24 juin 2009

Discours de Versailles,du rêve au cauchemar de la dure réalité

Très beau discours que celui de notre président à l‘adresse du Parlement français (sénateurs et députés) réuni en Congrès avant-hier,22 juin 2009, à Versailles ! Bien pensé,bien envoyé ,parce que rien n’a été oublié de tout ce qui ne va pas dans notre pays et qui ne demande qu‘à être amélioré.
Il y a été question de tout,sans excès ,parfois dans les moindres détails, du port de la burka ,des parachutes dorés, des « gains mirobolants des spéculateurs » ou ,par exemple,mais sans le dire expressément cela étant sans aucun doute sous-entendu , du lycéen qui administre un coup de couteau à sa professeure parce qu’apparemment pas encore « heureux,responsable,considéré » , comme enfin ,et sous entendu également, du paquet de cigarettes vide jeté d’une voiture sur le bas coté de la route ,pour signifier qu’il n’oubliait pas les obsédés de l’environnement ,ceux qui ne mettent jamais les pieds dans nos campagnes et qui voudraient apprendre aux petits oiseaux à siffler ou aux escargots à pondre leurs oeufs à l’endroit idéal pour préserver la biodiversité.

Les conseillers de Nicolas Sarkozy ont magnifiquement travaillé ,sauf,sauf... à ce qu’aurait dû leur enseigner le passé plus ou moins récent vécu dans notre beau pays diversifié, qu'ils ne semblent pas avoir envisagé ce que tout cela y provoquerait à coup sûr ... s’il fallait réaliser brutalement l’ensemble de ce qui ressort de ce discours comme souhaitable d’ici la fin du quinquennat présent ou de celui qui suivra s’il est réélu en 2012.Et cette chose oubliée,la plus importante à mon sens ,celle qui aurait pu fournir la réponse à ses « pourquoi » égrainés du genre « Pourquoi  le fossé est-il si grand entre nos idéaux et la réalité sociale? Il n’a cessé de se creuser pendant 30 ans. » ,c’est l’évaluation des conséquences prévisibles d’annonces de réformes en milliards d’heures de grèves,en centaines de kilomètres de défilés de manifestants,en dizaines de milliers de nouvelles associations «  pour » ou « contre » appelées à se créer,en centaines de cadres séquestrés ou « retenus » dans les administrations ou les entreprises et,last but non least ,en nombre de vestes à prendre lors des prochaines élections par ceux qui l’ont écouté religieusement et l’ont applaudi au bénéfice de ceux ou des amis de ceux qui ,dans le même temps, ont fait la moue sur leur siège ou ont pratiqué la chaise vide.

Combien de reculades,en effet, ont du être opérées en catastrophe ,sous la pression de la rue, au cours du second mandat de Jacques Chirac et durant les deux premières années du sien,la plus mémorable restant à ce jour celle sur le CPE (Contrat Première Embauche) abandonné en 2006 ? Rien ne semble avoir été pensé de ce coté là. Nous devrions donc continuer à nous voir proposer des réformes nécessaires pour notre bien ,pour le bien commun,mais mal ficelées,mal annoncées,mal programmées au calendrier sans tenir compte de l’humeur du moment , incomplètes, toutefois annoncées avec la certitude affichée en haut lieu qu’elles se feront envers et contre tout. Et cela tournera toujours mal.

Pour ne citer qu’un exemple de ces engagements hasardeux ,dans ce discours de Versailles ,il y en a un dans cette phrase: « Nous ne reculerons pas sur la règle du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique ».
Très bien! Nous avons tous,nous qui faisons nos courses et nous rendons quelquefois dans une perception ,constaté de visu que le rythme et les horaires de travail d’une caissière ,pardon « hôtesse de caisse », de grande surface qui manipule les packs d’eau minérale ou les paquets de lessive, n’a rien de comparable avec ceux d’une caissière ,pardon « fonctionnaire », du Trésor qui manipule chèques et talons de feuilles d‘imposition avec beaucoup ‘d’attention et de vigilance,sans même parler de leurs paies ou avantages sociaux respectifs. La première pourrait facilement en remplacer deux de l’étoffe de la seconde ,d'autant plus qu'il n'est pas certain qu'on puisse dire sans se tromper laquelle des deux est la plus diplômée.

Moins de fonctionnaires ! Alors nous devrions payer moins d’impôts,puisque ,selon des estimations,environ 60% de ceux-ci servent à payer les fonctionnaires. Qui souhaiterait mieux?
Ainsi dans cette perspective d’un départ sur deux seulement remplacé il paraît selon le journal Les Echos , que près de 34.000 postes de fonctionnaires seront supprimés en 2010,ce qui suppose que 68.000 auront pris leur retraite au cours de la même année,sans dire lesquels ne seront pas remplacés et pourquoi ils ne le seront pas,sans rappeler simultanément le total des effectifs de la fonction publique (plus de 5.500.000) et sans dire le pourcentage des non remplacés ( 0,60 %) éléments nécessaires pour donner un sens plus honnête à l‘information elle même.Par exemple,quand le gouvernement Jospin,en août 2000,a décidé la suppression de la vignette auto,il eût paru logique qu'on annonce simultanément que tous les postes de fonctionnaires occupés dans le secteur de la distribution des dites vignettes et de la perception de leur produit étaient en conséquence supprimés et personne n'aurait bronché pour de telles suppressions.C'est cela des suppressions de postes clairement motivées,c'est cela aussi,merci Monsieur Fabius, une augmentation du pouvoir d'achat,qu'on le veuille ou non. A défaut d'une telle annonce non motivée l'une des conséquences sera que dans l’esprit des gens une certaine confusion s’installera et suscitera une méfiance grandissante dont tireront bénéfice les agitateurs de toutes sortes et les organisateurs de manifestations .Et le cirque va recommencer en octobre,comme les années précédentes,donc sur ce chapitre encore,toujours pas de fracture en vue.

J‘ajouterai qu‘à une telle annonce ,et en corollaire puisque cela devrait aller de soi ,sauf à envisager qu‘un jour le facteur qui nous distribuera notre courrier sera énarque ou polytechnicien,il est déjà au moins un qui est licencié d'Histoire, ce gouvernement devrait ajouter simultanément la décision de réduire de moitié le nombre des admis en première année , d’une manière générale ,de toutes les écoles qui forment de futurs fonctionnaires ,puisque ces écoles forment des jeunes gens destinés,en principe et à défaut d’extension des services publics dans des secteurs particuliers, à remplacer ceux des fonctionnaires qui partent en retraite et qui ont reçu la même formation,il y a trente ou quarante ans . Quant à ceux ,un sur deux,qui sont annuellement remplacés par des élèves sortant de ces écoles et qui n’étaient pas eux-mêmes anciens de ces écoles,leur cas est là pour démontrer que la surabondance des promotions n’était pas une absolue nécessité et que cette idée de les réduire de moitié n’est pas écartable à priori.

Mais imagine-t-on le tollé que provoquerait l’annonce d’une telle mesure ou la suppression d’une promotion sur deux à l’ENA, à Polytechnique, ou à l‘ENM (École nationale de la magistrature) ?
Or de cela,il ne semble pas qu’il en ait été question.

Voir le discours tenant sur douze pages.