitaire pour un simple citoyen n’est-ce pas la meilleure façon de se valoriser ,d’avoir droit à tous les égards ou de briller médiatiquement à moindres frais?

D’un autre coté,les fonctionnaires ou responsables de la Banque Mondiale ou de la CNUCED,censés combattre la misère dans le monde ,eux, ne semblent pas mal lotis,ou, tout au moins, c’est ce qu’il s’en déduit quand on constate ce que la moindre nomination d’un directeur ou sous-fifre à un poste devenu vacant dans ces organismes peut susciter comme avalanches d’indignations et de jalousies. Pour faire quoi,finalement?
Ce qu’ils ont fait le 24 février 2007 quand Robert Mugabe ,président du Zimbabwe,a fêté ses 83 ans sans lésiner sur les moyens puisque cette réjouissance,rassemblant diplomates ,ministres, dignitaires de son parti et quelques milliers d’autres invités, aura coûté plus d’un million de dollars pour son pays en faillite  ,comme devait le reconnaître quatre jours plus tard le président de la Banque Centrale du Zimbabwe. Qu’ont-ils alors fait? Rien!

Neuf mois et demi plus tard,le 8 décembre 2007,à Lisbonne ,devant chefs d’État européens et africains ,la chancelière allemande , Angela Merkel a évoqué ce pays en ces termes peu élogieux ,le moins qu’on puisse dire :«Le Zimbabwe nous inquiète tous,en Europe et en Afrique ... La situation au Zimbabwe nuit à l’image de la nouvelle Afrique »! Mais c’était pour se voir répliquer aussitôt par le président du Sénégal Abdoulaye Wade devant des journalistes : « Le Zimbabwe n’est pas en voie d’effondrement,pas plus que M.Mugabe. Qui peut dire que les droits de l’homme sont davantage bafoués au Zimbabwe que dans d’autres pays d’Afrique? Nul ne peut dire chose pareille ».Tous complices, dira-t-on.
N’est ce pas inquiétant ,à considérer que les résultats de l’ élection présidentielle qui s’y est déroulée il y a plus de trois semaines ne sont toujours pas proclamés?

Dans six mois ou un an,on viendra peut-être nous solliciter pour ce pays,jadis grenier à blé de l’Afrique, comme on l’a fait maintes fois dans le passé pour d‘autres en proie aux famines.
Et ça marchera très bien,nos vedettes du cinéma , de la chanson ou de la télévision seront toutes dans le coup! Et leur action sera saluée,pourquoi pas, par le Président Sarkozy ou par le maire de Paris, Bertrand Delanoé!

Un tel système peut ainsi durer très longtemps ,et la misère n’est pas prête de régresser.Les guerres aussi.

21 avril 2008

Crise,pétrole,famines...

Le dollar s’effondre! C’était déjà comme cela en janvier 1980 et ça couvait depuis fin 1971. Dans les cinq années qui suivirent,cette devise allait se reprendre ,sous Reagan,et augmenter de près de 250%,passant de 4 francs et quelques centimes en janvier 1980, à plus de 10,60 francs en février 1985 ! Sur la base du cours actuel de l’euro et du taux retenu lors de la conversion franc/euro au Ier janvier 1999,il serait à 4,12 aujourd‘hui ,par conséquent il n’y a donc rien d’alarmant de ce coté là.

Des banques en faillite ou accusant de très grosses pertes parce qu‘elles ont prêté sur des garanties mal appréciées ou nulles! Cela s’est déjà vu dans les années trente,au siècle dernier, et plus tard aussi,mais de façon épisodique,on se souviendra du cas du Crédit Lyonnais en France,pour ne citer qu'un exemple. Contrairement à ce que laisserait croire,en apparence seulement, la tenue vestimentaire des banquiers et le standing de vie qu‘ils affichent,beaucoup de gens incompétents sévissent dans les banques. Et quand certains parmi eux se présentent à des élections politiques ils n’oublient jamais de spécifier comme profession « cadre de banque » ,alors qu’en vérifiant bien leur niveau on constate très vite que n’importe quel imbécile (on n’exige pas de diplôme pour rentrer dans une banque) peut terminer une carrière bancaire comme « cadre » pour peu qu’il ait été docile,lèche-bottes ou copain de bistrot d’un supérieur hiérarchique.

Le prix du pétrole s’envole pendant qu’on nous fait croire que la planète se réchauffe. En ce printemps 2008,à ce jour,mes quelques arbres fruitiers ne sont toujours pas en fleurs. Ils devraient y être déjà depuis deux semaines ! Il est vrai que j’habite un village situé à 650 mètres d’altitude,même si cela ne change rien au problème. Fin 1999 nos bons socialistes, alors au gouvernement , ne savaient que faire d’une certaine et fameuse cagnotte fiscale! L’économie française pouvait être vigoureuse puisque le pétrole était à 21 dollars, le 10 avril 2000 par exemple ! Vendredi dernier il était à 117 dollars! Encore une dizaine de jours et cette indispensable source d’énergie aura vu son prix ,toujours en dollars,doubler en moins d’un an. On pourrait presque dire qu’il « ne valait que 68 dollars » fin mars 2007.Cela ne semble pas émouvoir un préfet de l’Est de la France qui bloque l’installation d’éoliennes en certains endroits de son département,ni des kayakistes qui s’opposent à la construction d’une microcentrale hydroélectrique en amont de la ville chef lieu de ce département .

Voici deux décennies ,des quotas de production étaient imposés à nos paysans pour éviter surproduction et chute des prix. Aujourd’hui,blé et lait manquent en certains endroits,ce qui fait monter les prix des productions dérivées.

Il y a quinze ans ,ou un petit peu plus, on nous racontait qu’avec la chute du communisme dans les pays d’ Europe de l’Est et en Russie, ces pays allaient inonder nos marchés avec leurs produits agricoles et que nos paysans seraient ruinés ! Il n’en a rien été.Parce que le métier de paysan ne s'apprend pas du jour au lendemain.Il requiert une très longue expérience.

Avant 1914,la Russie des tsars était le grenier à blé de l’Europe . En 1932,une famine conséquente à la collectivisation des terres agricoles entreprise par Staline causait la mort de cinq à sept millions de russes ,selon les sources,puisqu il était difficile de vérifier ou recouper les statistiques des soviétiques.

En 1995,en Corée du Nord,pays communiste d’Asie recouvert à 70% de forêts verdoyantes et qui dépense des sommes colossales pour son programme nucléaire ,une famine est survenue après des inondations catastrophiques .Le nombre des morts n’a pas été connu et aurait été de toute manière impossible à vérifier. Ce serait probablement plusieurs centaines de milliers.

Avant son indépendance en 1965, le Zimbabwe (ex-Rhodésie) était le grenier de l’Afrique. Ce pays dirigé par un despote marxiste depuis 1980 connaît aujourd’hui un taux de chômage de 80% et une inflation de 160.000 pour cent! Une réforme agraire mise en oeuvre par recours à la violence obligeant les blancs minoritaires à déguerpir des fermes qu’ils faisaient prospérer y a fait chuter la production agricole .On y meurt de faim. Une effusion de sang menace de se produire après les élections «  pièges à cons » ,là c’est bien le cas, qui viennent de s’y dérouler.

L’Afrique du Sud commence à tanguer. Fin janvier de cette année,ne pouvant satisfaire les besoins en électricité du pays,la compagnie publique a du décider des coupures de courant pour la première fois dans l’histoire de ce pays, paralysant l’activité dans les mines, essentielles à la survie économique ! Avec, en perspective,l’augmentation des tarifs,et le rationnement... Des mesures on ne peut plus propices au déclenchement d'émeutes ! Un mois plus tard Nicolas Sarkozy en visite dans ce pays en proie au sida déclarait à des journalistes à Johannesburg: «... quand je vois ce qui se passe au Zimbabwe et quand je vois ce qui se passe en Afrique du Sud,je me dis que l’exemple à suivre c’est quand même celui de l’Afrique du Sud » ! Surprenant,pour ne pas dire désolant!

Sous les mêmes latitudes ,cette fois en Amérique du Sud,l’Argentine est bien partie pour renouer avec le chaos,dont les incendies de prairies à proximité de la capitale Buenos-Aires ces tous derniers jours pourraient bien être les prémisses, oeuvre selon la présidente Cristina Kirchner de « l’irrationalité et de l’irresponsabilité » ,des paysans argentins bien sûr ,selon elle !

Pénuries,famines,trouvez les responsables!

Sur quelques 200 pays que compte le monde aujourd‘hui ,entre 80 et 90 connaissent des guerres internes à la suite de coups d’État ,d’élections truquées,contestées ou de différends frontaliers avec leurs voisins. Au regard de ce tableau peu réjouissant ,que fait et à quoi sert l’ONU? Ses dirigeants ne savent que pleurnicher et palabrer. Comme cela se constate ces jours-ci à Accra au Ghana où s’est réunie la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement).Les oreilles de certains chefs d'états occidentaux vont encore siffler.

Et dans nos pays développés ,où sont passés les prix Nobel d’économie et , d’une manière générale, tous ceux qui se disent « économistes »?

Sont-ils des gens sérieux et si oui à quoi servent-ils?  

08 avril 2008

Gandrange et les promesses présidentielles inutiles

Vendredi dernier ,4 avril 2008, à l’aciérie de Gandrange,en Moselle, où la suppression de 575 emplois sur un total de 1.108 que compte à ce jour le site a été annoncée aux salariés le matin même lors d’une réunion du Comité d’entreprise à Metz,une vingtaine d’individus portant des drapeaux de la CGT ont saccagé le bureau du directeur de cette usine,jetant par les fenêtres le mobilier en présence de nombreux journalistes vraisemblablement invités à assister au désolant spectacle et sous les yeux de policiers qui ne sont pas intervenus. Pour couronner le tout Nicolas Sarkozy aura reçu ces vaillants héros ou leurs représentants syndicaux hier après-midi à l’Élysée,non pas pour les « féliciter » de cet exploit,mais pour leur annoncer une fois de plus qu’il allait faire quelque chose ! Comme joli coup de publicité en vue des élections prud’homales du 3 décembre prochain ,la CGT pouvait difficilement faire mieux.

A l’usine Kléber de Toul ,à quelques dizaines de kilomètres de Gandrange,et dont la fermeture a été programmée pour des raisons vraisemblablement identiques,débouchant sur la perte de 826 emplois,d’autres syndicalistes avaient, de leur coté et deux mois plus tôt, séquestré trois cadres qui avaient été forcés de passer trois nuits à l’usine.

Apparemment ces hauts faits n’ont pas tellement suscité l’émoi chez les Français, en tout cas pas autant que l’affaire de la fameuse banderole injurieuse déployée à la vue de tous les spectateurs et téléspectateurs lors du match Lens-PSG le samedi 29 mars, affaire qui a provoqué une multitude de dépôts de plaintes qui, nous n’en doutons pas, seront suivies d’effets.
A Gandrange,par contre,seule la direction de l'entreprise a envisagé la possibilité de poursuivre les auteurs de « ces agissements irresponsables »,le saccage évoqué plus haut ,bien entendu. Or ses chances de voir aboutir un éventuel dépôt de plainte paraissent bien minces. Parce que,dans un passé relativement récent,et à maintes reprises ,les Français les plus avisés,et pas seulement les employeurs,ont constaté qu’il n’était pas nécessaire d’avoir été élu représentant syndical ,délégué du personnel ou membre de comité d’entreprise pour être salarié protégé de droit,c‘est à dire libre de faire n‘importe quoi sans limites et en toute impunité,mais qu’il suffisait seulement qu’ une centaine de « camarades » ,voire dans certains cas plusieurs milliers, viennent se rassembler bruyamment devant le tribunal où se jugeait une affaire de coups portés contre un cadre de direction,une affaire de séquestration de cadres pris au hasard lors d‘une grève, une affaire de destruction de l’outil de production ou de détournement de marchandises . A chaque fois ou presque,le verdict y était connu d‘avance :acquittement,relaxe pour témoignages douteux, pour absence de preuves tangibles,peine allégée en raison du climat qui régnait au moment des faits,si ce n‘était dispense de peine vu que les faits étaient anciens et avaient présenté un caractère isolé, formules devenues désormais classiques et qui passent très bien.

Dans ces conditions,comment les grands groupes industriels mondiaux désireux d’investir en France peuvent-ils espérer y trouver facilement des directeurs,des cadres et du personnel de qualité pour assurer la bonne marche et la continuité de leurs entreprises à la merci de tels individus ? Pas facile! Et ce d’autant plus que personne dans notre pays n’ose aborder ce problème, ni nos économistes,ni nos politiciens,même pas Jacques Attali qui dans son rapport pour « libérer » la croissance n‘en a touché mot !
Comment dans un tel contexte de laxisme , d’indifférence de nos gouvernants,d’absence de rigueur, voire de clairvoyance, de la justice, pourrait-on alors s’étonner que les investisseurs étrangers rechignent à venir s’installer chez nous et par la même occasion y créer des emplois, ou qu’ils s’empressent de fuir sous d‘autres cieux plus cléments dès qu’ils s’aperçoivent qu’ils ont fait le mauvais choix en ayant opté pour notre pays cinq ,dix ou quinze ans auparavant ? Et cela, même dans ce cas typique de l‘aciérie de Gandrange où le site avait été racheté en 1999 pour le prix du franc symbolique (le sixième d‘un euro ) ,par son actuel propriétaire.

Lundi dernier,31 mars 2008,la ministre de l’Économie Christine Lagarde confirmait ,au grand désespoir de tous ceux qui croyaient au Père Noël ,que le vice-président du groupe sidérurgique brésilien Gerdau n’avait présenté aucune offre de reprise de cette aciérie de Gandrange promise à un démantèlement progressif,solution que son propriétaire, ArcelorMittal ,n’avait peut-être pas initialement envisagée mais que lui a sans doute inspirée la constatation ,une fois sur place, qu’une entreprise ne pouvait pas se gérer en France de la même manière que dans son pays ,l‘Inde,ou que dans tout autre pays ,hormis quelques cas notoires comme l’Argentine ou le Nigéria que certains grands groupes français ont appris à connaître,un peu tard et à leurs dépens. De plus,et selon un ancien directeur de l’aciérie en question, une demi-douzaine de repreneurs potentiels s’étaient déjà auparavant manifestés. Mais,bien entendu,sans suite donnée,puisque l’entreprise n’était même pas à vendre! Résultat d’une confusion totale! Et là encore,personne ne s’est posé de questions sur ce cafouillis et ses conséquences prévisibles au niveau des directions des grands groupes étrangers qui se détourneront définitivement d’une France trop incertaine et risquée.
Alors que ça ne devrait pas être très difficile,même pour un cégétiste de la base, de comprendre ce qui se passe en réalité dans la tête d’un entrepreneur en se posant simplement la question de savoir ce que font ses camarades chauffeurs d’autobus ayant à circuler dans les villes de banlieue « difficiles » lorsqu’un des leurs est agressé au travail?
Pourquoi un directeur d’usine,si valable fut-il ,accepterait-il un poste à risques comme celui tenu par le directeur de l’usine de Gandrange,ou, à un niveau subalterne, pourquoi des jeunes diplômés talentueux et bien décidés à travailler seraient-ils attirés par des postes de cadres dans une entreprise comme Kléber à Toul quand ils savent, pour en avoir discuté entre eux ou avec leurs aînés , que tout ce qu’ils risquent d’y vivre et subir ainsi au travail leur interdira définitivement l’accès à tout nouvel emploi identique ailleurs,aussi handicapés qu’un délinquant sorti de prison avec un casier judiciaire chargé,à la simple raison que la rumeur des faits et incidents auxquels ils auront été involontairement mêlés les aura précédé avant même qu’ils n’aient pris possession de leur nouvelle fonction. C’est aussi cela la France pour ceux qui ont appris à la connaître.
Peut-on imaginer un groupe rachetant une entreprise sans être renseigné sur le climat social régnant non seulement dans cette entreprise ,mais aussi dans le secteur géographique où elle est implantée, sans être sûr de pouvoir disposer de directeurs et cadres valables? Non. Et s’il n’y avait encore que cela.

Hier à l’Élysée les syndicats de l’aciérie de Gandrange ont eu des promesses que, l’État aidant,les propriétaires de l’aciérie allaient construire une ou deux centrales électriques puis une unité de captation et de stockage souterrain de CO2 .Très bien! Mais cette fois-ci,ces investisseurs peuvent-il espérer qu’ils n’auront pas en face d’eux des associations de riverains excités par les écologistes du cru ou d’ailleurs qui,les empêchant de faire aboutir leurs projets,une fois que toutes les études préalables et plans définitifs auront été faits et payés, leur fourniront une belle excuse pour laisser pourrir les projets et donc ne rien faire? Non! Alors il ne faut pas rêver .
Il y aura encore de nouveaux Gandrange .
Et des salariés sérieux,n’ayant rien à se reprocher,mais qui,au seul motif d’être d’anciens d’entreprises ayant été sur la sellette,par conséquent indésirables, paieront de ce fait les fautes impunies de leurs camarades excités.

03 avril 2008

Six à sept milliards d’euros faciles à trouver

Tous les ans,dans la première quinzaine de février en principe, la Cour des comptes rend un rapport sur divers points de la gestion des fonds publics ayant fait l’objet de ses attentions au cours de l’année précédente. Les plus flagrants gâchis sur investissements publics réalisés, les démesures de certains élus de collectivités bénéficiaires de subventions pour financer des inhabituelles dépenses d’équipements notamment ,ou les incohérences de méthodes inadaptées y sont inévitablement montrés du doigt.
Bien évidemment les médias,et pas seulement la presse satirique, s’y arrêtent quelques jours,pour faire une fixation sur ce qu’ils appellent, parfois un peu trop vite, les « scandales » mis au grand jour,mais ça ne va guère plus loin que l‘indignation,au point qu’il a été maintes fois reproché à la noble institution de la rue Cambon à Paris de seulement parler dans le vide. Reproche qui recueillerait l’assentiment de tous ceux qui aimeraient bien savoir sanctionnés les auteurs d’ écarts,de turpitudes ou de gabegies résultant de leur incompétence ,au moins pour l’exemple, afin que les contribuables n’aient pas le sentiment d’être pris pour des moutons bons à tondre et surtout d’être les seuls à payer.
En réalité ,et à défaut de sanctions efficaces prises à l’encontre des incompétents ou de poursuites judiciaires engagées contre les présumés délinquants découverts dans le cadre de sa mission ,les rapports de la Cour des comptes ne seraient-ils pas autant de boîtes à idées toutes trouvées pour ceux qui ,jusque là restés malgré tout honnêtes pour finalement en arriver à le regretter , n’en avaient pas encore? Et ne faudrait-il pas en déduire que cette Cour ne ferait que se perpétuer ,voire se développer,des maux qu’elle serait paradoxalement censée combattre et éradiquer?

Puisque François Fillon cherche ces jours-ci à faire des économies pour boucler un budget dont le déficit devrait rester conforme aux attentes des partenaires de la France au sein de l‘Union Européenne, économies de l’ordre de sept milliards d’euros, paraît-il et selon des gens toujours mieux informés avant les autres on ne sait de quel droit ,ne devrait-il pas commencer par s’engager sur cette piste de chasse aux gaspillages publics et de débusquage d’incompétents toute tracée par la Cour des comptes ,pour éviter de mettre à contribution l’ensemble des Français,qui ,en matière d’austérité ont déjà plusieurs fois donné dans le passé,sans constater d’amélioration tangible de leur condition et pour faire mentir ses opposants socialistes et communistes,qui lui en prêtent l’intention?
Hier,devant l’Association des journalistes parlementaires,Brice Hortefeux est allé un peu dans la bonne direction en déclarant : « On est entré dans une période nouvelle où le président de la République et le Premier ministre souhaitent qu’il y ait une analyse précise,détaillée des dépenses des ministères,qui aboutira à des économies » .
Analyser ne suffira pas. Encore faudra-t-il décider ce qui est faisable et qui est une autre chose. Ce sera peut-être plus difficile que de faire supporter au plus grand nombre de gens qui ne sont nullement impliqués dans l‘accumulation des dépenses publiques inutiles,et il faudra en conséquence s’attendre à de farouches résistances,si ce n’est déjà commencé.

01 avril 2008

La rapport Attali:la théorie et la pratique

Avril 2008 pointe.Le rapport Attali ,comme prévu,refait surface. Une trentaine de mesures préconisées dans ce rapport ,qui en contient plus de 300,sont actuellement à l’étude dans différents ministères et doivent être reprises dans la prochaine « loi de modernisation de l‘économie ».
On peut alors se demander pourquoi Nicolas Sarkozy et l’UMP qui l’a soutenu lors de l’élection présidentielle de l’an dernier se sont tant échinés à défendre le programme qu’ils avaient concocté si c’est pour voir ce dernier supplanté par un catalogue d’idées ou recommandations dont la mise en application ne risque pas , pour leurs promoteurs, de bousculer leur propre confort matériel ou d’ amputer même modestement leur patrimoine.
Plutôt que de faire appliquer les recommandations de ce rapport Attali par des gens qui ne l’ont ni conçu ni rédigé voire sans doute pas lu entièrement ,et avant de s’engager dans cette aventure, le gouvernement Fillon ne serait-il pas mieux inspiré de confier à Jacques Attali lui-même,ou au jugé par ce dernier comme étant le plus qualifié des 42 membres éminents de la Commission qu’il a présidée ,de prouver l’efficacité des mesures qu’ils ont collectivement préconisées sur un cas bien concret et très actuel : la résolution du problème qui se pose pour l’aciérie de Gandrange,en Moselle, bien partie pour devenir une friche industrielle ,comme il y en a tant qui encombrent désormais le sol français?
Après,et seulement en cas de réussite avérée ,ce qui ne sera vérifié que dans cinq ou six ans,l’équipe qui aura succédé au tandem Sarkozy -Fillon pourra peut-être reprendre ce rapport comme base de travail,sans risque de provoquer ni grèves ni dégâts tant collatéraux qu’électoraux.
Il y a dans notre pays des problèmes ,que je ne puis énumérer ici aujourd’hui pour ne pas être trop long,qui attendent leur solution depuis plusieurs décennies. Alors patienter encore cinq ou six ans de plus,si c’est pour déboucher enfin sur du solide qui ne soit pas chroniquement remis en cause,pourquoi pas?