26 septembre 2009

Déficit de la Sécurité sociale: raconter n’importe quoi pour augmenter les cotisations ou réduire les remboursements

Les charges de la Sécurité sociale vont sans cesse augmentant ,cela tout le monde le sait. Chaque année le déficit réapparaît alors qu’il avait été claironné l’année précédente que le retour à l’équilibre serait garanti pour l’année suivante.
C’est là un sujet facile pour un rapport de la Cour des Comptes à laquelle il suffit,pour donner dans la sensation et nous rappeler qu'elle existe, de faire un copier-coller depuis un précédent rapport et de modifier certains chiffres. Une nouvelle augmentation des cotisations,ou une nouvelle diminution des remboursements , est toujours facile à faire avaler au bon peuple,parce qu’on lui répète inlassablement que son système de protection le satisfait pleinement et surtout,production de sondages à l’appui,qu’il y tient absolument.

D’accord,les gens sont libres de penser ce qu’ils veulent et de croire n’importe quels boniments.

Encore faudrait-il qu’il y ait cohérence dans cet amas de « vérités » bon marché qu’on leur livre.

Dernier exemple en date,dans une dépêche de l’agence Reuters ,datée d’hier,25 septembre 2009,18h10 ,intitulée « Face au déficit de la Sécurité sociale,les mentalités évoluent » ,où il est dit que le déficit de cet organisme pourrait atteindre 20 milliards d’euros cette année et ,pire, 30 milliards en 2010,c’est à dire l’an prochain,je lis et relève cette phrase qui devrait interpeller nos compatriotes les moins amnésiques:

« Le vieillissement de la population,la montée des maladies chroniques et la raréfaction des médecins sont les trois éléments qui participent à la hausse des coûts de la santé »,souligne ce polytechnicien ».

Le polytechnicien dont il s’agit est Thierry Zylberberg, présenté dans la dépêche en question comme « directeur de la division santé chez Orange ».
Nous aurons bien lu dans cette phrase « la raréfaction des médecins » !

Et que lisaient ,le jeudi 10 octobre 1996,il y a treize ans à deux semaines près, à la une du journal « Le Parisien »?
Ceci:

ON VEUT LES METTRE EN PRERETRAITE

Il y a 14 000

médecins en trop


La Caisse nationale d’assurance maladie propose de réduire le nombre,jugé trop élevé,de praticiens en France. Des sureffectifs coûteux pour le budget de la Sécurité sociale au moment où le gouvernement négocie un retour aussi rapide que possible à l’équilibre.


Je n’invente pas. Alors ne rêvons pas ,le « retour aussi rapide que possible » n’est sans doute pas encore pour demain.
Voir ci-dessous la reproduction partielle de la "une" du Parisien du 10 octobre 1996.

 
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