02 octobre 2009
Le parti socialiste et le non cumul des mandats ,la bonne blague!
Il est bien évident qu’une telle décision était facile à prendre et à faire accepter par des militants ,en majorité provinciaux, fatigués et usés à se dépenser pour les camarades pistonnés de Paris venant récupérer chez eux et à leur barbe les mandats locaux ou nationaux faciles à décrocher (seulement 25 à 30% des membres de la première fédération de France qu’est Paris ont voté contre 47 à 50% au niveau national ) et peut-être nombre d’entre eux auraient aimé que soit décidée également la fin des parachutages. Pour l’immédiat,ces militants ne doivent pas trop espérer voir les cumulards ne conserver qu’un seul mandat et provoquer du coup quelques centaines d’élections partielles dans toute la France .La théorie est une chose,la mise en pratique en est une autre. Cette consultation d’hier ne restera jamais qu’ un joli coup pour faire rentrer de l’argent frais dans les caisses du parti,s’il faut en croire certaines déclarations selon lesquelles 26.000 militants se seraient mis à jour de leur cotisation,condition sine qua non pour participer aux votes. Mais,le cumul des mandats étant mal vu d’après les sondages, cela constituera sans doute un élément de propagande très pratique pour les socialistes dans les mois à venir ,dans le but d’entraîner les autres partis à en faire autant. Suivront-ils pour ne pas être en reste ,ou n'en éprouveront-ils pas la nécessité ? Pour avoir réponse à cette question et prédire, sans risque de se tromper,ce qui risque de se produire ,il suffira de se référer aux convictions des Verts en la matière ,ardents partisans de longue date du non cumul , et se souvenir de ce qu’avait déclaré Dominique Voynet le 6 avril 2008 au « Grand-Jury » RTL-LCI-Le Figaro ,alors que,sénatrice de Seine-Saint-Denis ,elle venait de se faire élire toute nouvelle maire de Montreuil-Sous-Bois avec le soutien ,entre autres, du parti socialiste : « Le cumul ce n’est pas bien » , puis : « Dans cette période,ce serait déraisonnable de ne pas cumuler ces deux responsabilités » surenchérissant même en ajoutant qu’elle proposerait ,faisant référence au Congrès de Versailles de l’an dernier, « que la réforme institutionnelle qui va être votée dans quelques semaines inclue des dispositions fermes contre le cumul » ! Hélas,comme il fallait s’y attendre ,il n’en fut rien . Tout le monde se retrouve d'accord pour dire que le cumul des mandats est une mauvaise chose,y compris les élus eux-mêmes.Ne serait-ce pas beaucoup mieux,comme gage de sincérité, pour ceux-ci ,plutôt que de le répéter ,de commencer par s'abstenir de se présenter à une élection aussi longtemps que leur mandat ne serait pas arrivé à son terme,ou de démissionner purement et simplement avant de faire acte de candidature à une nouvelle fonction élective? Quant aux arguments avancés par les partisans du cumul,consistant à faire croire qu'un bon maire,qu'un bon élu local ne peut l'être que s'il est parlementaire,ils ne peuvent résister à la conclusion logique en découlant que sur les 36.000 maires de France, 35.000 seraient des tocards faute de détenir un siège de sénateur ou de député! Ou que toutes les communes de France seraient bien soignées (de subventions ou de faveurs au détriment des autres)avec un parlement composé de 36.000 députés ou sénateurs! C'est n'importe quoi. Car cela ne reviendrait-il pas à laisser entendre que Bertrand Delanoë qui a choisi délibérément de n'être que maire de Paris ,ou que Martine Aubry qui a pris une veste aux législatives de 2002 dans une circonscription pourtant acquise à la gauche et qui ne s'est pas représentée à la députation en 2007, seraient ,abstraction faite de la qualité de leur gestion,de mauvais maires? Tout comme le fait d'excuser l'absentéisme des parlementaires parce que ceux-ci seraient "pris" par leur travail local bien que disposant de permanences locales pour ce faire. Parce qu'en réalité,et cela se découvre chaque jour dans la presse régionale, leur "travail local" consiste,pour l'essentiel,à s'assurer leur propre réélection,c'est à dire à être vus du plus grand nombre d'électeurs,à la télévision régionale,dans la presse locale,à jouer les assistantes sociales au risque pour ce faire de trangresser des lois qu'ils ont votées,à inaugurer une fontaine dans un village,un mur d'escalade dans un collège,à décerner des médailles à des élus locaux,de simples conseillers municipaux qui ont été plusieurs fois réélus avec pour seul mérite de ne jamais s'être mouillés lors du vote de décisions importantes ,nécéssaires mais devant faire mal (souffrir du coté du porte-monnaie) dans leur commune. Un maire est un maire. Un député est un député. A chacun son rôle.Et rien n'a jamais empêché un futur parlemntaire de passer d'abord par la case "maire" pour connaître,un tant soit peu, et résoudre les problèmes d'une commune si la résolution de ces problèmes devait impliquer la nation.Un parlementaire ne saurait être représentant que de sa seule commune .Une fois élu ,ne doit-il pas l'être de sa circonscription toute entière? |
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30 septembre 2009
Parti socialiste,demain la "petite révolution"?
| Mémorable, ce fracassant avertissement à la droite lancé par Martine Aubry juste après la confirmation officielle de son élection au poste de première secrétaire du Parti socialiste par le Conseil national de ce même parti réuni à la Mutualité à Paris le 25 novembre 2008 : « Je le dis à la droite, riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le parti socialiste est de retour dans la proposition ». Amusante ,cette phrase d’Arnaud Montebourg prononcée au même moment: « De la vieille chenille, va sortir un nouveau papillon » . Audacieuse, cette déclaration de la pas très bien élue première secrétaire à France Inter ,ce jour même: « La rénovation du Parti socialiste, tout le monde l'a dit, c'est une petite révolution et c'est aux militants de la décider demain »? Non,parce qu'il y avait déjà eu cet époustouflant discours au Conseil national du Parti socialiste prononcé le samedi 12 septembre 2009, sur la « rénovation » qu'elle envisage d'entreprendre.(Voir ce discours) . Un discours qui commençait par ce bel exercice d‘autosatisfaction: « Je voudrais d’abord, mes chers camarades, nous dire un bravo collectif pour ce coup d’envoi, ce coup d’envoi de la rénovation à peine quinze jours après La Rochelle, après un travail extrêmement pointilleux, écoutant chacun avec respect, comme cela a été dit par Arnaud, autour d’Arnaud et de François Lamy, je suis très heureuse ce matin que nous lancions effectivement cette rénovation. » Et puis il y a ce passage à propos des « primaires » que tous les observateurs attendaient: « Je le dis, les primaires, ce n’est pas seulement pour nous une occasion formidable de nous ouvrir vers des hommes et des femmes de gauche qui vont venir vers nous pour préparer un projet pour la société, c’est aussi une véritable conquête démocratique pour les Français. Ils n’auront pas seulement à choisir entre des candidats le jour de l’élection, ils pourront avant, avec nous, donner leur avis pour eux, hommes et femmes de gauche, pour le candidat en tout cas des socialistes. Et, je le redis, pour bien évidemment le candidat des partis de gauche qui voudraient s’intégrer dans notre processus. » Formidable ,n'est-ce pas ? Non pas tout à fait ,parce que de ces primaires ouvertes aux « sympathisants socialistes » , s’il faut entendre par là des « hommes et des femmes de gauche qui vont venir » vers les socialistes 100 pour cent, encartés ,à jour ou non de leurs cotisations, il en était déjà question le 20 avril 1989 ,voici un peu plus de vingt ans, quand fut publié dans l’Est Républicain l’article intitulé « Fébrilités rénovatrices au parti socialiste » dont je reproduis ci -dessous un extrait : « Parallèlement à ce débat idéologique, des propositions commencent à « fleurir » sur la nouvelle organisation interne du PS.C’est ainsi que M. Henri Emmanuelli présente quelques pistes particulièrement audacieuses. Comme par exemple l’organisation de « primaires » avec les sympathisants socialistes pour la désignation des candidats PS aux élections présidentielles. Une proposition qui avait été présentée, il y a quelque temps, par le RPR,M. Charles Pasqua. » Cela,malgré tout,n'a pas empêché l'Est Républicain du 28 aôut 2009,sous la plume de Philippe Jarrassé, de redire la même chose,en la présentant,comme "nouvelle".... Pour une piste audacieuse,en 1989, on ne peut pas dire que ce n'en était pas une,avec vingt ans d'avance...peut-être plus,l'avenir nous le dira. Ci-dessous 2 extraits de l'Est Républicain du 20 avril 1989 ![]() Ci-dessous titre de l'article de l'Est Républicain du 28 août 2009 ![]() |
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