23 janvier 2009
Réforme du lycée :comment en finir une bonne fois pour toutes ?
| Dans ma note de samedi dernier , 17 janvier 2008, intitulée « Réforme du lycée:Richard Descoings homme providentiel ?» j’envisageais ,comme indispensable préalable à une réforme du lycée, d’obtenir d’abord réponse à la question de savoir si cela ,c’est à dire la période passée au lycée ,« devait être pour profiter sur le moment du plaisir de vivre une semi oisiveté quelques brèves années ou au contraire pour se préparer à passer le plus confortablement possible grâce à un métier bien préparé et pour plusieurs décennies une vie adulte en société ». Dans l ’éventualité où la première option devrait être retenue,celle de la partie de plaisir à vivre,la réforme s’avérerait tout à fait inutile et il ne resterait plus qu’à laisser continuer comme c’est actuellement avec tout le gâchis humain conséquent. J’ ai encore vu un exemple de ce gâchis avant hier au tribunal quand a été jugé le jeune incendiaire de la Saint-Sylvestre ,objet de ma note d’hier. Retenir cette première option ,ce serait surtout ignorer toutes les péripéties de la vie de beaucoup de gens dans notre pays,pour ne pas dire le plus grand nombre, péripéties ,pour qui voudrait en connaître la nature ,se découvrant d’une manière fort détaillée dans les nécrologies qui paraissent aux pages locales des quotidiens régionaux. Où l’on apprend que très peu de gens décédés ont eu une vie professionnelle lisse dans laquelle ils ont été plongés,autant par hasard que par choix heureux , à la sortie de leur dernière formation,quand d’autres,plus nombreux, ont eu un cheminement professionnel en zig-zag,passant d’une branche d’activité déterminée à une autre dans une direction totalement opposée,très souvent sans transiter par la « case chômage » ,ce qui amènerait à conclure que beaucoup de gens,dans notre pays ,ont entrepris dans leur jeunesse des études coûteuses pour rien,en définitive. Or il s’agit là d’une donnée essentielle qui ne peut pas ne pas être prise en compte dans l’élaboration d’une réforme sérieuse et pérenne,non seulement du lycée,mais de tout le système d’enseignement dans lequel le lycée lui-même s’intègre. Par contre,si , dans un moment de ressaisissement ou de clairvoyance, les Français décidaient de se résigner à la seconde option,celle d’une bonne préparation à la vie pour leurs jeunes et à un vrai emploi non « aidé » c’est à dire dont la rémunération ne soit pas à compléter durant les premières années de l’entrée dans le monde du travail par une aide financière de l‘État ou de ses services sociaux,mais devant permettre à son bénéficiaire de vivre avec un revenu correct,il y aurait lieu de prévoir,avant toute décision de modification de ce qui est actuellement un système d‘enseignement révolu ,non pas une concertation avec des syndicats de lycéens ,comme ont semblé vouloir le laisser entendre hier Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos ,après un déjeuner à l’Élysée auquel avaient été conviés une douzaine de lycéens de Basse Normandie ,mais une vaste enquête auprès de tous les adultes de notre pays ,par exemple et c’est là une suggestion, sous la forme d’un questionnaire à rendre obligatoirement rempli en même temps que la déclaration annuelle de revenus à l’administration des impôts,afin que personne ne puisse ainsi être oublié ou y échapper,et ce, dans le cadre d'une démarche d'utilité collective,excluant toute idée d'atteinte à la vie privée . Parce que se lancer dans une réforme en « écoutant » des syndicalistes lycéens qui de toute façon ne seront jamais satisfaits et surtout qui ne représentent qu’eux-mêmes ,à constater le très faible taux de participation aux dernières manifestations en date des mardi 8 janvier ,mercredi 14 janvier et samedi 17 janvier,lycéens aujourd’hui mais qui auraient quitté le lycée pour avoir pris de l’âge quand la réforme entrerait en vigueur , ne serait jamais qu’une erreur de plus. Et donc une erreur de trop. Le but d’une telle enquête serait d‘abord ,une fois les réponses collectées et analysées aux fins d‘information de tous les Français d’une part,et devant servir de base de travail pour élaborer la réforme d’autre part, sans que cela soit limitatif : 1°) d’établir le pourcentage exact d’actifs actuels qui ont trouvé leur premier emploi dans la branche d’activité professionnelle à laquelle étaient sensées mener les études qu’ils ont entreprises. 2°)d’ établir le pourcentage exact de « oui » ou de « non » , à la question de savoir si leurs études leur avaient laissé entrevoir exactement ce qui les attendait dans leur métier,comme la nature du travail, sa localisation géographique et la rémunération correspondante. 3°)de donner le pourcentage de ceux qui n’ont pas pu rester dans le métier auquel ils s’étaient formés. 4°)de confirmer les matières ou disciplines étudiées durant leurs formations qui leur sont indispensables dans la profession qu’ils exercent actuellement. 5°)de confirmer les matières étudiées qui leur auront été inutiles dans le même contexte. 6°)de faire ressortir ce qui leur a manqué le plus en connaissances lors de leur entrée dans la vie active. 7°)de savoir si les études qu’ils ont faites ont permis un changement ou une reconversion faciles à ceux qui se sont engagés dans une autre voie professionnelle par suite de restructurations sans être obligés de repartir à zéro après avoir été « baladés » dans d’interminables stages de formation. Encore ne s’agirait-il là que d’arriver à concevoir un système d’enseignement utile et de qualité,ce qui bien évidemment ne suffirait pas ,le problème restant à résoudre étant celui de trouver les emplois disponibles sur le marché du travail. De sorte qu’un élève,un lycéen ,ou un étudiant puisse choisir sa voie en ayant le maximum de chances de trouver un emploi immédiatement après avoir obtenu le diplôme adéquat en fonction de ce que l’économie offrirait comme emplois à ce moment là. A cette fin ,il y aurait lieu d’obliger tous les établissements ,écoles,facultés,instituts ou autres menant au diplôme final , à publier régulièrement sous forme de tableaux mis à jour annuellement et à fournir à toute personne qui le leur demanderait pour information ou en vue d’une inscription pour y acquérir la formation prodiguée: 1°)Le nombre d’étudiants formés et diplômés,parmi l’ensemble de ceux ayant fréquenté l’établissement au cours des années précédentes, 2°)Le nombre d’étudiants sur le total par promotion ayant trouvé un travail en adéquation avec la formation, 3°)Le délai mis à entrer dans la vie professionnelle pour chacun des étudiants de chaque promotion à partir de l’obtention du diplôme,exprimé en semaines,mois ou années, 4°)La nature et le nombre des emplois trouvés par les anciens dans une branche autre que celle à laquelle ils avaient aspiré en suivant leur formation dans l’établissement, En outre,pour achever ce dispositif d'information ,en concertation avec les autres établissements à l'échelon national et l’INSEE 1°)Le nombre d’étudiants en cours de formation dans la même branche, 2°)Le nombre estimé d’emplois disponibles dans cette branche ,envisageable pour la fin de leurs études et en cas de réussite. Dernier point portant sur la rémunération des enseignants,il serait bienvenu de revenir sur sa conception en distinguant dans celle-ci deux parties,une fixe ne pouvant pas être inférieure à celle précédemment reçue,et une variable qui leur serait versée sous forme de prime différée et due dès qu’un ancien élève diplômé ou non aurait décroché un contrat de travail à durée indéterminée. C’est seulement à ces conditions que nous aurons un système d’enseignement et de formation évolutif ,à même de faire se réduire l’important chômage des jeunes sortis du système d’enseignement et qui ne soit pas à remettre en cause lors de chaque nouvelle alternance politique. |
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17 janvier 2009
Réforme du lycée : Richard Descoings homme providentiel?
| Richard Descoings,directeur de l’Institut d’études politiques de Paris tout récemment missionné par Nicolas Sarkozy pour préparer la réforme du lycée, ne s’engage-t-il pas dans une mauvaise direction ,en voulant ,comme il l’a déclaré jeudi sur RTL, partir des « aspirations des lycéens » , « de ce qui les inquiète... Pour construire avec eux le lycée qu’ils estiment être un lycée... » ? Ne lui est-il jamais arrivé de lire des publications mensuelles ou bimensuelles des Conseils tant Régionaux , en charge des lycées ,que Généraux , en charge des collèges , desquelles il ressort qu’ y tiennent une importante place les activités ludiques,sportives,culturelles ,activités acquiescées ou enthousiasmantes pour certains jeunes,contraintes ou barbantes pour les autres,mais qui dans tous les cas pourraient tout aussi bien devenir des loisirs libres au choix de chacun et encore plus étendus,par conséquent plus passionnants,après l'entrée dans la vie professionnelle ,avec cette fois des moyens financiers propres et non plus soutirés aux contribuables,activités déployées au détriment des matières enseignées devant préparer à une vie professionnelle ,dans un système d’enseignement qui en réalité mène directement au chômage ou à l‘assistanat au terme de leurs études bon nombre de jeunes ? Dans le cadre de cette démarche réformatrice des lycées , ne serait-il pas plus judicieux de questionner non pas ceux qui actuellement fréquentent ces établissements parce qu’ils y ont été « mis » et dont l’état de collégien ou de lycéen n’aura jamais été que temporaire au cours de leur vie ,mais les adultes déjà rentrés dans la vie active , par conséquent aux prises avec le réel, après avoir été collégiens ou lycéens durant leur jeunesse,et leur demander comment ils auraient aimé que le lycée ou collège fut pour eux-mêmes lorsqu’ils le fréquentaient,à savoir ,en tout premier lieu , si cela devait être pour profiter sur le moment du plaisir de vivre une semi oisiveté quelques brèves années,de sept mois effectifs sur douze,à la charge du contribuable, ou au contraire, pour se préparer intensivement à passer le plus confortablement possible une vie adulte en société , sans avoir recours à l’assistance publique permanente, durant plusieurs décennies grâce à un métier répondant à des besoins réels de l’économie ou de la société, bien préparé et pour cela bien rémunéré ? Ne serait-ce pas une réponse globale à cette question qui devrait permettre d’orienter le débat préalable à toute réorganisation de notre système d‘éducation nationale ? Ci-dessous "encadré" extrait du magazine du Conseil Général du Doubs « Vu du Doubs » ,page 23 du numéro 165 daté de janvier-février 2009 )
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