21 juillet 2008

Réforme des institutions: les pressions à droite et les socialistes donneurs de leçons de morale

Ces pressions ou sollicitations dont ont fait,ou auraient fait l’objet certains parlementaires de droite récalcitrants afin de les inciter à voter aujourd’hui en faveur de la réforme des institutions, pressions dénoncées par François Bayrou l’éternel persécuté, par Ségolène Royal dans un entretien au journal « Le Parisien » d’hier , et ses camarades socialistes, leur porte parole en titre Julien Dray notamment , ne rappelleraient-elles pas celles ,à peine voilées émanant de François Hollande dans une lettre aux maires socialistes,il y a tout juste deux ans,et qui avaient fait souffrir,lors de leur quête aux 500 signatures, les petites candidatures de gauche et d’extrême gauche à la présidentielle de 2007, pour éviter qu’un nouveau « 21 avril  » ne se reproduisit,afin que Ségolène Royal ne soit pas éliminée dès le premier tour comme l’avait été Lionel Jospin en 2002 ?

Les Français ont déjà oublié. Mais peut-être pas tous.

Qu’en pensent Christiane Taubira, Arlette Laguiller,Dominique Voynet ou autres Roland Castro et Olivier Besançenot,pour les plus connus de ces petits candidats?
Un peu de retenue de la part des socialistes ,excellents à donner des leçons de morale, n’aurait certainement pas nui à l’estime qu’ont les Français vis à vis de leurs hommes politiques ,estime déjà passablement écornée comme le confirment tous les sondages.
De ce coté là,aucune amélioration n’est encore à attendre dans l'immédiat.

Qui pourra ,après cela, s’étonner des taux élevés d’abstention constatés dans notre pays aux élections qui s’y sont déroulées durant ces quinze dernières années ?

21 mai 2008

La position du parti socialiste sur l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour les salariés

Les gens de droite,ceux de l’UMP en fait, ne pourraient-ils pas demander franchement aux socialistes,ou à leur véritable chef s’ils en ont un , s’ils comptent remettre en cause l’allongement de la durée de cotisation des salariés à 41 ans actuellement envisagé (comme prévu dans la loi Fillon de 2003) et s’ils vont inscrire cela noir sur blanc dans leur projet de gouvernement pour autant qu’ils arrivent à en élaborer un qui serait proposé par leur candidat à la présidentielle de 2012 ?

Je viens de relire les deux professions de foi de Ségolène Royal tant pour le premier que pour le second tour de la présidentielle de l‘an dernier « La France Présidente » et j’ai constaté qu’il n’y était nulle part question de revenir sur les dispositions concernant les retraites votées par la droite sous le quinquennat précédent,avec Jacques Chirac, Jean Pierre Raffarin et François Fillon.

Bien sûr ,cette "bravitudienne" dame doit certainement avoir son idée sur le sujet,alors que ne l’interpelle-t-on pas ,elle qui n‘est plus députée ou ceux qui le sont qui l‘ont soutenue ou qui vont la soutenir dans sa tentative de conquérir la direction du Parti socialiste au congrès de Reims en novembre de cette année?

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19 mai 2008

Le service minimum d’accueil assuré par des fonctionnaires territoriaux n’est pas souhaitable

Vendredi dernier,16 mai 2008,sur France-Inter ,Jacques Pélissard,député-maire UMP de Lons-le-Saunier (Franche-Comté) et également président de l’Association des Maires de France a déclaré que l’organisation par les communes du service minimum d’accueil n’était pas « acceptable » ... Et que les maires ne joueraient pas « un jeu faussé » !
Pourquoi donc ?
Selon lui,parce que les petites « communes ne sont pas dotées des personnels qui permettraient l’accueil des enfants » et que « ce n’est pas avec un cantonnier ou un garde-champêtre qu’on va faire l’accueil des enfants ».
Nous ne pouvons qu’ être d’accord avec lui car ces deux arguments paraissent tout à fait fondés.Toutefois si le SMA est une bonne idée, son institution et les conditions de sa mise en oeuvre mériteraient d’être peaufinées et elles le pourraient certainement.
Parce qu’en l’état actuel du projet comme cela nous a été présenté ,c’est à dire un service qui serait organisé par les communes ayant sur leur territoire au moins une école primaire et qui, en plus, serait assuré par des agents municipaux,c'est à dire des fonctionnaires territoriaux,nous disposons d’ une piste qui n’est certainement pas la meilleure. Pour, au moins,les trois raisons suivantes:
Premièrement, il y a ce problème de compétence et de savoir faire des gens éventuellement « mobilisés » non embauchés initialement pour cela.
Deuxièmement, cela reviendra à déshabiller Pierre pour habiller Paul,comme on dit,s’agissant de la répartition et de l’exécution du travail à faire pour lequel ils auront été embauché et qui ,fatalement ,restera en plan,durant le temps de grève des enseignants.
Troisièmement, ces fonctionnaires territoriaux qui accepteront d’assurer le SMA seront accusés de briser les grèves ou pire de porter atteinte au droit de grève par leurs camarades syndiqués. Ils seront mal vus de leurs collègues qui les prendront en grippe. Sauf à risquer de se faire virer à la prochaine alternance municipale,ils ne le feront qu’une fois parce qu’ils auront subi toutes sortes de pressions ou de mesquineries et on ne pourra plus compter sur eux pour le SMA.
On se retrouvera alors au point de départ,et toute l'organisation du SMA devra être reconsidérée.

Il est probable que cette idée de mettre dans le coup des agents municipaux ait été lancée par des gens qui n’avaient pas l’expérience de l’encadrement de salariés pour ne pas avoir envisagé de telles éventualités.
S’agissant maintenant de savoir si ce serait vraiment le rôle des communes à s’occuper de jeunes enfants réduits à l’errance par suite de l’impossibilité matérielle ou financière de leurs parents à assurer leur garde,plutôt que celui de l’Éducation nationale ,est-ce vraiment là une question pertinente?
Comment cela se passe-t-il quand une catastrophe se produit dans une commune ou à un plus grand échelon dans une région?
Ne sont-ce pas les maires qui se chargent d’héberger dans des locaux communaux et de nourrir provisoirement les personnes incapables de se déplacer et dans l‘impossibilité de se ravitailler,par suite de fortes chutes de neige par exemple,ou de destructions de leurs habitations?

Alors pourquoi ne pourraient-ils pas accueillir les enfants des écoles en cas de grève des enseignants si possible en dehors même de ces écoles ? Y aurait-il problème de locaux pour la plupart des communes,sinon toutes, disposant de salles des fêtes ou de « convivialité » ,voire pour les mieux équipées,d’espaces jeunes?

Quant à trouver du personnel adéquat ,les maires ne pourraient-ils pas « mobiliser » ponctuellement des chômeurs , des jeunes retraités affranchis de toutes pressions syndicales ou autres, des diplômés à la recherche d’un emploi ,volontaires ,surtout disponibles pour assurer de telles vacations, après avoir suivi une rapide formation, et habitant sur place ? Et qui seraient payés au tarif des heures supplémentaires ? Par exemple.
De telles personnes ne devraient pas manquer dans les communes suffisamment importantes pour avoir leur école.

Qui ne se souvient pas de ces emplois jeunes offerts par des municipalités à des « bac+5 » qui consistaient par exemple à « accompagner » et « divertir » les écoliers pendant qu’ils déjeunaient?

13 mai 2008

Les journalistes et le bilan accablant de Nicolas Sarkozy

Il parait que les journalistes français ne sont pas très contents de Nicolas Sarkozy,du moins c’est ce qu’il faut en conclure à la lecture d’un « communiqué » daté du 8 mai 2008 du Syndicat National des Journalistes (SNJ) autoproclamé « Premier syndicat français de journalistes ».Ce communiqué intitulé « Nicolas Sarkozy s’attaque à la presse:consternant! » est disponible sur le site du SNJ www.snj.fr

D’abord rien n’y est cité de ce qu’aurait exactement dit Nicolas Sarkozy , ce communiqué ne se fondant que sur des « déclarations de certains députés UMP ayant participé au déjeuner du 7 mai à l’Elysée », ce qui,pour moi, est à la fois trop vague et trop risqué pour en faire un communiqué sérieux et honnête, par conséquent digne de confiance ,surtout quand plus personne en France ne peut ignorer qu’il n’y a pas parmi les actuels députés UMP que des inconditionnels de Nicolas Sarkozy,les médias ne se privant pas de s’étendre sur les couacs ou dissonances dans la majorité,le moins qu’on puisse dire. Qu’ils s’en fassent un régal serait encore un euphémisme.

Ensuite,dans ce communiqué,et entre autres points négatifs constitutifs du  bilan tiré par le SNJ de sa première année de présidence «  particulièrement accablant pour la liberté de la presse » ,j en relèverai deux qui me paraissent difficilement imputables à ce maudit Sarkozy :

*Concentrations qui s’accélèrent,pluralisme menacé ,emplois qui disparaissent par centaines;
Alors là j’aimerais bien qu’un représentant du SNJ me dise en quoi le président Nicolas Sarkozy ou l’un quelconque de ses ministres aurait été responsable ou instigateur du rachat,annoncé début février 2006, par le groupe « L’Est Républicain » des quotidiens régionaux « Le Dauphiné Libéré » (tirage au moment du rachat + 240.000 exemplaires) « Le Progrès  » (+230.000 ex ) implanté en région lyonnaise ,« Le Journal de Saône et Loire » (+60.000 ex) , « Le Bien Public » implanté en région dijonnaise (+50.000 ex) !

* Crise sans précédent dans la presse quotidienne nationale,notamment dans le groupe Le Monde.
Là encore,j’aimerais bien qu’un même journaliste du SNJ me dise en quoi Nicolas Sarkozy serait responsable des restructurations annoncées au journal « Le Monde » qui vont se solder par la suppression de 130 postes de journalistes comme si les convulsions qui secouent épisodiquement ce journal dit « sérieux » dataient de son arrivée à l’Elysée sachant que les problèmes internes de ce journal remontent déjà à plusieurs années ...voire plusieurs décennies sil faut admettre qu’ ils se sont manifestés lors de la succession immédiate de Jacques Fauvet,patron de ce quotidien de 1969 à 1982.

Mais c’est n’importe quoi ce communiqué.
Bien entendu Nicolas Sarkozy a des défauts,comme tout le monde. Je n’approuve pas toujours ce qu’il fait,mais il y a des limites qu’il vaudrait mieux ne pas franchir.
Et là je pense encore que ce communiqué ne fera pas remonter la confiance et l’estime du public envers les médias,confiance toute relative du reste,dont la grande faiblesse ne date pas du 6 mai 2007,à en lire les conclusions d’un sondage « Télérama-La Croix-SOFRES »,réalisé du 21 au 26 décembre 2000 auprès d’un échantillon de 1000 personnes,de plus de 18 ans .
Ainsi de ce sondage effectué alors que le gouvernement de l’époque était socialiste avec Lionnel Jospin Premier ministre depuis trois ans et demi,donc plus qu’ à mi-mandat,il ressortait ,entre autres,que

59% des personnes interrogées pensaient que les journalistes n’étaient pas indépendants des pressions politiques et économiques.

50% faisaient confiance à la presse écrite contre 45% ayant une position contraire.

Or les confiants étaient 58% en 1999 ,c’est à dire l’année précédente,ce qui représentait une baisse de 8% en une seule année!

Je n’ai ouï dire à l’époque que le SNJ avait fait l’éloge de Lionnel Jospin à ce sujet.
Pas plus d’ailleurs qu’il ne s’était ému outre mesure de l’incident en plein vol dans un avion le 7 avril 2001 que j’ai évoqué dans ma dernière note et qui avait mis aux prises ce même Lionnel Jospin,alors Premier ministre et Sylvie Maligorne,journaliste à l’Agence France Presse.J’ai cherché en vain un communiqué d'indignation à ce sujet parmi tous ceux qui sont proposés depuis le 30 juin 1997 sur le site du SNJ. Je n’ai rien trouvé.
Deux poids deux mesures!
Ou journalisme à deux vitesses!
Comme les gens de gauche aiment à radoter si souvent.

Et après ,puisque la crise de la presse ne peut qu’empirer dans ce contexte de médiocrité journalistique,ces gens là viendront appeler au secours pour leur profession et réclamer l’argent des contribuables!

10 avril 2008

Jaurès,les « grands génies inconnus » et les députés anti-OGM

Si Jean Jaurès ,le professeur de philosophie,le fondateur du journal « L‘Humanité » (en 1904) et député socialiste de Carmaux assassiné le 31 juillet 1914 , avait été présent à l’Assemblée Nationale hier lors du vote du texte sur les OGM,comment aurait-il pu y reconnaître parmi tous les députés qui y siègent actuellement ceux qui se disent ses héritiers ?

Ci-dessous ,quatre phrases à lire ou à relire:

« Ni le blé,ni la vigne n’existaient avant que quelques hommes,les plus grands des génies inconnus,aient sélectionné et éduqué lentement quelque graminée ou quelque cep sauvage. C’est l’homme qui a deviné dans je ne sais quelle pauvre graine tremblant au vent des prairies,le trésor futur du froment. C’est l’homme qui a obligé la sève de la terre à condenser sa plus fine et sa plus savoureuse substance dans le grain de blé ou à gonfler le grain du raisin. Le pain et le vin sont un produit du génie de l’homme. »
Jean Jaurès, Discours.

Le congrès du parti socialiste se tiendra cette année,en novembre. Le nom de celui qui fut d’abord député opportuniste avant d’être député socialiste de Carmaux y sera-t-il évoqué? Le parti socialiste n’est-il pas en train de devenir un parti opportuniste,contre tout et pour rien à la fois?

09 avril 2008

Mission Betancourt:l’échec prévisible

Comme il fallait s’y attendre, Ingrid Betancourt n’aura été libérée ni pour Noël 2007,ni pour Pâques 2008,et elle ne le sera vraisemblablement pas pour la Trinité prochaine. Désormais, la « mission » comme on l’a appelée, dernière en date du genre, pour récupérer Ingrid Betancourt sera à cataloguer dans des « économies » qui auraient été faciles à réaliser en ces temps de vaches maigres pour les Français.

Le 20 novembre 2007 ,Hugo Chavez,président du Venezuela été reçu à Paris,où son hôte ,Nicolas Sarkozy , aurait aimé le voir arriver sur le sol français avec du concret,plutôt finalement que se contenter de paroles vagues sur une incertaine libération d’un tout petit groupe d'otages sans avoir la confirmation qu‘Ingrid Betancourt en serait. Notoirement connu pour être le correspondant attitré des FARC,mais aussi précieuse aide logistique et financière qui permet aux dirigeants et guérilleros de cette rébellion marxiste,c'est à dire sans scrupules, de se déplacer librement,grâce à des frontières perméables entre leur zone d’implantation en Colombie et le Venezuela et,par la même, le reste du monde en toute impunité,Hugo Chavez,comédien hors pair, devait profiter de ce voyage à Paris pour se faire une bonne publicité à l’adresse de son peuple qui était appelé douze jours plus tard,le 2 décembre 2007, à se prononcer sur une réforme de la constitution de son pays devant lui permettre,rien que cela, d’être président à vie. Malheureusement cela n’aura pas été suffisant et il aura perdu son référendum .

Le 7 avril 2008,ce lundi,c’était au tour de la belle et élégante Cristina Kirchner,présidente d’Argentine ,plus par complaisance dans l’attente de relaisser sa place à son mari en 2011 et pour deux nouveaux mandats que par exigence démocratique, d’être reçue à l’Elysée par notre président. Péroniste de gauche pure et dure,qui ne traverse pas actuellement une période joyeuse dans son pays alors que s'y profile une nouvelle crise économique et sociale,même pas quatre mois après son intronisation pour laquelle notre Premier ministre François FILLON représentait la France,Madame Kirchner fait partie de tous ces chefs d’Etat sud-américains qui n’entretiennent pas des relations très chaleureuses avec le président Alvaro Uribe de Colombie,lui-même bien à droite,ce qui se comprend. Or qui est contre le président colombien ou seulement le critique dans son action alors qu’il a le soutien total de ses compatriotes est forcément pour les FARC. Cristina Kirchner l’a encore prouvé dimanche 6 avril lors de la « marche blanche » organisée à Paris pour la libération des otages des FARC et à laquelle,ce qui pourrait étonner plus d’un diplomate, elle participait , déclarant à cette occasion que ceux qui « doivent faire le plus grand effort sont ceux qui dirigent les autorités démocratiques ».Le « plus grand effort » c’est à dire des concessions sans fins et cela étant sans doute ,dans son esprit, valable aussi bien pour la France que pour la Colombie. Le comble aura été qu’elle soit « très chaleureusement remerciée » le lendemain ,lors d’un déjeuner à l’Elysée, par Nicolas Sarkozy pour sa « participation active » dans le dossier des otages!

Cela pourrait bien devenir une habitude pour tout chef d’État sud-américain en butte à des difficultés intérieures dans son propre pays et plus ou moins proche des FARC de venir redorer son blason à Paris. Aussi,il se pourrait bien que la captivité d’Ingrid Betancourt s’éternise. Il ne nous reste plus qu’à accueillir à bras ouverts Raul Castro,président de Cuba ,qui fait paraît-il de gros efforts pour l’amélioration des conditions d’existence de ses sujets depuis qu‘il a pris la place de son infatigable frère Fidel .Il ferait sans doute un très bon interlocuteur lui aussi auprès des FARC. Pour l’heure l’idée d’un tel voyage est peut-être impensable . Mais ne sait-on jamais?

N’aurait-il pas été possible de faire remettre à plus tard les deux visites évoquées plus haut,en laissant comprendre aux deux chefs d'Etat susceptibles d'obtenir quelque geste des dirigeants des FARC , que c’est toujours mieux vu par un hôte de voir arriver un invité qui a de quoi rendre sa visite hautement justifiée?

Maintenant , en posant le problème d’une autre manière,que se serait-il passé ,dimanche dans la rue et mardi à l’Assemblée Nationale,pour le cas où,au lieu d’envoyer sept à huit cents hommes supplémentaires en Afghanistan,la France avait proposé à la Colombie d’envoyer ces mêmes troupes en soutien logistique à l’armée colombienne,sans participation aux combats et au moins jusqu‘à la libération,saine et sauve, d'Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis le 23 février 2002 ?
Les mêmes manifestants que ceux de dimanche auraient-ils manifesté contre une telle décision?
Les députés socialistes et les quelques autres égarés avec eux dans leur démarche auraient-ils voté une motion de censure contre?
Allons savoir!

07 avril 2008

Serments d'ivrogne

Dans quatre ans,si rien ne casse avant,nous ne serons qu’à quelques jours du premier tour de la présidentielle 2012.
A droite, les hommes politiques se rasent tous les matins en y pensant ou y pensent en se rasant,mais si c’est clair ,apparemment et pour l’instant à l'UMP ,ça pourrait l’être beaucoup moins dans vingt-quatre mois quand la campagne démarrera,et quand des états d ‘âme se seront manifestés au gré des difficultés qui ne vont pas manquer de se dresser sur le chemin de Nicolas Sarkozy s’il continue à s’occuper de beaucoup trop de problèmes à la fois sans les résoudre définitivement,comme si son Premier ministre et les membres de son gouvernement ne devaient faire que de la figuration .
En face,au Parti Socialiste,c’est la pénurie de candidats à la candidature,ou cela y ressemble :il n’y aurait que des promesses de non-candidature! Julien Dray,ne sera pas candidat s’il est choisi premier secrétaire .Alain Moscovici est sur la même longueur d’onde.Ségolène Royal s'use à faire jeu à part.Dominique Strauss-Khan a devant lui,au FMI, une crise qui s'annonce sans qu'on en perçoive clairement ni les contours ni la substance.
Beaucoup d’entre nous doivent se souvenir qu’en 1993 Edouard Balladur avait accepté d’être le Premier ministre de François Mitterrand parce qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle de 1995 ...Puis nous avons vu la suite,quand il s’est présenté en compétition avec son ami de trente ans,Jacques Chirac.
Quant aux Verts ,même si nous pouvions avoir quelques doutes à ce sujet ,nous savons désormais ce que valent leurs convictions,depuis hier soir,quand Dominique Voynet, sénatrice de Seine-Saint-Denis,et toute nouvelle maire de Montreuil-sous-Bois ,une ville de banlieue de plus de 100.000 habitants beaucoup plus importante que Dole dans le Jura (25.000 h) et surtout moins difficile à s‘y faire élire maire, a déclaré au « Grand-Jury » RTL-LCI-Le Figaro : « Le cumul ,ce n’est pas bien » puis « Dans cette période,ce serait déraisonnable de ne pas cumuler ces deux responsabilités » ,ajoutant qu’elle proposerait « que la réforme institutionnelle qui va être votée dans quelques semaines inclue des dispositions fermes contre le cumul » ! Sera-ce suffisant pour réconcilier les Français avec la « classe » politique et éviter qu’un jour le couvercle de la marmite ne se soulève?
Cela ne s’appellerait-il pas se foutre du peuple?

03 avril 2008

Six à sept milliards d’euros faciles à trouver

Tous les ans,dans la première quinzaine de février en principe, la Cour des comptes rend un rapport sur divers points de la gestion des fonds publics ayant fait l’objet de ses attentions au cours de l’année précédente. Les plus flagrants gâchis sur investissements publics réalisés, les démesures de certains élus de collectivités bénéficiaires de subventions pour financer des inhabituelles dépenses d’équipements notamment ,ou les incohérences de méthodes inadaptées y sont inévitablement montrés du doigt.
Bien évidemment les médias,et pas seulement la presse satirique, s’y arrêtent quelques jours,pour faire une fixation sur ce qu’ils appellent, parfois un peu trop vite, les « scandales » mis au grand jour,mais ça ne va guère plus loin que l‘indignation,au point qu’il a été maintes fois reproché à la noble institution de la rue Cambon à Paris de seulement parler dans le vide. Reproche qui recueillerait l’assentiment de tous ceux qui aimeraient bien savoir sanctionnés les auteurs d’ écarts,de turpitudes ou de gabegies résultant de leur incompétence ,au moins pour l’exemple, afin que les contribuables n’aient pas le sentiment d’être pris pour des moutons bons à tondre et surtout d’être les seuls à payer.
En réalité ,et à défaut de sanctions efficaces prises à l’encontre des incompétents ou de poursuites judiciaires engagées contre les présumés délinquants découverts dans le cadre de sa mission ,les rapports de la Cour des comptes ne seraient-ils pas autant de boîtes à idées toutes trouvées pour ceux qui ,jusque là restés malgré tout honnêtes pour finalement en arriver à le regretter , n’en avaient pas encore? Et ne faudrait-il pas en déduire que cette Cour ne ferait que se perpétuer ,voire se développer,des maux qu’elle serait paradoxalement censée combattre et éradiquer?

Puisque François Fillon cherche ces jours-ci à faire des économies pour boucler un budget dont le déficit devrait rester conforme aux attentes des partenaires de la France au sein de l‘Union Européenne, économies de l’ordre de sept milliards d’euros, paraît-il et selon des gens toujours mieux informés avant les autres on ne sait de quel droit ,ne devrait-il pas commencer par s’engager sur cette piste de chasse aux gaspillages publics et de débusquage d’incompétents toute tracée par la Cour des comptes ,pour éviter de mettre à contribution l’ensemble des Français,qui ,en matière d’austérité ont déjà plusieurs fois donné dans le passé,sans constater d’amélioration tangible de leur condition et pour faire mentir ses opposants socialistes et communistes,qui lui en prêtent l’intention?
Hier,devant l’Association des journalistes parlementaires,Brice Hortefeux est allé un peu dans la bonne direction en déclarant : « On est entré dans une période nouvelle où le président de la République et le Premier ministre souhaitent qu’il y ait une analyse précise,détaillée des dépenses des ministères,qui aboutira à des économies » .
Analyser ne suffira pas. Encore faudra-t-il décider ce qui est faisable et qui est une autre chose. Ce sera peut-être plus difficile que de faire supporter au plus grand nombre de gens qui ne sont nullement impliqués dans l‘accumulation des dépenses publiques inutiles,et il faudra en conséquence s’attendre à de farouches résistances,si ce n’est déjà commencé.

01 avril 2008

La rapport Attali:la théorie et la pratique

Avril 2008 pointe.Le rapport Attali ,comme prévu,refait surface. Une trentaine de mesures préconisées dans ce rapport ,qui en contient plus de 300,sont actuellement à l’étude dans différents ministères et doivent être reprises dans la prochaine « loi de modernisation de l‘économie ».
On peut alors se demander pourquoi Nicolas Sarkozy et l’UMP qui l’a soutenu lors de l’élection présidentielle de l’an dernier se sont tant échinés à défendre le programme qu’ils avaient concocté si c’est pour voir ce dernier supplanté par un catalogue d’idées ou recommandations dont la mise en application ne risque pas , pour leurs promoteurs, de bousculer leur propre confort matériel ou d’ amputer même modestement leur patrimoine.
Plutôt que de faire appliquer les recommandations de ce rapport Attali par des gens qui ne l’ont ni conçu ni rédigé voire sans doute pas lu entièrement ,et avant de s’engager dans cette aventure, le gouvernement Fillon ne serait-il pas mieux inspiré de confier à Jacques Attali lui-même,ou au jugé par ce dernier comme étant le plus qualifié des 42 membres éminents de la Commission qu’il a présidée ,de prouver l’efficacité des mesures qu’ils ont collectivement préconisées sur un cas bien concret et très actuel : la résolution du problème qui se pose pour l’aciérie de Gandrange,en Moselle, bien partie pour devenir une friche industrielle ,comme il y en a tant qui encombrent désormais le sol français?
Après,et seulement en cas de réussite avérée ,ce qui ne sera vérifié que dans cinq ou six ans,l’équipe qui aura succédé au tandem Sarkozy -Fillon pourra peut-être reprendre ce rapport comme base de travail,sans risque de provoquer ni grèves ni dégâts tant collatéraux qu’électoraux.
Il y a dans notre pays des problèmes ,que je ne puis énumérer ici aujourd’hui pour ne pas être trop long,qui attendent leur solution depuis plusieurs décennies. Alors patienter encore cinq ou six ans de plus,si c’est pour déboucher enfin sur du solide qui ne soit pas chroniquement remis en cause,pourquoi pas?

29 mars 2008

Élections municipales et cantonales:François Hollande peut-il pavoiser?

Les municipales et cantonales « cru 2008 » auront été caractérisées par un fort taux d’abstention, tant lors du premier tour le 9 mars ( 33,46% pour l’ensemble des communes) que du second le 16 mars (34,80% pour l’ensemble des communes ) ,un taux inhabituel pour ce type d’élections servant à désigner les élus les plus proches qu‘il soit parmi l‘ensemble des quelques 500.000 que la France compte,toutes variétés confondues.
D’après les indications fournies par le Ministère de l’Intérieur,dont les services ont également calculé les taux de l’abstention en distinguant les communes selon qu’elles avaient plus ou moins de 3.500 habitants,par conséquent soumises à des modes de scrutin différents,ce taux aura été de 37,87% dans la première catégorie contre 27,38% dans la seconde ,soit un écart de 10% .Au second tour l’écart se sera creusé à 14,5% ( 38,93% contre 24,5%) .L’enthousiasme n’aura donc pas été au rendez-vous ,surtout dans les communes de plus de 3500 habitants où les électeurs avaient à choisir des candidats regroupés sur des listes compactes , à prendre ou à laisser,ainsi le voulant le système à la proportionnelle en vigueur,et reflétant en principe les clivages gauche-droite, ce qui aura tourné à l’avantage de la gauche indéniablement,la politisation de ces élections y ayant été pour beaucoup bien qu’elle fût une absurdité, la droite tout autant que la gauche l‘ayant souhaité et voulu.
Par contre les appels à la mobilisation de part et d’autre pour le second tour seront restés vains et cela aura mis en évidence une rétivité de certaines catégories d’électeurs,qui s’étaient pourtant massivement déplacés dix mois plus tôt lors de l’élection présidentielle. Le phénomène mériterait qu’on s’y arrête,et ,dans l’intérêt d’un meilleur fonctionnement de la démocratie,des réformes dans ce domaine ne seraient peut-être pas à écarter. On aura ainsi noté ,à droite,les échecs de ministres ayant retenu toute l’attention des médias,quand un autre éminent personnage -Alain Juppé - éliminé du gouvernement pour avoir été battu aux législatives de juin dernier,s’est retrouvé vainqueur à Bordeaux. Problème de cumul des mandats,sans aucun doute.
A cela s’est ajouté le jeu trouble de François Bayrou,donnant un coup à droite ,un coup à gauche ,sans que ses partisans sachent vraiment pourquoi, dans le cadre d’une action suicidaire ,s’il en est,qui devrait mettre un terme à sa carrière politique,moins d’un an après son joli score des présidentielles de l’an dernier. C’est cela le jeu de la politique.

Pour autant,François Hollande,encore premier secrétaire du Parti Socialiste est-il autorisé à pavoiser et à prétendre qu’il y a désormais dans notre pays une nouvelle donne ? Ce n’est pas si sûr que cela pour qui se souvient qu’il y a deux mois et demi ,dans le journal « Libération » du 15 janvier 2008 , Michel Rocard , personnage politique fort avisé et toujours respecté à gauche comme à droite, écrivait entre autres, ceci : « Le Parti socialiste est en très mauvaise santé, en fait en quasi-paralysie, et cela depuis longtemps, nous le savons tous. Le traitement que l’on fait de cette situation dépend bien sûr du diagnostic. Et le diagnostic, c’est que la crise était latente depuis longtemps, s’est lourdement aggravée sous le mandat de François Hollande, et ne doit pas grand-chose à son départ. Elle est due pour l’essentiel au fait que le PS n’est plus capable de tenir un discours cohérent. »
Rien n’a évolué depuis et du reste cette analyse était tout à fait conforme aux enseignements d’un sondage CSA/Valeurs Actuelles publié le 4 janvier 2008 et selon lequel ,pour 56% des Français,les interventions et prises de position du PS allaient « plutôt dans le mauvais sens » .
De plus,le 18 janvier ,c’est à dire trois jours après cet avertissement de Michel Rocard , Kader Arif,secrétaire national chargé des fédérations déclarait à l’agence Reuters que le Parti Socialiste avait perdu entre 40.000 et 60.000 adhérents sur les 218.000 qu’il comptait au moment de la primaire interne pour la Présidentielle en novembre 2006 qui avait mis en piste Ségolène Royal pour l‘élection présidentielle. Ces adeptes de la chaise vide dans les sections du Parti Socialiste étant essentiellement des adhérents à 20 Euros,ajoutait-il.

Et puis il y a eu le reste,tout le reste:
-baisse du moral des ménages à un niveau jamais atteint.
-suppression annoncée de 11.000 postes dans l’Éducation Nationale entraînant grogne et grèves qui menacent de se prolonger ,
-fermetures ici ou là de petits tribunaux de province,
-fermetures et délocalisations d’usines,
-appel tapageur à la « vigilance républicaine » de « Marianne » totalement infondé et auquel,un comble, avaient souscrit même des politiciens de droite,
-laïcité annoncée comme étant en péril,
-initiatives déroutantes du Président Sarkozy s’ajoutant à la pipolisation déraisonnée de sa vie privée (affaire du SMS) et annonce qu’il tiendrait compte des résultats valant un bel encouragement à ses opposants ,
-bisbilles à Neuilly-sur-Seine ville dont il fut longtemps le maire ,
-perspective d’un plan d’austérité juste après ces élections agitée comme un épouvantail toujours par les mêmes ,
-rapport Attali sur la modernisation créant l‘effervescence dans de nombreux secteurs,taxis,pharmacies...
-rapport Pochard sur l’Education Nationale et le métier d‘enseignant...
en résumé,un tout contribuant à faire régner un climat exécrable...

Paradoxalement ,discrètement,pendant ce temps, la cote du Premier ministre dans les sondages a continué à monter. Une majorité de Français souhaitent son maintien au gouvernement ,et surenchérissent même espérant que les réformes aillent plus vite. Il ne restera qu’à vérifier dans les quatre mois qui viennent,qu’ils ne changent pas d’avis.
Pour l’instant ,avec le harcèlement prévisible qu’il va subir sur le front social avec la réforme des retraites qui n’en finit jamais ,avec les commémorations du quarantième anniversaire de Mai 68,avec la hausse continue apparemment sans limite du prix du pétrole engendrant l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat ce n’est pas gagné d’avance,surtout si,après un hiver tardif,les beaux jours arrivent ,incitant à prendre l’air dans la rue.