24 avril 2008
Réforme des institutions ! Petites et grandes illusions (1)
| Depuis hier nous sommes rassurés. A moitié,presque. Il y aura une réforme des institutions,c’est promis, mais tout de même pas juré .Le projet de réforme de la Constitution reprenant les conclusions du rapport Balladur a été approuvé en conseil des ministres. Le texte va être soumis à l’examen des députés le 20 mai et les jours ou semaines qui suivront avant de passer au Sénat en juin. Le Congrès (députés + sénateurs réunis) se tiendra le 7 juillet à Versailles pour entériner cette audacieuse réforme. Tout cela paraît donc bien ordonné et méticuleusement programmé. A en croire Luc Chatel ,le porte-parole du gouvernement, ce « sera la plus grande réforme de la Ve République depuis 1958 » . Qu’est-ce qui va donc bien être amélioré dans nos vies? Prenons un exemple de changement envisagé :le plafonnement du nombre des membres du gouvernement (ministres ou secrétaires d’état ) ! Là ,je n’ai pu, hier soir, m’empêcher de me rappeler cette conversation qu’à deux ou trois jeunes Français nous avions eue dans un hôtel parisien au début des années 70 avec une professeure retraitée tchécoslovaque qui maîtrisait très bien notre langue,pour avoir vécu quelque temps dans notre pays avant la guerre de 1939-1945 .Elle devait avoir entre 75 et 80 ans,sa venue en France ne posait pas de problème pour l’administration communiste de son pays. C’était donc une personne,par conséquent, à charge pour la collectivité dans son propre pays et une défection de sa part n’aurait pas été considérée comme une trahison,bien au contraire. La discussion fut très libre,d’autant plus qu’elle était seule à pouvoir discuter avec nous,les autres personnes de son groupe étant remontées dans leurs chambres. Ce point est important quand on songe que dans un pays voisin de la Tchécoslovaquie,en Allemagne de l’Est , communiste à l’époque, une personne sur quatre était plus ou moins liée à la STASI,la sinistre police politique . A la question : « Vous qui avez connu la Tchécoslovaquie « capitaliste » avant 1939 ,quelle différence avez vous constatée lorsque les communistes ont pris le pouvoir? » Réponse cinglante et franche: « Les fauteuils sont restés, leurs occupants ont changé,c’est tout »! Si demain,pour assurer la gouvernance de notre pays ,il y a non plus trente ministres ou secrétaires d’état ,mais seulement dix qui chapeauteront des adjoints ou délégués qui bénéficieront des mêmes avantages que les ministres ou secrétaires d’état « déclassifiés » c’est à dire sans le titre ,est-ce que cela va changer grand chose pour le budget de l’État et pour nos impôts? Personne ne le croira,même si une réforme de cet acabit ne devrait pas susciter moins de trois mille amendements de la part de nos bons députés socialo-communistes qui excellent à faire de l’obstruction inutile . J’ai écrit à la première ligne de cette note « A moitié presque ». Le problème ? Cette phrase de François Fillon prononcée hier à l’occasion d’une visite à la Maison des adolescents à Paris : « J’attends une feuille de route pour les prochaines semaines et les prochains mois,qui nous redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites »...C’est à se demander si notre Premier ministre assistait au conseil des ministres hier matin et ,si oui, à quoi il pensait quand le projet de réforme a été approuvé ! |
10:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, institutions, fillon, actualité